LA PLUS CERTAINE. LA PLUS SEURE ET LV PLUS EXCELLENTE DE TOUTES A
GUARiR LES MALADIES. Avec des observations sur quelques points notables. Paris, Nicolas Boisset, 1648. Ce sont ces observations qui étaient de Patin.
A SPON toi
rez cl élevez depuis tantost cent ans, comme contre une tyrannie insupportable ? Cela n'est bon qu'à eschauffer un malade et a faire faire des parties à l'apothiquaire, pour luy couper sa bourse : eo solo Grœcis J'eliciores mihi videntur Arabes qaod senam agnoverint, cujiis ope et opcra carere non possnnius. Scaliger le père estoit un pauvre médecin luy mesme, combien qu'il ait esté un fort scavant homme '. Le grand abus de la médecine vient de la pluralité de remèdes inutils, et de ce que la saignée a esté négligée. Les Arabes sont causes de l'un et de l'autre : Mesuë a trop de crédit au monde ^ Un apothiquaire qui a une grande boutique pour ses pots dorez, n'auroit besoin que d'un buffet ou d'une armoire pour y serrer cincq ou six boettes. Medicina olim paucariini erat herbanini : ipsi Grœci paucissimis utebantur remediis : malllplicitas reinediorwn filiaest ignorantiœ : sapientes ad naturse legew compositi, paucis mullo peragant : nous guarrissons plus de malades avec une bonne lancette et une livre de séné, que ne pourroient faire les Arabes avec tous leurs sirops et leurs opiates. Nous aurions grand tort d'abandonner et de quitter les bons remèdes qui sont en usage dès le temps des Arabes, pour aller recourir à ceux du temps d'Hippocrate, qui sont moins bons ou qui nous sont inconnus. La méthode ne s'entend point du remède, comme de la loy el de modo bene iitendi : c'est la doctrine des indications qui fîut paroistre un médecin vrayement ce qu'il est : et c'est dont nous avons l'obligation entière aux Grecs : lesquels s'ils n'ont connu le séné et la casse, ce n'est point leur faute, c'est leur malheur : aussi ne sont ce pas les Arabes qui
1. Scaliger (Vuk'S-CJsar) né probablement à Padoue, le 14 avril 1484, mort à Agen, le 21 octobre l.jfj8. D'abord médecin, à Vérone ; après avoir longtemps voyagé, il .s'établit, vers lo2ô, à Agen, où il obtint des lettres de naturalisation, et partagea son temps entre l'exercice de la médecine et la publication d'ouvrages d'érudition qui lui attirèrent une extraordinaire célébrité. Cf. noies : Lettre du 12 janvier IG32.
2 Mésué [Jean) en arabe, Jahia-ben-Masouïah, médecin arabe, né à Khouz, près de l'ancienne Ninive, mort vers 8oo, âgé d'environ quatrevingts ans. Médecin des califes Ilaroun-al Rascliid et Al-.Manioiui. A com^iosé plusieurs traités de médecine, eulre autres ; une Pharmacopée et un livre cVAnatoinie. — Traduct. latine de ses œuvres : Venise, 1471, 15o0 et 1602. V. Pagel : Die Angebliche Chirurgie des J. Mesuë. Berlin, 1893.
nous ont descouvert et fait connoistre le séné; il estoit en usage devant eux : les forts et violens remèdes sont encore bons à quelqu'un, mais la science et la méthode des Grecs nous apprennent à nous servir plus heureusement des bénins et a fuir les mahliques, si nous n'en avons grand besoin. Vous voyez dans Hippocrate laphorisme Convulsio ah eleboro lelhalis : cost qu'il en avoit veu quelqu'une : aujourdhuy les dogmatiques ne voyent rien de pareil, en tant qu'ils se servent de remèdes doux et bénins, par le moyen des indications, dont ils obtiennent plus d'effet salutaire qu'avec tous les violens remèdes : ces expériences ne sont bonnes qu'aux chymistes, qui tuent icy le monde, à tas, avec leur antimoine. Il y a icy un homme d'auctorité, qui s'en sert, et qui en a tué si grand nombre depuis quelque temps, qu'il est appelle Jupiter mactator : tant plus il en donne et tant moins, on a envie d'en prendre. Pauca, benigna, sed probata et selecta, ea mihi sunt remédia. Et à tant des Arabes.
J'ay receu les bouillons printaniers de votre M. Meissonnier, avec la lettre de M. Falconet. Vous estes bien heureux d'avoir un fou de cette nature ; nous en avons icy trois ou quatre, vario insanix génère laborantes. mais leur folie n'est pas si gaillarde. Tardy ne parle que de 1 anatomie d'Hippocrate et d'Aristote, que personne, dit-il, n'a jamais bien entendu que luy, ou au moins comme luy * : Béda ne se picque que de secrets et d'antimoine, et dit qu'il a guéry la vérole à tout le monde ; je ne sçay de quoy luy servira le jubilé duquel on nous menace dedeçà : car cet homme n'est bon ny à rostir, nyà bouillir. Un autre que moy pourroit avoir mauvaise opinion de la fortune de vostre réformation, puisque tels personnages que votre M. Meissonnier, etnostre Béda, dit des Fougerais, abandonnent son party. Je dirois volontiers à ces gens-là, ce que |^unj Roy disoit au fou Ménécrates, c/iatv£iv, veu que c'est la chose
1. Tardy {Claude) du diocèse de Langres. Docteur de la Faculté de médecine de Paris, en 1645. Comme le dit Patin, il s'adonna aux études sur Hippocrate et publia, cette même aimée 1618 : In Uhrum Hippocratis de virginum morbis. P\nisiis, 16i8. On lui doit aussi un ouvrage sur la Iraasfusion : Traité de l'écoulement du sang d'un homme dans les veines d'un autre et de ses utilités. Paris, 1668, in-4».
dont ils ont le plus de besoin. On n'a rien imprimé icy du faitde M.le Mareschaldela Motte Houdancourt : c'est pourquoy je vous prie de vous souvenir pour moy du deuxième factom s'il se rencontre. J'attends voslre pacquet et M Ravaud aussi : et par avance, je vous remercie du tout'. M. de la Vigne se porte mieux, et se promène tous les jours dans son jardin : s'ilestoit mort, (Dieu l'en garde), ce seroit un lyon mort auquel Courtaud voudroit faire la barbe. M. d'Avaux qui estoit nostre plénipotentiaire à Munster, en a esté rappelle, et est icy de retour, et, dit-on. en disgrâce : je ne sçay point ce qui en sera. Si les catholiques d'Augsbourg"' n'ont la puce à l'oreille contre les Luthériens, ne doutez point que ce ne soit impiilsii Loyolitariun, qui ont grand crédit en ce pais là, et qui taschent d'y rétablir le Papimanie, pro virUi, afin de s'y rendre tant plus agréables et nécessaires au 666 romain' de qui ils prennent leur mission. Du meliora !
Tandis que M. le Prince estdevantYpres \ les Espagnols qui sont plus fins que nous, ont si bien pris leur temps, qu'ils ont surpris Courtray ", l'ayant assiégé en plein midy, par quatorze endroits : et ont coupé la gorge à six cents Suisses qu'ils ont trouvés dedans, ausquels Suisses les Espagnols ne donnent jamais de quartier. La cause de ce malheur vient de ce que M. le Prince, pour grossir son armée devant Ypres, a tiré de Courtray deux mil hommes qui y estoient en garnison et le gouverneur mesmes, qui est un honncste homme nommé M. le comte de Paluau % qui auroit bien défendu sa place.
Vous diriez que nous jouons aux barres, que nous ne