‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 249 sur 260 · Le dernier passage supprimé dans les édit. antér · texte numérisé non relu

Le dernier passage supprimé dans les édit. antér

Ce samedi 13 de mars '. Enfin la paix a esté signée départ et d'autre ; c'est à dire par les dépuiez de la Reine et les nostres, le jeudy XI de mars, à neuf heures au soir :1e vendredy au soir, qui fut le lendemain, messieurs nos députez revindrent de Ruel, et ce mesnie jourlà, dès midy, il y eut icy libre entrée de beaucoup de denrées qui estoient arrestées icy à l'entour. La paix est advantageuse, utile et bonne pour Paris, autant qu'elle nous estoit nécessaire dans le mauvais estât auquel nous estions : veu qu'autrement, nous en étions réduits à ce point, de nous servir de divers secours appelle de loing, qui eut icy tout pillé et tout ravagé, et qui eut achevé de ruiner ce que les allemans, polonois et françois de M. le Prince"" n'avoient pas encore ruiné et destruit par leurs voleries.

J'entends néantmoins que les articles de cette paix desplaisent icy extrêmement, tant à Messieurs les princes et généraux qui sont de nostre party, qu'à plusieurs mesmes de la Cour de Parlement : si bien que nous voilà en plus grande peine que jamais : en qiio discordia cives perduxit misères. Messieurs nos généraux ne seroient pas marris que nostre guerre leur durât longtemps : et qu'on continuât de leur donner beaucoup d'argent, comme on a fait jusques icy. Paris a despensé quatre millions en deux mois, et néantmoins, ils n'ont rien avancé pour nous : ils ont mis en leur pochette une partie de notre argent, en ont payé leurs dettes et en ont achepté de la vaisselle d'argent : ils voudroient que nous continuassions la guerre pour leur intérêt particulier, pour y faire leurs affaires, et enfin, former une guerre civile, très dangereuse et peut estre perpétuelle, en faisant venir l'estranger en France de plusieurs endroits, qui nous mangera encore de meilleur courage que n'ont fait les Allemands de M. le prince de Condé. Pour les malcontans du Parlement, ils disent que la paix de Ruel ne nous est point honnorable ; mais le Roy aura l'honneur, et nous le profit ; le bourgeois impertinent

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