‹ Lettres de Gui PatinChapitre 21 sur 56 · XXVIII NOTICE SUR GUÜL PATIN · texte numérisé non relu

XXVIII NOTICE SUR GUÜL PATIN

arrivé à une foule d'écrivains dans le xvinr° siècle , si bien nommé l'âge critique de la France. Gui Patin était croyant; il ne met jamais en doute les fondements du spiritualisme. 11 est donc très difficile de comprendre ce jugement de Charpentier sur ses écrits : Sunt nonnulla quæ medicum nimis sapiunt. Qu'a voulu dire par là l’obscur doyen de l’Académie française ? Une simple assertion peut-elle donc suffire? Sur quelques points, il est vrai, Gui Patin est toujoursprêt à répéter : Credat judœus apella et non ego ; volontiers il eût dit : « Je pardonne au dogme de l'enfer d’être absurde, mais je ne lui pardonne pas d’être atroce, » mot attribué à La Monnoie, et répété depuis par de l'Isle de Salles, mais il n’en est pas de même quand il s’agit des grands principes religieux. À travers ses boutades son ironie, ses sarcasmes, on reconnait toujours les caudides accents d’un cœur pur et sincère. Avec quelle force il s’élève contre les préjugés, les bassesses, les folies, la corruption! Avec quelle conviction il plaide en faveur de la raison, de la justice et du bon droit! Que de remarques pleines de sens, que d'observations justes, profondes, de railleries spirituelles, de traits fins et mordants, de portraits vigoureusement dessinés! S'il ne plane pas sur ses contemporains du haut d’une sagesse supérieure, il faut avouer ses aperçus profonds sur la société de son temps, et même sur l'avenir; on dirait qu’il a l'intuition instinctive d’un ordre social fondé sur l’égalité des droits devant la loi comme devant Dieu. Que, dans l'explosion de son indignation, il prenne quelquefois l’abus pour le principe, les écarts pour la règle établie, on peut en con-

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