‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 250 sur 260 · Date en rnargi", do la main de P;din · texte numérisé non relu

Date en rnargi", do la main de P;din

2. n Polonois, franvois elM. le Prince x dans l'édit, d'Amsterdam 1718.

et le peuple malcontant criaille, mais ils s'appaiseront. Trois articles particulièrement desplaisent à quelquesuns, et pour cet effet, Messieurs nos députez du Parlement seulement, sont retournez à Saint Germain avec belle escorte, en faire remonstrance à la Reine, afin d'en obtenir quelque modification, comme il y a grande apparence qu'ils obtiendront, et mesme M. le premier président l'a fait croire au Parlement, et en ce cas là, nostre paix vaudra tout autrement mieux que la guerre de tous les princes, et que le secours que l'on nous a tant promis de Normandie et du Poitou, qui a trop tardé à venir : ils ont charge pareillement de traiter de l'accommodement des princes qui ont suivy nostre party. De ces trois articles, le i'^' est que le Parlement en corps iroit faire une séance à Saint Germain où le Roy en personne assisteroit et seoiroit en son lit de Justice, où seroit vérifiée la déclaration de la paix avec tous ses articles : et dattée de Saint Germain, en récompense qu'au commencement de la guerre, Messieurs du Parlement n'avoient pas obéy à la Reine, lorsqu'elle vouloit qu'ils allassent à Montargis. Le 2" est de souffrir les prcsts pour deux ans, au denier douze : il n'y a que ceux qui presteront leur argent aux grands partisans qui y pourront perdre, et infailliblement y perdront, veu que le roy n'est nullement en estât de payer ses dettes de longtemps, veu l'effroyable profusion qui a esté faite de ses finances par tant de voleurs depuis 25 ans. Le 3" est que Messieurs du Parlement ne pourront faire, le reste de celte année, aucune assemblée générale dans la grand'Chambre, sur matière d'estat : mais à tous ces trois articles, la solution y seroit aisée, et je pense que la Reine, dans le désir qu'elle doibt avoir de la paix, les accordera tous trois; et autre chose mesme si on luy demandoit; il n'y a que le Mazarin qu'elle ne veut point laisser aller, tant elle l'aime fortement, et d'un amour qui surpasse la conjugale et c'est le Diable; et in hoc versatur Deorum iniquitas. Principes nostros intelligo Gastonem et Condseiim qui steterunt a partibus malignantiam : qui ont soutenu et défendu ce potiron du Vatican, ce larron, ce bateleur ou comédien, ce fripier, cet imi^osteur italien, contre leur honneur, et mesmes contre

la parole qu'ils avoient donnée à Messieurs du Parlement, qui n'ont rien commencé que sur la promesse qu'ils leur en avoient solennellement faite*.

Nouvelles sont icy arrivées qu'il y a eu sédition du peuple à Tours, qui a chassé les magistrats de la ville ; et qu'il y a aussi une déclaration du Parlement de Toulouse pour faire adjonction à celuy de Paris : un conseiller du Présidial de Tours a esté tué dans une émotion de la ville, et si la paix ne vient bientost, j'ay bien peur que la sédition ne s'espande par tout le royaume. Nos députez sont encor à Saint Germain en leur conférence pour la paix, où ils ont obtenu une abolition des trois articles de cy-dessus : mais, la paix des Princes n'est pas faite, ny aisée à faire, veu que leurs députez avec ceux du Parlement de Rouen et ceux de M. de Longueville parlent bien haut, et demandent bien des choses qu'il sera mal aisé de leur accorder, et entre autres, que le Mazarin sorte du ministériat.etdu royaume.

La surséance d'armes se renouvelle de trois en trois jours pour achever le traité : et m'estonne qu'il dure si long temps : j'ay peur qu'ils n'attendent du secours de quelque part, en attendant; pour après, nous opprimer plus aisément: quidquid sit, tlmeo Danaos et doua ferentes : combien que tous les jours et à toute heure, il nous arrive du bien et de la munition de toute sorte, et de tous costez. Les vignerons et autres marchands y apportent tout ce qu'ils peuvent, tant pour la peur qu'ils ont de la soldatesque qui ruine tout, que pour ce qu'ils ne payent icy aucune entrée : d'où vient que ceux qui sçavent combien il entre tous les jours de denrées à Paris disent que la Reine a perdu depuis tantost trois mois, vingt mil escus par jour, pour les entrées de Paris ^ : mais cette perte ne sera pas seule, si le désor-

1. Tout co passage dans lequel notre aulcur caractérise rattachement de la Reine pour Mazarin et dans lequel il parle, en termes si injurieux pour le cardinal, de l'appui que lui prêtent le duc d'Orléans et le prince de Coridé, est supprimé dans les éditions antérieures.

2. Dans les éditions antérieures, la lettre se termine ici, et est datée du 15 mars 1649, au lieu du 13, dernière date inscrite en marge du texte.

dre dure plus long temps, veu que tout le monde s'armant pour un ou pour l'autre party, dans toutes les Provinces, il n'y aura personne assez hardy pour aller imposer ou lever aucuns deniers en aucun endroit : et c'est de quoy je suis fort en peine comment la Reine et Messieurs du Conseil l'entendront, et quij par cy après, pourra porter cette perte'.

Rdit. de La IlAïii 1718.

— DE Paris 1846*.

1. Cette longue lettre — vif-rilable journal des é\énenients de la Fronde parlementaire — a été écrite au jour le jour et porte les dates marginales des 2o, 27, 29 jan\ier, 13, 18, 19, 23 février et des 6^ 11 et 13 mars. Les communications étaient devenues irrégulières et très incertaines entre Paris et Lyon — quoi qu'elle» n'aient pas été complètement interrompues — Patin, qui n'était pas sans inquiétudes sur la transmission de sa correspondance, ne dut l'envoyer que quand le blocus de Paris eut été levé, à la suite des conférences de Rucl. La fin manque, ainsi que l'inscription apposée, le plus souvent, parSpon,

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