‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 71 sur 260 · LETTRE LU · texte numérisé non relu

LETTRE LU

A Monsieur Belin, docteur en médecine, a Troyes.

Monsieur,

Pour response à la vostre du 20 juillet, je vous diray quant à ce que désire M. Allen, que tels aphorismes n'ont jamais esté imprimez, ny mesmes faicts par Scaliger *. Je sçay bien que ce grand homme en avoit parlé, mais il a toujours eu tant d'autres atTaires qu'il n'en a rien fait. Ce grand lyon a tant eu de petits barbets loyolitiques et autres animaux mordans et courans après luy qu'il a presque toujours esté destourné du bon et ferme dessein qu'il axolt promovendi rem Uterarlain, ejasmodi caliilorum morsibus pêne attrltam. Je vous prie de faire mes recommandations audit M. Allen, lequel je prie très humblement de m'envoyer quelques mémoires de feu M. François Pithou ", afin de luy donner un éloge parmy ceux que je fais, et cntr'autres, Je voudrois sçavoir son âge et sa mort, et mesmes, s'il se peut faire, quelque chose de son testament. S'il daigne prendre cette peine pour moy, il m'obligera fort. Si vous voulez changer vostre livret : De pestilentiel , de Vincent Mu s tel, je vous en envoyerai un

1. Scaliger (Joseph-Jusle), né le i- août 15t0, à Agen, mort le 21 janvier 1609 à Leyde. Philologue d'une immense érudition, professeur à l'Académie de Leyde où il succéda à Juste Lipse (lo93). Voir l'histoire de sa vie et de ses œuvres par Bernays; Berlin, 1855.

2. Pithou (François), frère de Pierre Pithou, né le 7 septembre 1543 à Troyes, mort dans la même ville, le 25 janvier 1621. Avocat au Parlement de Paris et Juriste. A publié des œuvres de jurisjjrudence et d'érudition, entre autres : Traité de la grandeur, des droits, prééminence des rois, et du royaume de France. Trotes, 1587, Paris, 1602,

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aulrc qu'on imprime icv, De plcurillde, el an sit pleuritis, d'un médecin romain, sur le manupscript qu'il a envoyé de Rome. Je n'ay point ouv parler du tout de vostre libraire, dont je suis bien mar\ ; car si je l'eusse veu, j'eusse acliepté ce qu'il avoit d'Eiasme, in folio. Si jamais vous rencontrez le tome des Epistres d'Erasme in-folio, grosses de trois gros doigts (car il y en a d'autres plus petites), acheptez-les hardiment, c'est un livre qui vaut son pesant d'or '. Dès qu'il sera à vous, il vous prendra envie de le garder, car il est d'une bonté inestimable ; celles de Casaubon en approchent, mais ce n'est que de loing. Le Uoy et son Eminence sont à Amiens, qui ont envoyé tout ce qu'ils avoient de noblesse et de garde àl'entour d'eux escorter le grand convoy qui marche pour Arras "'. On dit que nous l'aurons dans quinze jours, et que l'hyver prochain nous aurons une trêve. Dieu nous en fasse la grâce. Je ne sçay ce que j'en doibs croire, mais il me semble que tous les événemens sont bien douteux. Je vous baise très humblement les mains, et à Madame vostre femme et à MM. vos frères, avec protestation d'être toute ma vie.

Monsieur,

Vostre très humble el très obéissant serviteur.

Pati>.

De Paris, ce 2 Août 1640.

Edit. de Kottehuam 1695.

— lu. 1725.

— Paris 1S46.

1. Epislolœ farniliares : Bale, 1538. C'est le recueil de la correspondance d'Erasme avec les liommes ilkulrcs de son temps. Sous ce titre : Opus epistolariim, il parut à Bàlc des t'ditions successives de ces lettres; la première, en lo2y, avec un supplément, en 1532; des rééditions en 153G, 1538, i5iU, 1538, in-fol.. — La bibliographie des auteurs qui ont étudié Erasme est considéral)le ; citons spécialement parmi les contemporains : A. Kerker. 1.S59 ; Plill, 1860; btichard, 1870; Nisard (Etude sur la Henaissance); Durand de Laur. 1892; Drummond, 1873; Neve, 187G; P'eugère, 1877 ; Janssen, 1889; V ischer (Erasmiana) 187G, etc.

2. L'armée espagnole, n'osant attaquer l'armée française qui assiégeait Arras, s'était portée sur ses commutiicalions afin d'intercepter SCS convois. Le Roi et le Cardinal établis de leur côté, à .\miens, faisaient parvenir aux assiégeants les \i\ris cl les munitions qui leur étaient nécessaires et qu'accompagnait une forte escorte de gardes et de gentilshommes. Au devant de ces convois, le Maréclial de La Meilleraye envoyait lui-même de forts détachements de troupes

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Mss. 9358, fOL. 57.

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