Cf. la note de Jacques Mentel : Lettre du U janvier
3. Gassion {Jean, comte de) né à Paris le 20 août 1609, mort le 20 octobre 1647. Gendarme dans la compagnie du Prince de Piémont, en Guyenne, en 162o il servit en 1628, sous le duc de Rohan et sous Gustave Adolplie, en 1631-1632. Mestre de camp dans l'armée française en 163o, maréclial de camp en 1638, se signala en Lorraine et en Flandre et prit une grande part à la Ijataille de Rocroy C16i3). Maréchal de France en 16i-3, à trente-quatre ans, il commanda en cette qualité l'armée de Flandre et de Champagne. Ce grand capitaine opérait en Flandre avec Rantzau, quand il fut tué d'une balle dans la tète au siège de Lens (16i-7).
encor en Flandre, sera bientost icy : c'est signe qu'Aire ne tiendra plus guère, et qu'elle sera bientost rendue aux Espagnols'. Le prince de Monaco ' a vendu et livré sa ville au Roy, où il a lait entrer nos troupes, qui ont coupé la gorge à six cents Espagnols qui y estoient en garnison. Cette ville est entre Nice et Antibes : elle nous donne grand pouvoir sur la mer contre les Espagnols, et principalement sur ceux de Gênes. On donne à ce prince, en récompense de sa ville, un cordon bleu, on le fait duc et pair de France, on luy donne en Provence autant de revenu que sa ville luy valoit, avec quelque argent comptant '. Toute la cour est à S'-Germain et à Ruel : Son Eminence valet pancratice ; Rex vero non ita firmiter. L'archevesché de Reims est donné à l'évesque de Chartres *, et son
1. Patin était, selon son habitude, parfaitement informé. Deux jours après la date de sa lettre, la garnison française d'Aire, après une longue et opiniâtre résistance et à bout de ressources, se voyait forcée de capituler.
2. Monaco (Honoré II Grimaldi, prince de), né en 1597, mort le 10 janvier 1662. Il venait de chasser les Espagnols de sa principauté et de se placer sous la protection de la France. Louis XIIl le fit chevalier de ses ordres et érigea pour lui le duché de Valentinois en duché-pairie. Il lui donna — outre ce duché — le comté de Cardalez, la baronnie de Calvet, en Auvergne, les seigneuries de Baux en Provence et du Buis en Dauphiné. Cf la lettre du cardinal de Richelieu à de Noyers, 18 mars I6U1 (op. cit.) Les lettres-patentes furent enregistrées le 18 juillet. Une copie en est conservée aux affaires étrangères {France, janvier et mai, fol. 451.)
3. Le Roi, Uiciielieu et les contemporains attachèrent à cet événement une grande importance. Dans la lutte acharnée que la France soutenait de tous côtés, il n'était pas indifférent d'axoir sur notre frontière sud, entre le Comté de Nice et la Savoie, une forteresse comme Monaco, et on trouva que la compensation que recevait le nouvel allié du Roi n'était pas exagérée. Le Prince de Monaco ayant été voir le Roi à son camp devant Perpignan fut reçu par lui et la Cour avec de grands honneurs.
4. L'Evoque de Chartres nommé Archevêque de Reims était Léonor d'Elampes-Valcncay qui occupait le siège de Chartres depuis 1633. Cf. sa note. Lettre du 17 novembre 163fi.
évesché est donné ù M. l'Escot, docteur de Sorbonne et professeur du Roy, qui estoit désjà abbé de deux bonnes abbayes, cbanoine de Nostre-Dame, et quod omnium longe optimum, il estoit confesseur de Son Eminence.
Je vous baise les mains, et à Madame vostre femme, et suis.
Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.
Patin.
De Paris, ce o Décembre 1641.
Edit. de Rotterdam 1695.
— iD. 1725.
— Paris 1846.
i-2i LETTRES DE GUI PATIN
Mss. 935S, FOL. 68.