Sciilptor » dans les édit, anlér
bientost '. Je n'en parleray pas à M. Oranger ; j'altendray que vous ayez veu le livre. Le bon homme Oranger qu'ayez connu, n'est plus principal de Beauvais : il s'est marié à sa servante pour la descharge de sa conscience, de laquelle il avoit desjà quelques enfans ; et hœc humanitus coiitingunt
melioribus *.
Je vous envoyerai par cy-après, copie de vos deux thèses, de ma propre main, combien que les originaux seront tousjours à vous et à vostre service. Je n'ay aucune bonne nouvelle à vous mander, sinon la prise entière des isles de Saint Honorât et de Sainte Marguerite par les nostres sur les Espagnols, qui les ont quittées avec plusieurs pièces de canon K Le cardinal delà Valette est en Picardie,vers lequel tendent toutes les troupes de deçà : on dit qu'en Limousin, la Marche, l'Auvergne et le Poitou sont élevées plusieurs
1 On voit que Patin qui prqfessait «ne grande admiration pour Passerai était dans le feu de la préparation de l'édition de son auteur favori. Cf. note: Lettre du 3 mars 1635. L'ouvrage contient, avec les harangues latines du poète, son éloge par Sccvole de Sainte Marthe, et en prose, en vers, en latin et en français, plus de cinquante pages d'éloges en faveur de Passerai réunies par Patin. Sur la garde de l'exemplaire que possède la Bibliothèque nationale, et qui a appartenu à Camille Falconet, on lit un ex dono écrit de la main de Patin en faveur de Pierre Gonlier: Erudito Philiairo et ingenuo adolescenti Pelro Gonterio, Roamce Lugdunensis, aureas hasce Jani Panseratii Prœfationes offert ex animo Guido Patinas Bellovacus, doctor medic. Parisiensis, die Dominica Diva Petro Sacra, 29 Janii 16^2. Au-dessous de la dédicace à GuiUemeau une autre main a écrit : D. Guida Patinas, doclor medicus Parisiensis hanc epistolam scripsit et hune librum sic emendatum, cwn virorum eruditorum de Passeratio elogiis jussit typis mandari. Ce Pierre Confier dont Patin parle alTectueusement à divers endroits de sa correspondance est l'auteur d'un traite d'hygiène publié en 1C68.
2 Grangier (Jean), et non Granger, érudit français, né à Chàlons-sur- Marne, vers 1576, mort à Paris en 1G43. Successivement professeur de rhétorique, principal des collèges d'IIarcourt et de Beauvais, recteur de l'Université en 1611, il fut nommé en 1617 professeur d'éloquence latine au Collège royal. 11 épousa, en effet, sa servante dont il avait eu plusieurs enfants et dut, comme il était diacre, demander l'autorisation an Pape Urbain VIII. Il passait pour le meilleur orateur latin de son temps. On disait de lui, de Marelle, son prédécesseur et de Bourbon. Grangerius dicit; scribit Borbonias ; unus Marcilius doceat ;
3. Une armée navale préparée par Richelieu, commandée par le comle d'Harcourl et par l'archevêque de Bordeaux, Escoubleau de Sourdis, chef des conseils du roi à l'armée et directeur du matériel, était partie de la Rochelle le 10 juin 163G, pour se rendre dans la Mcd*-
troupes de gens, sous le nom de Croquans, lesquels font une guerre aux partisans, et qu'on parle de deçà d'envoyer vers eux pour les appaiser^ Nous n'avons plus rien en la Valteline. faute qu'on aenvoyéde l'argent à M. deRohan", si bien que faute de vingt sept mil escus, nous avons perdu en un jour, ce qui a cousté quarante millions de livres au Roy depuis l'an 1618. Le sieur du Pleix est icy, qui fait imprimer en deux volumes l'Histoire romaine ' de mesme ordre et mesme style que sa françoise : elle commence à la fondation de Rome, et finit après la bataille de Pharsale, laquelle fit Jules César premier empereur. On a icy parlé de la mort du pape*; on ne parle plus de sa maladie'.
terranée, avec la mission de reprendre sur les Espagnols les île? Sainte-Marguerite et Saint-Honorat. Cf^Ues-ci furent attaquées le 24 mars 1637. L'île Sainte-Marguerite se rendit le 12 mai et trois jours après, les Espagnols abandonnaient l'île Saint-Honorat.
1. On envoya le duc de La Valette qui déOt les insurgés à ra Sauvetat-d'Ejmé, près de Marmande. Comme la cour ne s'était pas elTrayée de cette insurrection de paysans, elle la ridiculisa el qualifia les insurgés du nom de a croquants ».
2. Rohan (Henri, duc de), né en 1579, mort en 1638, Pair en 1603, maîfé en 1605 avec la fille de Sully, colonel des Suisses cl Grisons, la même année. Après avoir joué, comme capitaine prolestant, un rôle imporlanl dans les guerres religieuses qui troublèrent la minorité de Louis XIII, il reçut de Richelieu d'importants commandements pl conquit la Valteline pour le compte de la France (1635). Il la perdit malheureusement l'année suivante. 11 n'est pas tout à fait exact que ce scil uniquement, comme le dit Patin, parce que le gouvernement français laissait ses troupes sans argent. Le duc commit une imprudence grave et étonnante pour un esprit aussi expérimenté que le sien. Les troupes grisonnes placées sous ses ordres s'étaient révoltées pour obtenir leur solde arriérée. Rohan abandonna son armée française dans la Valteline pour se rendre au conseil des Grisons. C'était se mettre dans les main? des révoltés. L'insurrection du pays autour de lui, l'approche de deux armées espagnoles lui dictèrent une capitulation qui eut pu, peut-être, ne pas être évitée, mais qui était prématurée, car les troupes françaises n'avaient pas été battues et tenaient leurs positions. Il est fort douteux, dit Bazin, qu'il eul pu gagner la partie, mais il est certain qu'il la livra (Bazin. Hisl. de France sous Louis XllI. P.*.ris, 18'tO. T. III p. 481.)
3. Histoire romaine, depuis la fondation de Po me jusqu'en 1630. Paris, 16.35, 3 vol. in-folio.
4. Urbain VIII {Majfeo Barbcrini), né à Florence le 26 mars 1568, élu pape après la mort de Grégoire XV, le 26 août 1623. 11 ne devait mourir qu'en 1644.
u. « Que de sa maladie » dans les édit. antcr.
Le Roy, son Eminence et toute la cour sont à Ruel et à Saint Germain.
Je vous baise très humblement les mains et à madame vostre femme, avec le désir d'estre à jamais,
Monsieur, . Vostre très humble et très obéyssant serviteur,
Patin.
De Paris, ce 26 may 1637 '
Edit. de Rotterdam 1695.
— iD. 1725.
— Paris 1816
Mss. 935S, FOI. 41.
LETTRE XXXV A. Monsieur Belin, docteur en médecine, a Troyes,
Monsieur,
Comme j'estois lundy matin, 14 de septembre, fort en peine de vous et de vostre santé, et que j'avoîs délibéré de vousescrire exprés pour en sçavoir des nouvelles, vostre lettre dattée du 3 septembre fut apportée céans, par laquelle ayantreconnu que M. Lorabart pourroit cstre arrive, je fus sur l'heure de midy le cercher, et luy ayant monstre vostre lettre qu'à peine voulut il voir, lime délivra vostre pacquet avec tout honneur, m'alléguant que si l'adresse du dit pacquet n'eut esté perdue (com[me] de fait elle estoit), qu'il m'eut envoyé le pacquet plustost, et que je n'eusse eu la peine de l'aller quérir. Je le remerciay bien humblement de sa courtoisie, el luy ayant offert pour le port du dit pacquet, qu'il refusa, m'en revins bien content d'avoir le pacquet, et bien obligé à vous de vostre bon souvenir et de la grande affection qu'avez pour moy, combien que je n'aye jamais rien mérité de semblable envers vous. Le lendemain matin, ^L Denise, nostre ancien amy, m'apporta de sa grâce vostre troisiesme; en voilà donc trois pour lesquelles je vous doibs response. qiiod faciam libenlissiine, et quam potero brevissi/rie. 1" je ne manqueray point de vous envoyer copie des thèses de feu M. vostre père ; 2° je feray de vos pacquets ce que vous me mandez, et l'exécuteray soigneusement, en retenant de chacun d'iceux ce qui pourra servira la deuxième édition, et vous renvoyant le reste de sa propre liasse. Je voudrols bien en res3ompense de tant de peine que prenez pour
moy, pouvoir vous rendre de deçà quelque bon service, et peut-estre que quelque jour nous en aurons le moyen : en attendant quoy, jevous diray que mercredy, 9 de ce mois, est icy morte madame de Longucville ', âgée de trentecinq ans, d'une fièvre maligne, qui l'a prise en revenant de boire les eaux d& Forges \ Le jeune Seguyn estoit son médecin, qui est extrêmement blasmé de l'avoir menée à Forges, et de Tavoir traitée fort mal à propos, comme il a fait et contre le conseil des autres médecins. C'est un coup de barre que la mort luy a donné sur la teste, afin de l'humilier ; non plus, estoit-il trop arrogant. M. de Bussy- Lamet'a esté tué devant la Capelle*,et M. deRambures ' y a esté tellement blessé, qu'on le tient pour mort ; on a néant-
1. Longucville (Louise de Bourbon-Soissons, duchesse de), fille de Charles de Bourbon, comte de Soissons, et d'Anne de Montafié, née en 1602, morte le 9 septembre 1G37 à l'âge de 33 ans, en revenant des eaux de Forges que lui avait prescrites Seguin le jeune. Elle avait épousé, le 30 avril 1617, Henri II duc de Longueville, de la branche de Danois, remarie le 2 juin 1642 avec Anne-Geneviève de Bourbon, sœur du grand Condé, qui fut si célèbre par le rôle qu'elle joua pendant la Fronde.
2. Les eaux de Forges étaient alors très à la mode surtout depuis la cure que Louis XIII y avait faite en 1632 et en 1633. La Gazelle de France, en 1631, avait publié sur elles la petite note suivante qui a toutes les allures d'une réclame du xx" siècle : « La sécheresse de la saison a fort augmenté la vertu des eaux minérales, entre lesquelles celles de Forges sont ici, à présent, grandement en usage. Il y a trente ans que M. Martin, grand médecin, leur donna la vogue. Depuis le bruit du vulgaire les approuva. Aujourd'hui M, Bouvard, premier médecin du roi, les a mises au plus haut point de réputation que sa grande fidélité, capacité et expérience peut donner à ce qui le mérite, vers sa Majesté, qui en boit ici par précaution et presque toute la Cour à son exemple ». Gazelle de France, 2 juillet 1631. Elles ne réussirent pas, comme on le voit à la ducliesse de Longueville, et à la Cour, on reprocha à Seguin de lui avoir fait prendre ces eaux inopportunément. Cf. A^ouueau système des Eaux minérales de Forges, par J, Lnroiwiere, médecin du fioy, 1699. Réédité par le Df Ch. Thomas Caraman. Paris, Doin, 1886.
3. Lamet {Charles de Bussydc), entré dans l'armée en 1622, mestre de camp en 1631, maréchal de camp en 1634-, tué le 10 septembre 1637, au siège de la Capelle.
4. La Capelle-en-Thiérache, chef-lieu de canton (Aisne) sur le plateau de la Thiérache, à 16 kilom. N. de Vervins. Cette ville assiégée par le cardinal de La A'alette, au cours de la campagne de Flandre, fut reprise par lui sur les Espagnols le 20 septembre 1637.
5. Rambure (Jean de), chevalier des ordres du roi, capitaine aux chcvau-légers, tué au siège de la Capelle, Il est cité dans les lettres dQ lyoujs XIII à Richeliei;.
moins fait partir d'icy, dès samedy, deux célèbres chirurgiens sçavoir: Juif et Fromentin, pour le traiter; je n'en ay rien appris depuis. On achève icy les Eloges latins de PapyreMasson ' en deux volumes in-8", avec de nouvelles lettre de Balzac, dont le volume sera mi-party : les françoises seront devant, et les latines seront après. On vend icy THistoire de la république romaine en deux volumes in-folio du sieur Du Pleix. Pendant un mois, j'espère que nous aurons huit volumes du Galien grec-latin de M. Chartier ; il est délibéré* de le vendre tandis qu'il achèvera les six autres.
Je vous baise très humblement les mains, et à madame vostre femme, en demeurant,
Monsieur, Vostre très humble et très obéyssant serviteur.
Patin.
De Paris, ce 16 septembre 1637.
Edit. de Rotterdvm 1695.
— iD. 1725.
— Paris 1846.
1. Ils furent publiés en 1638, par Balesdens ; 2 vol. în-S". Cette édition contient l'éloge de Calvin dont Palin obtint avec peine l'insertion de Balesdens. (Lettre de Patin à Falconnet, du 2'/ mai 1650). L'édition de 1656 contient les éloges de François Miron, le prévôt des marchands, dont le fils Robert Miron, maître des comptes, fut étroitement lié avec notre auteur, et de Simon Piètre, qu'on attribue à Patin (pages 337-386-396405). Ce fait est assuré par Claude Joly. (Becueil de divers opuscules d'Antoine Loysel, t. y. p. 591, et par Colomiès'. (Mélany. histor. Orange, 1651, in-12, p. 82). La marque du style de Patin, du reste, est bien reconnaissable.
2. Délibéré, pour il est déterminé, ij est décidé. — J'ai délibéré de faire cela... (Littré), '"
A BELIN l'^5
Mss. 9358, lOL, m.