Médecin de Trojes
3. I/Asscmblée du clergé réunie à Paris, consultée sur la question de savoir : si les mariages des princes de sang appelés à recueillir la succession de la couronne étaient valables sans le consentement du
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tenant, on parle d'une fille de l'Empereur, et que par le moyen de ce mariage on feroit une paix générale, qui est bien plus à désirer qu'à espérer. On dit que M. de Bullion veut se retirer et laisser sa charge de Surintendant des finances à M. Cornuel *. On dit que le Roy s'en va vers la frontière de Lorraine, et qu'il laisse icy M. le Cardinal et M. le Garde des Sceaux. On achève le second tome des Conseils de M. Baillou, lequel me semble un peu plus gentil que le premier *. Je vous prie de faire mes trèshumbles recommandations à Monsieur vostre frère, et de me tenir pour celuy qui sera toute sa vie.
Monsieur, Vostre très humble et très affectionné serviteur.
Patin.
De Paris, ce 28 Aoust 1635.
On dit que toute nostre armée de Flandres est dissipée et que les Hollandois sont entièrement occupez à reprendre le fort qu'ils ont perdu tandis qu'ils estoient devant Louvain '. Les Jésuites et autres moynes preschent et
roi et contre sa volonté expresse, s'était prononcée quelques jours auparavant pour la négative (15 juillet). Cf. note : Lettre du 27 octobre i63ft. Le mariage avait donc été déclaré nul.
1. Cornuel, secrétaire du roi et trésorier général de « l'extraordinaire des guerres, de delà les monts» mourut en 1657. Il avaitépousé en secondes noces Anne Bigot si célèbre dans les salons du xviie siècle, par son esprit et son intelligence. On cite d'elle bien des mots qui sont restés. C'est elle qui baptisa du nom « d'Importants » les gens de la cabale de M. de Beaufort, parce qu'ils disaient toujours qu'ils allaient pour une « affaire d'importance », et qui appelait les Jansénistes des « importants spirituels ». C'est aussi elle qui, pour se venger de Mademoiselle de Scudéry qui l'avait représentée dans Cyrus sous les traits de Zénocrite, disait que la Providence lui avait fait suer de l'encre. (Mademoiselle de Scudéry était fort brune).
2. Consilioruin inedicinaliam liber secundus . Ce volume parut l'année suivante, in-4*.
3. Il s'agit du fort de Schcnck, place de grande importance située h la séparation du Rhin et du Wahal, dont les espagnols s'étaient emparés et que les Hollandais s'efforçaient vainement de reprendre. A ce moment-là, la campagne des Pays-Bas était considérée comme maiiquée et on ne songeait qu'à mettre en sûreté derrière le Rliin les troupes dont l'état sanitaire était du reste mauvais.
fiihuincnl en leurs chaires contre les François. L'Archevesquede Malines y a esté fort malade*, le Cardinallnfant * y a fait le sieur de S. Germain son sufîragant ^ lequel, par conséquent, est assuré dudit Archevesché, avec ce, qu'il est premier secrétaire d'Estat dudit Infant.
Edit. de Rotterdam 1695.
— iD. 1725.
1. Booncn (hcques), Archevêque rie Malines depui? 1620. Mort en lG5o.
2. Cf. la note du cardinal Infant : Lettre du U juillet 1635.
3. Cf. la note de Morgues de Saint-Germain : Lettre du 5 mars 1635.
Mss. 935S, roh. 31
LETTRE XXV A Monsieur Belin, docteur em médecine, a Trotes.
Monsieur,
Pour vous lesmoigoer que je n'ay pas oublié îé service que je vousdoibs, ny ma promesse touchant vostreM. Monsaint, je vous envoyé enfin, après beaucoup de temps, (mais ce n'est pas ma faute, puisque je n'ay pu lo taire plustost) copie de l'exploit que l'on a donné audif. sieur, a la diligence de nostre doyen, en vertu de la requeste qu'il a obtenue pour poursuivre telles gens que luy. Je pense que c'est ce que par cy devant vous avez désiré de uioy. Si j'apprends que desiriez autre chose, je tascheray de vous y servir ; au moins, je n'y manqueray pas de bonne volonté. On ne dit pas icydenouvelles dignes devons, sinon que le Cardinal de la Vallctte a battu Galas \ luy a tué cinq ou six mil hommes, et gagné douze canons. On dit que le Roy est par delà S. Dizier °. M. le Cardinal est icy qui prend l'air çà et là pour refaire son Eminence des afflictions qui l'incommodent au corps et en l'esprit, ex deteriori et minus prospéra reriim nostraruin succcssu. On a icy imprimé Ip'5 lettres d'Estat et d'Ambassade de M, du Fresnes Canaye *.
1, Galas ou Gallas {Matliias), duc de Luccra, général au sonice de l'Empereur, ne à Trente, en 1589, mort à Vienne, en H>t7. Aiirès avoir remporte la victoire de Nordlingcn (1031), fut battu devant Deux-Ponls par le Cardinal de la Valette, au moment où il comptait venir prendre ses quartiers d'iiiver en France.
3. Saint-Dizier, chef-lieu de canton de la Haute-Marne sur la rîvo de la Marne, à '20 kilomètres de Vassy.
3.- Canaye (Philippe de la) sieur de Fresnc, jurisconsulte et homme d'État, Ne à Paris en 1551, mort en 1610. Successivement avocat au Parlement de Paris, coPsoiUer d'Ctal soUs llcuri III. ambassadeur
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ambassadeiir ponr le Roy à Venise : il y en a trois lomcs in-folio, dont les deux premiers ne contiennent guère qu'affaires communes du temps; mais le 3'^ est tout ce qui se passa à Venise les ans 1606, 1607, quand le papelPaulV excommunia les Vénitiens '. Ce S'^ est fort curieux. Messieurs les Pères Loyoles ^ furent chassez de ladite ville pour leur infidélité papalinc, et en l'accord qui en fut fait, ih n'y purent estre remis, pour les insignes conspirations qui furent reconnues estre venues par leur''artirices, et par le moyen de la benoistc confession auriculaire, contre la liberté de ladite République ^ Tout le pecus loyoliticuin est furieusement chargé et sanglé dans ce 3*^ toaie, lequel, parcy après^ fournira de bonnes charges contre eux à ceux qui les voudront taxer. On imprime aussi de nouvelles lettres de Balzac,
Je vous baise les mains, à Monsieur vostre frère, cl à lous Messieurs vos collègues, pour demeurer à jamais,
Monsieur, /ostre très humble et affectionne serviteur.
PatW.
De Paris, ce 2 Octobre 1635.
Edit, de KoTTrnDAM 1695.
— iD. 1725.
— Paris IS46.
eh Angletert-e sous Henri ÎV, ai-bilre aut conférences de Ponlaiiicbleau entre catholiques et protestants, puis enfin ambassadeur à Venise (IGOl). Le premier volume des Ambassades, Paris, 16-jo, contient, avec la vie de l'auteur en tète, les pièces ttelatives au procès du Maréchal de Biron.
1. ÎPaul V (Camille Borghcse). Cf. sa note: Lettre du U janvier 1633.
2. Le manuscrit original cl les éditions portent les o Pèt^s Loyoles ». Les anciens éditeurs ont cru devoir corriger le texte et ont écrit « Loyolites ».
3. L'affaire dont parle Patin se rapporte à des faits de mise en jugement d'ccclcsiasliques et de mesures contre l'Eglise, ordonnés par les Tribunaux et le Sénat Vénitiens sans que la Cour de Rome ait été prévenue. La République ayant été mise en interdit par Paul V à la suite de ces événements, le Sénat défendit à tous les sujets ^"éniliens de se soumettre au décret du Vatican. Les Jésuites qui observèrent l'interdit furent bannis à perpétuité.
Mss. 9358, FOL. 3S.