Passage supprimé dans les édit. antér
notations françoises sur la chirurgie de Paul Eginette, traduite en François par Dalechamps, de l'impression de Paris, qui est in quarto*. C'est luy qui a donné les six conseils de son père*. Il estoit professeur du roi et faisoit de fort bonnes lessons à Cambray. Les honnêtes gens qui l'ont autrefois connu adorent aujourd'huy sa mémoire.
Je n'ay rien veu escript du thé, prseter Jac. Bondiim ^ On s'en mocqua icy. Je ne sray si l'Histoire du Brésil en parle, je ne l'ay point. Ny Bontius, ny Renodœus, ny Vesale, de Decocto rad. Chinœ *, n'avoient point veu, ny consultez Ptolomée, Scaliger ny Cluvcrius, pour apprendre qu'il faut dire sinœ et sinenses. Adde quod error communis nonfacitjus. Vos deux traducteurs de la chirurgie d'Aquapendente, qui ont si mal réussy, me font souvenir que tous les traducteurs font de mesme; au moins puis-je asseurer qu'il n'y a
1 . Paul d'Egine, ne dans l'île d'Egine, vivait au septième siècle avant J.-C. — Un des plus célèbres médecins de son temps. Son œuvre la plus intéressante et la plus connue, celle qui a édifié sa renommée à travers les siècles, est le De re medica libri seplem, édité en grec, en arabe, en latin, en français, en anglais. Sa réputation d'accoucheur fut considérable, et les Arabes le surnommèrent Alkavebeli (l'accoucheur). A noter le conseil qu'il donne — raillé encore, en 1840, par l'Encyclopédie médicale de Bayle (article Paul d'Egine) — de pratiquer la A"ersion céphalique dans les cas de présentation de l'épaule — procédé obstétrical aujourd'hui classique. — La traduction française de sa chirurgie par Daleschamps signalée ci-dessus par Patin fut éditée à Lyon en lo70, 1573, in-8° et à Paris, en IGIO, in-4». Daleschamps publia aussi, avec Jacques Goupil, une traduction latine de l'ouvrage de Paul d'Egine: Ex ihterpretatione Cornarii, cum notis Goupylii et scholis Dalechampii. Lugduni, 1589.
2. .Six CONSULTATIONS qui se trouvent dans le Consiliorum medicinalium liber de Fernel, édit. de 1585, in-8. On les a attribuées à Simon Piètre, mais, comme le dit Patin, elles sont de son père. Simon Piètre, né très probablement en 15()5, n'aurait eu en effet que vingt ans, en lo8o, date de la publication des Consiliorum.
3. Bontius {Jacques}, né à Leyde, a publié entre autres travaux : De medicina Indorwn libri quatuor. Lugdlni B.\TAVORtM, 1642, et les Notœ in Garciœ ab horto historiam plnntarum Brasiliœ, ibid.
4. Vesale {André) né à Bruxelles, le 31 décembre 1514, mort dans l'île de Zanthe, le 15 octobre lo{|4. Célèbre anatomiste considéré comme le créateur de l'anatomie descriptive. Après avoir étudié à Montpellier et à Paris, (vers 1532), il enseigna l'anatomie à Padoue, à Bologne et à Pise (1537-43). Médecin de Charles Quint et de Philippe II. — L'ouvrage cité par Patin a pour titre : Epistola rationem modumque propinandi radiais China" decocti, quo nuper Carolus V usus est, pertractans. Venise, 1546. Bale, 1543, in-S».
livre traduit de ma connoissance et que j'aye jamais veu dans lequel il n'y ait la mesme chose, c'est-à-dire beaucoup de beveues et trop de fautes. Je m'estonne comment •M. de Serres a du loisir dans Lyon de s'amusera traduire*. Pour les médecins de la campagne, je ne m'en estonne point ; je sçay bien qu'il y en a en bien de repos, faute d'avoir la réputation de bien sçavoir la pratique, ou pour y avoir mal réussy. La mesme chose se void à Paris tous les jours, combien que les jeunes médecins y puissent être mieux éclairez par la fréquentation qu'ils peuvent y avoir avec les anciens.
Le Roy et la Reine partirent hier pour aller à Chartres, religiosi voti noniine. Ils seront icy de retour, vendredy au soir, et n'y séjourneront que le mercredy, jour de la feste. M. le prince et M. de Longueville, deux beaux-frères, sont allez à Coulomiers en Brie ^ ville qui appartient au dernier des deux, pour s'yesbattre. On dit que M. de Modène a eu la teste tranchée à Naples pour la trahison qu'il vouloit faire à M. de Guise, son maistre et bienfaiteur. La grande anatomie de M. Riolan commence à rouler, il en est au 3° livre, qui est du cœur et du poumon ; on en fait tous les jours une feuille seulement, à cause qu'il prépare toujours sa copie de plus en plus : qui est la raison pour laquelle cet ouvrage ne sçauroit aller pas plus viste, jusques à ce qu'il ait tout reveu.
Les prisonniers du grand Chastelet, massacreurs et voleurs, ont esté condamnez, il n'y a que deux heures, à estre rompus tous vifs, et la femme Campi à estre pendue; ils en appellent au Parlement, où ils seront transférez au-
1. De Serres avait traduit, en 1637, la Pharmacia Renodœi, et Patin avait cependant exprimé le désir qu'on fit une nouvelle édition. Il avait môme offert à Spon « de fournir » une copie avec des corrections utiles. Cf. Lettre et note du 2.9 avril iG'tli.
2. Coulommiers, petite ville de Seine et-Marne, sur le Grand-Morin à 49 kil. N.-E. de Melun. Le duc de Longueville y possédait un château.
jourd'huy. Il y a grande apparence que jeudy ou vendredy, sans faute, ils seront exécutez. Du melioral Je vous baise les mains de toute mon affection, et suis de toutes les facultez de mon âme,
Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur.
Patin.
De Paris, ce mardy 24 de mars 1648, à trois heures de l'après-midy.
Edit. de La Hâte 1718.
ID. Paris 1846.
Mss. 9357. FOL. 33.