‹ Lettres de Gui PatinChapitre 22 sur 56 · NOTICE SUR GUI PATIN. XXIX · texte numérisé non relu

NOTICE SUR GUI PATIN. XXIX

venir; mais il ne faut pas s’y méprendre, quand il raille la sequelle papimanesque, rien de plus éfident qu'il ne blâme que l'adresse captieuse, la souple habileté de certains membres du clergé, ou les fureurs hypocrites et bouffonnes de quelques prédicateurs. | Dans la première moitié du xvn° siècle, au temps de la Fronde, la corruption des moines et du clergé était portée à un incroyable degré. Dans les rangs supérieurs, on trouvait le cardinal de Richelieu, ce prêtretyran écrasant tout de son pouvoir; Mazarin, trompant et volant sans cesse ; le cardinal de Retz, intriguant avec une hardiesse cynique dont il ne se cache nullement, préchant la révolte avec une soutane criblée de coups d'épée; homme qui dut beaucoup à son bonheur de pouvoir appliquer à de grandes choses le génie des petites âmes, l'esprit d’intrigue; puis au-dessous d’eux , une foule d'hommes se servant de la religion pour aider leur ambition, pour satisfaire leur cupidité , véritables flous de dévotion, comme dit Scarron , qui n’avaient que l'apparence de la foi sans en avoir la sincérité, encore moins l’abnégation. Aussi était-ce à cette époque que Molière conçut et écrivit Tartufe, qui parut quelques années plus tard. Gui Patin a donc pu peindre avec franchise les mœurs cléricales de son temps. Encore s’il n’y avait eu que des préjugés; mais le fanatisme persécuteur n’épargnait pas quiconque pensait avec une certaine liberté, C’est ainsi que Giordano Bruno fut condamné au feu à Venise en 1600, pour son livre, Spaccio della bestia trionfante; que ce pauvre fou Vanini, dont l’athéisme ne fut jamais prouvé , avait été

xXf NOTICE SÛR GCI PÂTIN.

conduit au même supplice après qu’on lüi éut drtaché 4 languë, en 1649. Or, le célèbre autetit des Lettres avait atteint sa dix-huitième année quand lé malheureux Urbait Grändier fut également condätnné au feu bbur satisfaire la basse vengeance de Richelieu. Gui Patin était méme dans la force de l’âge et de la raison quand se pour- . suivit le procès de l’illustre Galilée, Ce fut le 29 jin 1638 que cé grahd homme disait devant Fignofance et la haïte cottjarées : « Moi, Galilée; âgé de soixante-dix ans, ageriouillé devant vous, émrinentisèimks cardinaux, 1rginochio avanti di voi, ete:; » c’est-à-dire qu’il s’avotrait coupable d’être -urt homme incomparable ef d’avoit raison ; car ori le forçait à dire qu& le Mouveinentt de Ia terre devait être considéré conne urië ab+urdité, comme une erreur, torime une héréste. Peytes ptohoria dès cette époque ka sentence de la postérité : C’est Socratë condamné pour la seconde fois. Jamais on h’a hrieux dit sur cette Ignomimièuse persécution, que laüteut des Soirées de Saint-Pétersbourg appelle 8 lestement Fhis: toriette de GaliKe: Eependant qu’on juge tout ce qué de pareïts actes refentissant d’un bout de FEarope x l’autre; deväient produrre à irdignation sur l'esprit irritable, l’ardente imagination et le cœut honnête de Gi Patin.

Maïs; mdépendamment dé ces faits odieux recueitlis par l’histoire pour la lecon des peuples et des rois, of ne saurait croire combien de préjugés, de superstitions; de coutumes ridicules, étranges, atroces même. étdient répandues dans toutes les classes au temps de Gti Patiri. On crovait encore aux sorliléges et anx rraléficés; ke

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