D'un second envoyé », dans les édit. antér
6o8 LETTRES DE GUI PATiN
si on en vient jusque-là par son obstination, j'ay grande peur que, de part et d'autre, nous n'ayons et ne facions bien du mal : et enfin sans doubte, nous aurons recours à nos ennemis mesmes,pour noslre défence et nostre conservation contre un bateleur et comédien estranger, fungurn vatlcanam, que ses flatteurs nous veulent faire passer pour un grand politique et un maistre homme d'estat, combien que sa conduite face bien voir le contraire '.
Ce 23 DE FÉVRiEu*. Tout le monde est icy merveilleusement animé contre la Reine, le Cardinal et M. le Prince, son défenseur et unique protecteur, qui voulant conserver dans la faveur et près de la Reine, ce malheureux Cardinal, cause tous les désordres qui sont dedeçà : on crie icy tout haut, avec beaucoup d'impatience, qu'il ne faut point que nos généraux temporisent davantage, que nous n'avons que faire de secours estranger, qu'il faut aller droit et teste baissée à S' Germain, assiéger le château, dans lequel ce malheureux et maudit fourbe est enfermé : qu'il faut ramener le Roy et la Reine à Paris, et mettre dans la Conciergerie ce gros larron', au mesme lieu dans lequel fut autrefois mis Ravaillac, et de là, le mener à la Grève : pour faire un exemple à la postérité, et apprendre aux Italiens à ne plus venir icy se fourrer si aisément dans la Cour, et s'insinuer si finement dans les bonnes grâces de nos Princesses *, à la désolation et ruine totale d'un si florissant royaume, comme pareillement vouloit faire autrefois le marquis d'Ancre, qui en fut à la fin très mauvais marchand, avec sa femme et sa suite. Plût à Dieu, pour le hicn commun de la France qu'il en fui de mesme du Mazarin ! IJélas que nous serions heureux ! Du facile ut conslet regni fortiina, lahare non illam vldeam : il ne m'est pas permis de dire le reste.
1. Tout ce dernier passage conccriianl la Keinc Anne et Mazarin supprimé dans les édit. antér.