Naifvcment, pour naturellement, (Furetière
4. Nicolas Caussin, né à Troyes en mai 1583, mort à Paris le 2 juillet 1651. Théologien ascétique de la Compagnie de Jésus. Avait succédé sur la désignation do Richelieu au Père Gordon — dont le Cardinal était mécontent — comme confesseur du Koi. Mais il ne le satisfit pas davantage que son prédécesseur; on voit les motifs que donne Patin à sa disgrâce. Ces motifs qui allaient contre la politique de Richelieu sont exacts. Ce sont ceux que donna le P. Caussin à son supérieur général. 11 faut y joindre les griefs qu'il formula contre les alliances avec les Turcs contre les Princes chrétiens et avec les souverains hérétiques contre les Princes catholiques. Le P. Sommervogel dit, après Bayle, que le P. Caussin rendit sa charge parce qu'il s'y comporta comme doit le faire un homme de bien. Sonimervog. II. col. 902-'.)27. On possède aux arch. des affaires étrangères (France, 1638) la lettre que le P. Et. Binet écrivit, à ce sujet, de la part du Général de l'ordre au Cardinal et la réponse (vers le 20 janvier 1638) — plutôt rassurante pour la Compagnie — que lui fit celui-ci. Cf. Avenel. op. cit.
5. Sirmond (Jacques) né à Riom en 1559, mort à Paris en 1651. Entre dans l'ordre des Jésuites en 1576. Un des hommes les plus éruditsqu'avait formés cette Compagnie. (Somniervog. VII, col. 1237-1261). Louis XIII le prit pour confesseur, à la place du P. Caussin, en décembre 1637 et s'attacha à lui. Mais peu de temps avant sa mort, le P. Sirmond lui ayant proposé la co-régence du duc d'Orléans, le roi n'hésita pas à s'en séparer. Il fut remplacé par le Père Jacques Dinet, qui a laissé un récit de ses derniers moments. Cab. hislor. T. X.ll,pp. 125 et suiv.
aura loisir de corriger les sottises elles fautes qu il a faites en sa Cour sainte', et principalement au 3° tome. Ce P. Sirmond est un très sçavant homme, mais néantmoins jésuite ; c'est luy-mesme dont parle le cardinal d'Ossat ^ au fait de Marthe Brossier ', l'an 1599 et 1600. Il n'y a icy rien de nouveau ; toute la Cour est à Saint Germain.
Je vous donne le bonjour, et suis.
Monsieur,
Vostre très humble et très obéissant serviteur.
Patin.
De Paris, ce 3 janvier 1638.
Edit de Rotterdam 1655.
iD. 1725.
Paris 1846.
1. La Cour Sainte, ou VInslilulion chrestienne des Grands, 5 vol. in-12, ouvrage édité, pour la première fois, en 162-3. 11 eut un succès extraordinaire et fut traduit dans toutes les langues.
2. D'Ossat (Armani), Cardinal et diplomate français, né le 23 août 1536, mort à Rome le 16 mars 1604. Conseiller au Présidial de Melun en 1588. entra dans les ordres, accompagna P. de Fois, nommé par Henri lli. ambassadeur à Rome, lui succéda après sa mort en 158i et travailla activement après l'assassinat du roi de France à la réconciliation du roi deNavane avec la Gourde Rome. Henri IV le récompensa en le nommant, en janvier 1596, évéque de lennes, conseiller d'Etai en 1597 cl demanda pour lui le chapeau qu'il reçut de Clément VIII le 3 mai 159:». Ce fut un des plus intègres et des plus habiles agents de la France. Cf. Degert, Le Cardinal d'Ossat, (1537-1604) in-8«>. Walter, Paris, 1894.
3. C'est dans ses lettres éditées en 1624, in-fol. et rééditées en. 1697, 2 vol. in-8», en 1707, 1714 et en 1732,5 vol. in-12, que le Cardinal d'Ossalparle de Marthe Brossier. Celle-ci, atteinte à vingt-deux ans, d'une maladie nerveuse, avait couru le monde accompagnée de son père, exploitant sa situation, se prétendant possédée et se faisant exorciser. L'évêque d'Angers ayant découvert l'imposture, elle vint à Paris, où elle prit pour théâtre de ses scènes l'église Sainte-Geneviève. Le bruit se répandit dans la ville qu'elle était démoniaque et qu'elle parlait des langues savantes. L'évêque de Paris nomma pour l'examiner une commission de médecins. Ces médecins, parmi lesquels étaient Riolan, Marescot et Ilautin, contestèrent la possession, proclamèrent la supercherie et conclurent à une névrose. Ce n'était pas mal jugé pour le temps. L'exorciste ayant défié les médecins de se commettre avec le démon possesseur, Marescot sauta à la gorge de la possédée, pendant une de ses crises et lui ordonna de s'arrêter ; celle-ci obéit aussitôt. — On appela d'autres médecinsqui se montrèrent parlisansdela possession, Marescot les réfuta. Enfin le Parlement de Paris, saisi par Henri IV, ordonna de mener Marllic Brossier à Romoranlin et de la tenir enfermée. Mais celte singulièreaffaircqui agita lesesprits au delà de toute mesure, ne finit pas là. Alexandre de la Rouchefoucauld, abbé de Saint-Martin, frère de l'évêque de CIcrmont, conduisit la soi-disanle possédée à Rome, espérant sur ce théâtre lui faire donner librement carrière à ses talents; mais d'Ossat, prévenu, coupa court à toute manœuvre et la fit emprisonner dans un couvent.
A BELIN i^l
Mss. 935S, FOL. 44.
LETTRE XXXA'III A Monsieur Belin, docteur en médecine, a Tbotes.
Monsieur,
Je sçay bien que vous avez toute occasion de vous plaindre de ma négligence ; j'espère néantnioins en obtenir pardon de vous, quand vous considérerez que je nay rien de nouveau digne vous estre mandé, puisqu'il n'y a rien de deçà qui vous vaille, joinbt que l'on m'a donné en nos escholes une charge cette année d'exauiinateur, qui m'empesche bien, et de laquelle je ne seray dépestré qu'à Pasques. Tant de gens me viennent voir et courtiser que j'en suis estourdy, veu que je ne veux, faire à aucun autre faveur que celle qu'il méritera : malia nihilominus sibi deberl piital ojficiosisslma natio candldatorum, comme les appelle Cicéron. Je me resjouys, en attendant mieux, de ce que les loyolistes ne sont pas les plus forts in gente ves- Ira : s'ils n'y peuvent mettre pied ni aile, je loiieray tout ensemble vostre courage et vostre bonheur, et diray, à Domino factum est istiid. On nous asseure icy que Jean de Verth * a esté pris prisonnier par le duc de Veymar ' ; il
1. Werlh (Jean de), général allemand né en 1594, mort en lGo2. Prit une part importante à la guerre de Trente ans, et commanda en 1C34 les troupes bavaroises. En 1636, il envahit la Picardie et ravagea le pays situé entre la Somme et l'Oise. Forcé de battre en retraite, il se retira sur Arras avec un immense butin. Battu à son tour en 1638, par Bernard de Saxc-Weimar, il fut, en effet, fait prisonnier, comme Patin en donne la nouvelle et envoyé à Paris. Remis en liberté sur échange, il gagna la bataille de Dettlingen contre Rantzau (1643), battit Turenne à Marienthal (1645) et, à Nordlingen, sauva l'armée impériale compromise, après la mort de Mercy, le général en chef(164o). La paix de Westphalie (1648) devait enfin condamner au repos ce terrible batailleur.
2. Le duc Bernard de Saxe-AVeimar qui guerroyait en Allemagne,
semble que celte prise nous soit aussi advantageuse que si c'estoit le duc de Hongrie. Je suis du mesme advis que le poëte qui a fait les vers suivans :
Cam Janum veterem clausum tenuere Quiritcs, Florentis signum pacis ubique fuit:
Nalla salas bcllo, pax toto poscitur orbe.
Nos Janum viridem clausimas? ecquid erit?
Je prie Dieu qu'il nous donne une bonne paix.
On espère toujours bien de la grossesse de la Reyne. La paix et un dauphin, ou un dauphin et la paix, seroient les bien-venus. Après ces souhaits en général, je n'en puis faire d'autres que pour vostre conservation et celle des vostres, auxquels tous je baise les mains, et à vous particulièrement, qui désire estre toute ma vie,
Monsieur, Vostre très humble et très obéyssant serviteur.
Patln.
De Paris, ce 10 mars 1638.
Edit. de Bottfrdam 1695.
— tAUdS 1S46.
pour le compte de Louis XIII, avait déjà, en 1G36, -- opérant de concert avec le cardinal de La Valette, — expulsé de Bourgogne les Impériaux, et, celte année 1638, il venait de remporter de nouveau sur eux la - ictoire de Rheinfeld et avait fait prisonniers leurs gér.éraux Jean de Werlh, le duc Savelli et Ekenforlh. Cf. sa note : Lettre du 5 mars 1636.
Mss 935?, FOL. 45.
LETTRE XXXIX A Monsieur Belln, docteur en médegiise, a Tixoycs,
Monsieur,
Je vous aurois fait response par vostre chirurgien lorsqu'il s'en est retourné, n'eut esté que j'avois dans la teste une affaire qui m'empeschoit d'escrire avec liberté à mes amis. Nostre Faculté m'a fait cette année examinateur', dont je me suis acquitté du mieux qu'il m'a esté possible ; nous reçeumes en vertu de cette charge samedy dernier, 27 de mars, neuf bacheliers en médecine "- pro bieniio proximo. Maintenant que je suis deschargé de ce fardeau, je vous diray que pour les' thèses de M. vostre père, ce sera pour cet esté que je les Iranscriray moy-mesme et vous les envoyeray fidellement, ne vous en mettez pas en peine. Toute la cour est icy et à Saint Germain. On espère
1. Les docteurs chargés de l'examen des candidats au grade de bachelier étaient nommés tous les deux: ans, en assemblée générale, le troisième samedi de janvier (art. V des statuts). Le mode de nomination des examinateurs comme des professeurs était le suivant : On désignait d'abord au sort six docteurs, trois choisis parmi les anciens et trois parmi les jeunes. Ceux-ci élisaient à leur tour six docteurs, trois anciens et trois jeunes divisés en deux séries. Chaque série était déposée dans une urne, et les deux premiers sortant de chacune d'entre elles constituaient avec le doyen le jury d'examen.
2. C'était le premier grade conféré par la Faculté. Pour être admis à subir cette épreuve, il fallait avoir trente-deux mois d'études médicales, déduction faite des congés et des vacances scolaires. Les bacheliers continuaient leurs études et faisaient eux-mêmes des leçons, qui se composaient de lectures d'ouvrages des maîtres adoptés par la Faculté. Ces leçons étaient faites dès cinq heures du matin, d'oij leur nom de Legentes de mane. Après cinquante-six mois d'études, le bachelier était candidat à la Licence.
toujours en la grossesse de la Reyne, laquelle n'a encor scnty aucun mouvement de son enfant '. Yendredy, 26 de mars, fut icy exécuté à la Croix du Tiroir % un homme âgé de soixante-six ans, natif de Nérac. qui, par intelligence qu'il avoit avec le duc de Lorraine, avoit, ce dit-on, entrepris un estrange dessein sur la vie de M. le cardinal : il fut rompu tout vif. Le jour d'auparavant on avoit mis dans la Bastille, prisonniers, trois bourgeois qui avoient esté chez M. Cornuel, et l'avoient en quelque façon menacé, sur le bruit que l'on veut arrester les rentes de l'Hostel-de-Ville et convertir cet argent in usas bcUicos : ces trois rentiers se nomment de Bourges, Chenu, et Celoron, et sont tous trois boni viri, optimeqae inihi noti \ Je prie Dieu qu'il ne leur arrive pas de mal. Le chevalier de Jars est hors de la Bastille, à la prière du Roy et de la Reyne d'Angleterre qui ont obtenu cette faveur du Roy pour luy*. M. de Créquy", raarcschal de France, a esté tué dun coup de canon, au
1. La naièsance de Louis XIV ayant eu lieu le 5 septembre 1638, la Reine comptait, alors, quatre mois révolus de grossesse.