‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 242 sur 260 · Membre de phrase supprimé dans les édit. ant · texte numérisé non relu

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A Sl'ON 689

On imprime icy tant de libelles et de fatras à chaque jour contre le Mazarin et ceux de son party, la pluspart mauvais et chétifs, que Messieurs du Parlement ont déjà pour la 2'fois donnearrest contre cette effroyable quantitéde libelles et ont défendu à toute sorte de gens d'en imprimer aucun, sans permission de deux conseillers députez à cet effet : sed mendicum et famellciim gênas ralione non dacitur ; les colporteurs, crieurs de gazette et imprimeurs, se garderont bien d'y obéir, tant qu'ils trouveront des gens curieux de toutes ces nouveautez. On ramassera toutes les bonnes pièces, abjectis et resectis aliis deterioris notœ. desquelles on fera un volume, in-4, ou mesme in-folio, si les bonnes vont a un tel nombre, comme il pourra arriver, si le mauvais temps dure : il y en a déjà environ ioO, mais je ne croy point que le tiers en mérite l'impression. Adieu Monsieur.

Tandis que le peuple et les mutins s'impatientent de la haine qu'ils ont tous très grande contre le Mazarin, les modérez et les plus sages espèrent que Messieurs les députez du Parlement reviendront demain de S' Germain, où ils sont allez saluer la Reine, et conférer avec Elle et les siens, pour trouver quelque moyen, si detiir innatiira, d'appaiser et de pacifier tout le désordre de la guerre, qui s'allume dans Testât, parmy un si grand mescontentement et presque universel de tous les bons François. Normandie, Bretagne et Poitou nous promettent et nous offrent du secours : mais plût à Dieu que nous ne les prenions jamais au mot, et que nous n'ayons jamais besoin de leurs offres.

Je suis estourdy des mauvaises nouvelles qui se débitent icy par une sotte et impertinente populace qui est capable de tout croire : la cour du Roy, et tout ce qu'il y a de meschans à S' Germain, ont icy des créatures à gage, qui en font courir de très fausses, quœ neque sunt usqiiam, neque passant esse profecto. Les partisans mesmes et ceux qui sont intéressez dans les prests, enragent de voir la résolution et générosité des Parisiens, qui ne veulent plus souffrir la domination des maltotiers, et voyent bien que leur bon temps est passé '.

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