Date en mar^e de la lettre
A SPON 6Uo
Cum labor in damna est crescil niortatis egeslas : sponsorem enimmeconstituo legitunihonorarii. Si vous jugez toutce que je vous escris, à propos, vous m'obligerez deluy mander. Je suis bien aise qu'ayez receu le pacquet de livres, par Messieurs Rigaut, et vous remercie de la peine qu'avez eue de délivrer à Messieurs vos trois collègues, ce qui leur estoit destiné.
J'ay veu et vous renvoyé l'épistre que M. Hofman vous a faite : qixœ nam sint illae xp'i'^"^. r-yvo).. Hofmannl plane nesc'io : ce n'est pas grande chose que cette épistre ; considérant ce que vous luy estes : il vous devoit faire une plus belle et plus longue épistre, et dire qu'il avoit bien de l'obligation à ses Muses qui luy avoient fait un tel amy que vous. Mais le bon homme est stoïque et ne se connoit guères à louer personne. Je vous supplie très humblement d'avoir soin du pacquet de Messieurs Hofman et Volcamer, afin qu'ils le reçoivent le plus tost que faire se pourra; il y a là dedans, pour M. Hofman, un Botalliis, de Curatione per sanguinis missionem, duquel il n'a jamais rien veu, à ce qu'il me mande : tenez bon registre de l'argent que desbourserez pour moy en tel cas ou autre, je vous le restitueray très fidèlement. Son livre de Anima n'a guères avancé, depuis Pasques, l'imprimerie ayant esté obligé de faire autre chose: je pense qu'il s'y remettra bientost; et quand nous serons à l'épistre, j'auray soin du nom de M. Gras, aussi bien que je me souviens icy très souvent de son honnesteté et de son mérite. Je ne scay non plus que vous ce qu'il entend per barbani ferx illiiis : c'est peut estre comme vous dites, M. Bartolin ' ; mais qui que ce soit, il n'estoit point à propos de mettre cela dans une si
1. C'est la j)remière fois qu'il est question, dans ces lettres, de Rartholin qui fut un des correspondants de Patin et dont le nom reviendra plus d'une fois sous la plume de notre auteur.
Bartholin (Thomas), fils de Gaspard Bartholin, lui-même médecin érudit, né à Copenhague le 20 octobre 1619 (Didot), ou en 1616 (Encyclop. des sciences médicales de Bayle) mort le 4 décembre 1680. Docteur de Bàle en 1645, professeur d'anatomie à l'Université de Copenhague en 1648, doyen à vie, en 16oi, du collège des médecins de cette ville, il fut nommé assesseur du conseil du roi en 1675. Célèbre par ses travaux anatomiques et ses découvertes des vaisseaux chylifères et lymphatiques. Nous aurons, à l'occasion de ses ouvrages signalés par Patin, à lui consacrer d'autres notes.
petite Epistre: vous diriez que cel homme n'oseioit rien dire de personne.
Pour mon fils aisné, je ne scay qui vous en a escript, si ce n'est peut-estre M. Moreau ; je pensois que vous n'en sçeussiez rien ; c'est pourquoy je vous en avois touché un mot cy dessus. Dieu veille qu'il soit quelque jour scavant, et lîonneste homme afin qu'il ave l'honneur d'estre vostre serviteur, autant que je suis de cœur et d'affection : et je l'éléveray et nourriray à cette intention. Le fils de M. Moreau est bien aimable, garson bien fait, de bonne grâce, et qui parle fort bien : celuy la mérite louange : le mien n'est encore rien auprès qu'un enfant qui donne quelque bonne espérance ; utinam succédât éventas ' .' Pour la thèse de M. Guillemeau, elle n'est pas si agréable à tout le monde de deçà comme quelqu'un se promettoit \
Pour les Arabes, je vous en diray mon sentiment. Pour la doctrine, tout ce qu'ils ont de bon, ils l'ont pris des Grecs: pour leurs remèdes, ils ont vescu en un temps qu'il y en avoit de meilleurs que du temps d'Hippocrate, mais ils en ont bien abusé et ont introduit cette misérable pharmacie arabesque et cette forfanterie de remèdes chauds, inutils et superflus qui sont encor aujourdhuy trop en crédit par toute la terre et de la quantité desquels les malades sont vilainement trompez : à quoy bonnes toutes ces compositions, tous ces altératifs sucrez et miellez contre l'abus desquels les plus scavans hommes de l'Europe se sont décla-
1. Tout le passage précédent, près d'une demi-page de texte, supprimé dans les édit. antér.
2. C'est la thèse soutenue par Jean-Baptiste Moreau, mais que présidait Guillemeau : Est ne hippocratica medendi methodus omnium certissima, tutissima, prœslantissima ? La réponse était naturellement affirmative. Cette thèse qui proclamait de nouveau le dogme de la souveraineté de la doctrine hippocratique empruntait à ce sujet toujours présent, à l'autorité et à la réputation de son auteur, Charles Guillemeau, un intérêt tout spécial. Traduite en français, augmentée d'observations de Patin, elle fut publiée sous le litre suivant : Questions cardinales à disputer aux escholes de médecine, jeudy matin, 2 avril, sous la présidence de maistre Charles Guillemeau, docteur en médecine de la Faculté de Paris : L\ Méthode d'Hippocrate est-elle