‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 25 sur 260 · Poetices libri VII. Lton, 1561, in-foL · texte numérisé non relu

Poetices libri VII. Lton, 1561, in-foL

7. Animadversioncs in Thcophrasti Hislorias plantarum. Lyon, 1584.

8. Lacuna (André), né en 1499 à Sûgovie (Espagne), mort en 1560. Etudia la médecine à Salamanque et à Paris où il reçut le bonnet de docteur. Médecin de Charles-Quint, il accompagna ce souverain dans les Pays-Bas et à Metz, et se fixa à Anvers. Ce médecin a laissé d'assez nombreux travaux parmi lesquels, une vie de Galien et- des traductions latines d'Aristote et de Lucien. Il est difficile de deviner quel est l'ouvrage dont veut parler Patin.

9. Gesner {Conrad), surnommé le Pline de l'Allemagne^ né à Zurich le 26 mars 1316, mort dans la même ville, le 15 décembre 1565. Etudia la médecine à Paris, à Montpellier et termina ses études à Bàle où il se fit recevoir docteur; se fixa ensuite à Zurich. Médecin original et doué d'une vaste érudition, il s'éleva au-dessus de la science de son temps. Deux siècles et demi avant Récamier et Brandt, il appliqua l'eau froide au traitement des malades fébriles. C'était, en outre, un naturaliste érudit qui a laissé des travaux importants sur l'histoire naturelle. Les ouvrages cités par Patin sont intitulés: Ilislorix animalium liber primas, de quadrupedibus viviparis... Tiguri, 1651; Basile.e, 1603, in-fol. — Liber secundus de quadrupedibus, de oviparis. Tiglri, 1554, in-fol.; Francofurti, 1586, in-fol. — Li'6cr tertius de avtum natura. Tir.iRi, 1555, in-fol. ; Francofurti, 1586, in-fol. — Liber quarlus qui est de piscium et aquatiUwn animanliuin natura. Tiguri, 15-38, in-fol. — Liber quintus qui csl de serpenlium natura. TiGURt, 1587, in-fol. ; Basile.e, 1621. Tous ces ouvrages ont été réimprimés à Francfort, en 1617- 1620, en trois volumes.

fort rare), l'hisloitc des quadrupedibus, avibus, piscibiis, serpentibus et autics,se trouve en trois grands volumes in folio avec une infinie quantité de figures : je sçay un homme qui en a un bien relié, et tout neuf, mais on ne le peut avoir de luy à moins de 32 livres ; luy en ayant desjà parplusieursfoisofTert trente, pour un mien amy de Tours; le mien me revient à plus de 3o,et s'il n'est pas si beau, un libraire le vendroit 40 livres, comme il est ; ce sont de grands volumes, où la quantité de figures et leur beauté sont admirables, dans lesquelles toute l'histoire naturelle est comprise. Des œuvres de Paracelse ' , il s'en void peu icy de tome séparez, et néantmoins,sont fort chers. Toutes les œuvres de Sylvius" en un volume in folio bien reliées

1. Paracelse ^ Philippe- Aurele-Thcophraste Bombast de Ilohcnheim), né en 1493, à Einsiedlen, près de Zurich, mort en lo34- selon Baylo, en 15i1, selon Moréri, à Salzbourg. Après une jeunesse aventureuse, appelé à occuper à Bàle la chaire de chirurgie et de philosophie (1527), il rompit dans son enseignement a\ec les ailleurs de Tantiquilé et brûla solennellement leurs ouvrages. Ce réformateur que les uns ont considéré comme un fou^ d'autres comme un homme de génie, fut peut-être l'un et l'autre, et si l'on rencontre dans son œuvre de nombreuses rêveries, des idées bizarres qui font demander, comme disait Daremberg^ s'il ne délirait pas en pleine santé, ou s'il ne rêvait pas en plein midi, on est forcé de reconnaître qu'on y trouve aussi la méthode et la philosophie qui régissent la chimie moderne. Il a inauguré l'ère de la démonstration et de l'analyse chimique, et a donné, comme base à son système, l'étude approfondie de la nature. — Ses œvivres sont considérables. On a réduit à dix le nombre de ses écrits dont l'authenticité paraît démontrée. Les principales éditions sont celle de Strasbourg, 3 vol. infol. 1616-1618, et celle de Genève, 3 vol. in-fol. 16o8. — Cf. les Derniers travaux sur Paracelse : Marx, Zur Wurdigung der Thcophrastus von Ilohcnheim ; Gqet- TiNGLE,'.1842, in-4''. Cruveilhicr, Etude sur Paracelse, 1857. Cabanes in France' médicale n"' 24, 2b, 26; 1894. D' Franz Strunz, Theopkrastus Paracelsus, Sein Lcbcn und seine Personlichkeil ; Leipzig, 1903. Prof. Julius Hartmann, Tlicuphrnsi von Ilolicnheim ; Stuttgart, 1904.

2. Sylvius (Jacques) — Dubois, — né en 1478, à Louvilly, village du diocèse d'Amiens, mort à Paris le 13 janvier 1555 Savant médecin du XVI' siècle et un des premiers anatomistes de son temps. Prit ses grades à la Faculté de Montpellier où il fut immatriculé le 21 novembre 1529, à l'âge de cinquante et un ans. Bachelier la même année, il fut admis au doctorat l'année suivante. Revenu à Paris, il se fit inscrire à la Faculté et y subit l'épreuve du baccalauréat le 28 juin 1531, sous le décanat d'Hubert Cocquiel. Bientôt professeur de médecine au collège de Tréguier, il fut nommé par Henri IT, professeur de chirurgie au Collège Royal, à la place de Vidus Vidius, qui se retira en 1548 et pris possession de sa chaire en 1550. Sylvius a laissé de nombreux travaux qui furent réunis assez exactement par René Moreau et imprimés à Genève en 1630 en un volume in-fol, sous le titre suivant : Jacobi Sylvii Ambiani Opéra medica, jam demum in sex parles

vaudront sept livres pour le moins. Erotiani Onomastlcon n'est pas tant rare, mais je n'en sçay pas le prix'. Les œuvres de Yeysser Aldrovandus °, impression de Bologne, sont bien chères et bien rares : elles ont esté contrefaites à Francfort, encor n'en void on quasi point icy.

G'estûil un grand personnage qui a fort obligé le public, ayant despensé cent mil escuspour l'édition de ses œuvres, et néantmoins, estant devenu vieil et pauvre, après tant de despenses, est mort misérable et presque de faim, n'ihilque aliiid, pro Jama (quam de ing rata pair ia et posteritate vir dignissiinus herculeis pêne laboribus aucupabatur), nisi famem miser relalit. — Columna, de plantis^ est bien cher et bien rare ; j'en ay veu quelquefois, mais je ne l'ay point achepté, pretii gravitate deterritus: je pense avoir céans tous les autres herbiers. Piso, de morbis à serosa coltuvie *, est un livre in-4", assez bon, et curieux : il peut estre de 40 sols. Il est fils de celuy qui a escript, de Morbis curandis^ etc. % de sorte qu'on peut dire de luy, docti

digesta, castigala et indicibas necessariis instrucia. Adjuncta est ejasdem vita et icon, opéra et studio Renati Moral, doctoris medici Parisiensis.

1. Glossateur grec du premier siècle de l'ère chrétienne. Son glos- Baire contient une liste des écrits d'Hippocrate.

2. Aldrovandi ou Aldrovandus (L7vsse), médecin italien, né à Bologne en 1.d22, mort dans cette ville en 1607. Il consacra sa fortune et sa vie aux sciences naturelles, et, comme le dit Patin, se trouva dans l'indigence pendant sa vieillesse et mourut à l'hôpital de Bologne. A écrit cent et un traités, en treize volumes in-fol., consacrés pour la plupart à l'élude de l'histoire naturelle.

3. Colonna (Fabio) , en latin Columna {Fabius), d'une des plus anciennes familles d'Italie, né à Naples en 1567, mort en 1650. Se distingua surtout par de grands travaux sur la botanique, science vers l'étude de laquelle il aurait été entraîné par l'ardent désir de trouver un remède qui put le débarrasser d'accès d'épilepsie dont il était atteint. Ceci est la tradition, mais il est probable qu'il avait surtout aussi de remarquables aptitudes pour l'histoire naturelle. Adonné la description d'une centaine devégétaux inconnus jusqu'alors, a pos6 les vrais fondements de la philosophie botanique et a, le premier, établi de véritables genres dont ses prédécesseurs n'avaient lait que lui fournir l'idée. A laissé de nombreux ouvrages. Plummer lui a consacré cinq genres de plantes Colonna, de la famille des Personnées.

4. Piso (Carolus) — Charles Lcpois. — Cf. Sa note : Lettre du 17 août 1632,

5. Piso (jY(coJas) — Nicolas Lcpois — né à Nancy en 1527, médecin en 1578 du duc Charles de Lorraine. L'ouvrage cité par Guy Patin a pour titre ; De cognoscendis et curandis prœcipue internis humani corporis

palris, docta proies. Il fait encor imprimer un autre livre de médecine que nous aurons bien tost. Il est fort honneste homme; j'ay receu quelquefois de ses lettres. Je vous envoyé une petite satyre qui est icy de nouveau, où sont contenus quelques énigmes desquels l'explication serait longue à déduire icy. Le Roy est tousjours, et sera, dit on, encor longtemps à Mets *, Je vous prie de me permettre que Madame vostre femme, et Mr. Dacier trouvent icy mes très humbles [baise] mains ^ . Si vous m'excusez de ce que j'ay esté si longtemps à vous escrire, vous m'obligerez de demeurer à jamais,

Monsieur, Vostre très humble et affectionné serviteur.

Patin.

Ce 12 Janv. 1632.

EniT. DE Rotterdam 1695.

— iD, 1725.

morbis libri très, ex clarissimomm medicorum, tum veterum, tam recentiorum, monumenlis, non ila pridem coUecti. Fra.ncofurti, 1588, in-fol. — 1585, in-8°.

1. Ville forte d'Alsacc-Lorraine, au confluent de la Moselle et de la Seille, à 330 kilomètres E.-N.-E. de Paris. Cette place était sous la domination française depuis 1552. Louis XIII s'y était rendu pendant les opérations de la campagne de 16311632.

2. Il y a deux Dacier. Le père, Jean Dacier, docteur le 14 juillet 1579, n'a pas été régent, mais est cité, en 1589, comme agrégé au collège de médecine de Troyes. Le fils, Nicolas Dacier, médecin du Roi par quartier, faisait partie en 1614 du collège de Troyes. (Cf. Guichet, Histoire de la médecine à Troyes. Troyes, 1880^ et les Fiches de .M. Louis l,e Clert citées plus haut.

Mss. 935S. FOI. U, 15.

LETTRE X

A Mo!<siEUR Belin, docteur en médecine, demeurant A Troyes, en Champagne.

Monsieur,

J'ay receu la vostre de la main dun honnesle homme, apothiquaire de vostre ville, lequel m'a voulu délivrer la somme portée en vostre lettre, laquelle je n'ay vouleu accepter, et vous prie de m'en excuser ; je ne pourrois sans crime prendre de vostre argent pour si peu de chose que mes visites, lesquelles je voudrois bien cncor employer pour meilleur subjet en vostre endroit, en récompense de l'afTeclion et amitié que m'avez tant tesmoignées depuis que j'ay l'honneur de vous connoistre. La guerre seroit trop grande et trop cruelle si les loups s'entremangeoient ; joint que, tout le moins entre amis, liberalis artis liberalia dehent esse opéra. Je vous ay d'autres obligations, et cet office est le moindre de ceux que je voudrois vous rendre : c'est pourquoy je vous remercie, et Madame vostre mère aussi. J'ay bien sceu toute la malversation de Monsieur vostre frère, mais je n'ay peu y donner remèds, he m'ayant déclaré le mal qu'après qu'il a esté fait : il me pria de luy prester dix escus, pour vous achepter de la tapisserie et que cette somme luy manquoit pour en faire le payement entier, et qu'en ce cas là, luy aviez donné charge de s'adresser à mo7 pour me la demander : je luy respondis que j'estois tout prcst à ce faire, mais qu'il me monstrast la vostre par laquelle luy donniez telle charge; ce qu'il me promit de faire ; puis incontinent, s'en revint, et se mettant à pleurer, me confessa tout l'abus, me priant choisir

une heure de commodité pour aller ensemble chez M. DacoUe, et l'excuser envers luy : ce que je fis ; alors. M. Dacolle le reprit, mais fort malcontent, et se plaignant puissamment et scandaleusement de luy, tant pour ses déportemens, desbauches que paroles outrageuses envers les uns et les autres. On m'avoit adverty là-dedans, durant sa maladie, de ses façons de faire, et sans cela, luy eusse preste la somme qu'il me demandoit, mais quand il veid que j'en sçavois plus qu'il n'eust désiré, il m'en confessa une bonne partie. C'est dommage ; il est bien né, mais à cause de vous et de luy, je suis mary de le dire, je reconnois qu'il est bien desbauché, ulroque modo, et vino et venere, à ce que j'en ay appris : je voudrois pouvoir contribuer quelque chose à son amendement, mais il y faut d'autres remonstrances que les miennes. Je prie Dieu qu'il s'en corrige .

Je me resjouys que Madame vostre femme se porte mieux, et souhaittc fort que faciez icy un voyage tous deux, afin d'avoir le moyen de vous entretenir à nostre aise. Je fus ces Pasques dernières en Picardie, voir mon père et ma mère \ où je menay ma femme et nostre petit garson ^, lesquels mon père a retenus, et en suis revenu seul à cause des affaires qui me pressoient, adeo ut hi prsesenti cseiibem agam vilam prope ut iiovji et d.xoc,, quasi solus tristis, encore que je n'ayme guère les moynes. Je vous remercie de vostre bonne volonté. Messieurs Guérin, Baralis, et Moreau sont d'habiles gens: le premier m'a présidé en Cardinale ' ; le second est fort mon amy qui hait bien la forfanterie arabesque, et les fourbes des apothi-

1. Son père s'appelait François Palin. Il était avocat et intendant de Gaspard de Monceaux d'Auxi. Sa mère, d'une bonne famille d'Amiens, était Claire Manessier, fille d'un Jean Mancssier, qui fut éche^m de la ville d'Amiens en 1592-93 et pendant l'occupation espagnole. Cf. les autres lettres de notre auteur du 13 juin 1G44, du 4 février 1672 et nos notes correspondantes. Voir aussi Vuilhorgne, op. cit.

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