‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 27 sur 260 · LETTRE XI · texte numérisé non relu

LETTRE XI

A Monsieur Belin, docteur en aiédecine a Troyes, EN Champagne.

J'ay reçeu la vostre dont je vous remercie. Quant à la mienne que le marchand de bézoard vous a rendue, il faut qu'elle ait esté ouverte, car je l'ay cachetée à l'ordinaire et comme est la présente. Depuis ce temps-là, un honnesle homme m'est venu voir, nommé M. Blampignon ' qui m'a rapporté, selon vostre mandement, les douze livres, avec charge expresse de vostre part de me les faire prendre en cette substance, ou en une autre : Ce que j'ay fait, voyant que vous le desirez ainsi : non lamcn tnm specie remunerationis quàm spe fidiiclœ : non debebatur illa milii, ast hanc ego tibi debeo. Je vous en remercie avec affection, et madame vostre mère pareillement. Qaod spectat ad uxorem, eam daxi a quadrienno ^ ex qua duo siiscepi filiolos, quorum prier très natus annos vivit ; posterior vero parum apud nos vixit, ut pote qui 6U œtatis die, immiti et inclementi choiera morbo cum frequenti spasino occubiiit, cujus in horas dulcis recordatio mœsturn me dolentemque ejficit. Prior dicitur Robertus ', posteriori vero nomen erat

1. Médecin de Troyes. Voir plus loi a l'intéressante lettre du 2G avril 16il, que lui adressa Patin et noire note.

2. Elle s'appelait Jeanne de Jcansson, Patin l'épousa le 10 octobre 16*28. Voir sa note : Lettre du 13 juin IGU.

3. Patin (Robert). — Baptisé à Paris le 11 août 1629, il eut pour parrain Robert Miron a ambassadeur pour sa Majesté en Suisse ». fils de ce Miron qui fut médecin de Charles IX et père du Président Miron qui devait devenir le voisin et l'ami de Guy Pati

Carolas '. Le second estoit en nourrice : le premier ma femme Ta nourry tout du long; je prie Dieu qu d croisse avec sa bénédiction, afin qu'il soit quelque jour honneste homme, et qu'il soit capable de rendre service à vous et aux vostres : il est bon petit garson et est bien evedle. Quand vous prîtes la peine de me venir voir céans, ma femrne estoit avec sa mère, en leur maison des champs, qui est a Cormeilles ^ maintenant elle est chez mon père en Picardie. Je ne manqueray pas, quand elle sera de retour [de] luy tesmoignervostre bonne affection, et vous en remercie. Pour les moynes, ils ont fait à moy ; je ne trouve pas trop bons les meilleurs, s'ils ne sont très sçavans. Il y en a qui définissent fj.c....o, quasi !.o.o, et «xi?, g««-^» ^^aw trisds salas vivens in soliindine et solicitadine : d autres, quasi ,.n,.. à,., quasi dolor perpetuus, parce que le peuple, voire le monde mesme, a esté en perpétuelle douleur depuis que les moynes ont mis le nez dans ses affaires. La liberté philosophique des médecins les empesche de beaucoup aymer telle sorte de gens, et vous en ayme tant mieux que nos deux génies s'y rencontrent esgalement. Cotlard est un camus assez rusé. Pour un Duret sur les Coaques%jevous en envoyeray un quand vous voudrez. L'Avicenne des Juntes est un livre à garder, si les annota-

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à trois heures environ de Pans. ^^^^ ^^^' "/^.^^^n. yol la lettre " Maison des chanips » d^ parer^t d J-nn Je^anso^^ ^^^^^^^^ ^^^

de Falin a Spon du là mn 'o.jv. u "" seotenibre 186^4.

Corn.eilles à Maxin^in ^':^^;;]^^;^^ro;: ^dSrZe in très 3. imppocratis marpu ^'««^^^'^"«^^^"^'g^/ j^.f^i. C'est le plus libres dlstribatam. » f^^^"^; ^^'l^'q^l y travailla pendant une important ouvrage de Louis ^^"[^^^'''J •„ .^^^ ig faire paraître, grande partie de sa vie et mourut sans axoir pu 1

lions de Mongius et de Costœus y sont '. Gotlard a peu de livres de médecine. Je suis,

Monsieur, Vostre très humble et affectionné serviteur.

Patin.

Ce 20 May 4632.

— Paru 1846.

Son fils Jean Duret se chargea de ce soin. Né à Beaugé-la-Villc (Bresse) en 1527, mort à Paris en 1586, Louis Duret étudia la médecine sous Jacques Houllier, d'Etampcs. Licencié et docteur en loo2, professeur de médecine au Collège Royal en 1508, il fut premier médecin de Charles IX et de Henri 111, et laissa en mourant la réputation méritée d'un des médecins les plus érudits de son temps. Duret eut quatre enfants, une fille. Jeanne, qui épousa Arnould de Lille, docteur de la Faculté en 1586 et que le roi Henri III tint à conduire à l'église le jour de son mariage et trois fils, tous trois arrivés à la célébrité: Jean Duret, docteur de la Faculté en 1584, qui lui succéda dans sa charge auprès du roi et dans sa chaire au Collège Royal et qui signait avec orgueil : « Joannes Durelus, Ludovici Jilius » (Voir sa note, Lettre du iO janvier 16fi8) ; Louis, qui fut substitut du procureur général au Parlement de Paris, et Charles, l'original président de la cour des comptes, connu sous le nom de Président do Chevry. Voir sa note : Lettre du 1 S janvier 1637.

1. Amcennx libri de re medica, ex recognitione Joannis Pauli Mongii et Joannis Costœi, cum annotationibus eorumdem. Venetus, 1564, in-fol. 11 y ci\\\ sous un autre litre, une édition postérieure qui porte le nom seul de Costœus : Annotationes, in Avicennœ Canonem, cum novis alicabi observalionibus. Venetus, 1595, in-fol. Costœus enseigna la médecine à Turin et à Bologne où il mourut en 1603.

lis». iM, lou i7,

LETTRE Xil

A Monsieur Belin, docteur en médecine, a. Troyes, EN Champagne.

Monsieur,

Je vous demande pardon si je m'acquitte si mal de mon devoir en vous escrivant si rarement, encor que ce ne soit pas faute de me souvenir souvent de vous, et de l'honneur que me faites dem'aymer; mais seulement une certaine négligence naturelle qui est en moy dans laquelle m'entretiennent les menues affaires de nostre profession. Je vous prie donc de n'attribuer à faute d'affection l'intermission ' de nous escrire que ma paresse a causée, veu que je vous honore et chéris autant que jamais j'aye fait, homme de mérite tel que vous estes. Quant à moy et à ma famille, nous sommes tous en bonne santé, Dieu mercy, pour vous servir; je prie Dieu qu'ainsi soit de vous et de la vostre. Pour nostre Faculté, il n'y a rien de nouveau, sinon que le mois passé, il nous mourut un de nos jeunes collègues nommé M. Biquet " , médecin du Roy par quartier, qui estoit marié depuis peu ; le Roy a donné sa charge a un autre des nostres nommé M. Bodineau '. A la Toussaint qui vient, nous ferons un nouveau doyen à la place de M. Moreau, qui a commenté l'eschole de

1. Cessation de travail (Furelièro), action de mettre un intervalle Une discontinuation (Littré).

2. Bicquet (Anselme) : fîacc, 1629-1630. Vesper., il septembre 1630. Doct., le' octobre 1630. PaslHl. 21 janvier 1631.

3. Bodineau {Urbain). Bacc. 1626. Vesper., 6 juillet, 1627. Doct. 16 août 1627. Pastill. 1'^' décembre 1627.

Salerne '. Touchant l'accord que l'on a piastre avec les apothiquaires, nous n'en avons aucune copie, la distribution de laquelle on nous promet de jour en jour, je vous en feray part quand je Tauray. Pour tout livre nouveau, nous n'avons que Septalii Mediolan. commentaria in problem. Aristotelis, in-fol., de Lion*; ils le prisent beaucoup et le vendent jusques à neuf livres. L'autheur en est très sçavant ; avec les trois tomes de la practique de Sennertus et un appendix « de arlhriUde ' », derrière le troisièsme lome, qui est, de morbis ventris inferioris, lequel est le meilleur. Avec l'histoire d'Henri IV ^ par M . du Pleîx. ' , qui est un petit in-foî., fort plein de bonnes choses, il se vend en sa nouveauté six livres. Le Sanctorias in artem Galeni, en parchemin, in quarto, peut valoir quarante sols ; mais je prise davantage son autre livre intitulé : Methodus vitandoram errorum, qui est de cinquante sols, ou environ Je ne manqueray de vous cercher le Piso, de morbis a serosa colluuie ', et l'auray dès demain, s'il

1. Moreau (René). Schola Salernitana, hoc est de valetudine luenda. Adjectœ sunt anlmadversiones novse et copiasse. Parisiis, 16î5; 1673, in-8°. Il y eut un grand nombre d'autres éditions de cet ouvrage. Cf. la note de René Moreau : Lettre du U novembre ÎG.3I.

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