A la Croix du Trahoir » dans les cdit. ant
3. Le payement des rentes sur lliôlcl de Ville avait été un peu en retard ^>t le bruit s'était répandu dans le public, comme le dit Patin, que les sommes nécessaires à ces rentes avaient été employée'' aux frais de la guerre. Les rentiers s'en prirent à Cornuel qui fut injurie, menacé. L'autorité intervint et trois des a=sailianl5 tarent mis à la Bastille. Cette afTaire ayant été portée devant le Parlement, elle y avait causé une certaine agitation : une partie des conseillers voulait en effet que les rentiers ne fussent pas inquiétés. Le roi intervint alors et défendit l'assemblée des Chambres par lettre de cachet. Cf. Bazin, op. c((., cl plus haut, la note Cornuel. Lettre du 2C août 1635.
4. Jars {François de Rochcchouart, chevalier de), un des courtisans admis dans finlimitc d'Anne d'Autriche, ami et confident du Garde des Sceaux Ghàteauneuf, .soupçonné d'avoir participé aux entreprises do la Cour contre Richelieu, avait été enfermé à la Bastille (1632). Condamné à mort, il fut gracié sur l'échafaud, au moment d'être décapité. Fit partie plus tard de la Cabale des Importants contre Mazarin. Celui-ci lui a consacre une note secrète dans ses carnets (9'^ carnet). Cf. Cheruel. Hisl. de France pendant la minorité de Louis XIV. T. i, fol. i'd. Note.
o. Créqui (Charles I-^ do Blanchefort de Canaples, marquis de). Volontaire en loO'i, gouverneur de Péronne, Montdidicr et Roy en 1G04-, lieutenant général du Dauphiné, après Lesdiguièrcs, en 1610, maréchal de camp en 1619. il fut nommé maréchal de France en 1621 et fait duc de Lesdiguièrcs dont il avait épousé la fille |cn 1626. Il fut tué le 17 mars 1638, sous les murs de Brème (Milanais) au moment où il s'approchait de la place pour reconnaître la position-
Milannez, le 17 de mais. On dit que les Espagnols perdent et ravagent tout en Picardie ; je ne sçay quel ordre on y donnera, mais on n'en dit rien icy. Le Roy a envoyé en Piedmont M. le comte de Guiche y porter ses ordres* à cause de la mort de M. de Gréquy ; on dit que par cyaprès, M. le cardinal de la Vallette ira. Son Eminence a esté en colère contre la Sorbonne et en a menacé quelques uns de là-dedans : je ne sçay ce que cela deviendra. Samedy, 27 de mars, est icy mort, in œdibiis Sorbonœ, M. Filesac", plus qaam octogenarius, vir magiiœ doctrinx et virtiitum cumulo insigiiis. Il estoit le doyen et l'ancien maistre d' Sorbonne: c'est le vieil du Val 'qui lui succède. On a pendu en Lorraine un jésuite qui avoit des intelligences surStenay avec le duc Charles. Le pape a fait retirer de Savoye un autre jésuite, nommé le Père Monod *, qui avoit rendu la duchesse de Savoye d'inclination toute Espagnole, et a fallu que le pape s'en soit meslé, parce que M. le cardinal et le Roy mcsme n'en avoient peu venir à bout. On dit que Casai * est en grand danger d'estre pris cotte
1. Antoine ÏII, duc de Gramont, souverain de Bidache, comte de Guiche et de Souvigny, ne en 160i, mort à Bayonne en 1678. Parent do Richelieu dont il avait épousé une cousine, il fut fait mestre do camp du régiment des gardes françaises en 1631), lieutenant général en 16il, maréchal de France la même année, chevalier des Ordres en 1661 et créé duc el pair au moment du mariage de Louis XIV avec l'Infante Marie Thérèse dont il avait été demander la main en son nom.
2. Filesac (Jean), né à Paris vers 15.i0, mort dans cette ville en 1638. Recteur de l'Université en 15S6, il était, au moment de sa mort, doyen de la Faculté de Théologie. Il a laissé plusieurs intéressants travaux, d'érudition, entre autres un traité des anciens statuts sur l'Origine de la Faculté de Théologie de Paris.
3. Du Val (And>é), théologien, né à Pontoise en loot, mort à Paris enl638. Professeur de Théologie à une des chaires fondées par Henri IV à l'Université. Il était l'oncle do Guillaume Du Val, docteur-régent de la Faculté de Médecine et Professeur de philosophie au Collège royal, qui fut doyen de la Faculté en 1610.
4. Monod (Pierre), né à Bonneville CSavoie) en 1586, entré au noviciat de la Compagnie de Jésus en 1603. Recteur de la Société à Turin, ses connaissances, son habileté dans les affaires lui acquirent la confiance de la Duchesse Chrétienne de Savoie, sœur do Louis XIII. Celle-ci dut — malgré elle — le sacrifier aux intérêts de la France et au ressentiment de Richelieu. Il mourut détenu au fort d(3 Miollans à Chambéry, le 31 mars lô'ti. — Sommcrvog. Y. col. 1219-1222.
5. Casai, ville forte d'Italie (Piémont), sur la rive droite du Pô, h S4 kilomètres d'Alexandrie,
i:\6 LETTRES DE GUI PATIN
année par les Espagnols, à cause qu'ils se sont rendus maistres d'une ville nommée Brème,*, laquelle nous tenions et qui couvroit Casai : elle nous avoit merveilleusement cousté à fortifier, et néantmoins nous a eschappée par la pusillanimité du gouverneur, qui l'a rendue aux Espagnols avant qu'il y eust bresche ; cela obligera le Roy d'envoyer de nouvelles troupes en Italie, si on veut conserver Casai. En récompense, le duc de Veymar a pris Rtiinfeld", M. le Prince est party pour la Guyenne, M. de Longueville' s'en va en la Franche-Comté, etM.de Chastillon s'en va, à ce qu'on dit, en Flandres. On dit que le Roy est d'accord avec les Hollandois pour dresser une armée navale à laquelle chacun contribue force vaisseaux, et que l'archevesque de Bordeaux sera celui qui y commandera pour le Roy. On dit que c'est pour assiéger Gravelines* ou Donquerque, des garnisons desquelles les Hollandois sont trop incommodez. On dit encore beaucoup d'autres choses que je ne vous mande point, parce qu'elles ne sont pas encor trop certaines ; je vous prie seulement de croire pour très certain que je suis etseray toute ma vie,
Monsieur, Votre très humble et très obéyssant serviteur.
Patin.
1. Brème ou Brema, forteresse située sur le bord du Pô. Elle avait été investie par les troupes espatrnoles. Après la mort de Créqui, la garnison française capitula ; son chef le baron de Montgaillard fut condamné, pour ce fait, par le conseil de guerre à avoir la tèle tranchée.
2. Rheiiifeld ou Rheinfelden, ville de Suisse (Argovie), sur la rive gauche du Rhin à 26 kilomètres d'Aarau.
3. De Longueville (Henri II d'Orléans, duc de), né le 27 avrilloOo, mort le 11 mai 1663. Pair de France, chevalier des ordres, gouverneur de Picardie et de Normandie. Se distingua dans la guerre contre les Espagnols en 1637. Après la mort de Bernard de Saxe- Weimar, il lui succéda dans son commandement en Allemagne. II remplaça, en 16o2, Bouillon en Piémont et termina rapidement la campagne d'Italie. Veuf de Louise de Bourbon, fille du comte de Soissons (voir sa note, Lettre da 16 septembre 1637), il épousa, en 1642, Anne-Geneviève de Bourbon, sœur du grand Condé, née le 27 août 1019, morte le lo avril 1679.
4. Gravelines, ville fortifiée de la Flandre française à 2i kilomètres de Dunkerque.
A RELIN 137
De Paris, ce 7 avril 1638.
Le Roy a fait commandement à MM. les présidents Champron'et Barillon* de se retirer en leurs maisons, comme aussy à quatre conseillers, qui sont MM. Tibeuf% Foucault*, de Salo' et Sévin % pour avoir parlé des rentes
deTHostel-de-Ville.
EuiT. DE Rotterdam 1695.
iD. 1725.
— Paris 1846.
\ . Champron (Jean de). Président aux cnqnclcs, avait (Hé fait conseiller au Parlement le 13 février 1609.
2. Barillon [Jean-Jacqaes), président des enquêtes au parlement de Paris, opposé à Mazarin qui, après l'afTaire du « toise » le fit emprisonner à Pisrnerol où il mourut en Ifiio.
3. Tibeuf (Pierre), conseiller au parlement depuis le 3 février 1624-.
4. Foucauld(C/aude), conseiller au parlement depuis le 30 juilletlG27.