‹ Lettres de J. Raimond, a ses freres les hommes de couleur. Et comparaison des originaux de sa correspondance, avec les extraits perfides qu'en ont fait MM. Page et Brulley, dans un libelle intitulé: Développement des causes, des troubles, et des désastres des colonies françaises [sic]Chapitre 6 sur 6 · ooo à · texte numérisé non relu

ooo à

3,ooo à 100 3oo,ooo.

3,ooo à 66 igS,ooo.

Total 7 ,3gS,ooo.

Remarquez qu'il ne s'agira que de payer chacun sa cote-part dans le courant d'une année ; mais il faut la moitié comptant et le reste en son obligation payable dans le courant de l'année, s'il vous est plus commode de diviser en trois paiemens , faitesle un tiers comptant , et les deux" autres tiers à époques égales. Que je vous fasse ici une simple observation , et la voici. Si IL y a 18 MOIS QUE JE VOUS ÉCRIVOIS FOUR AVOIR DES SOMMES A OFFRIR A LA

nation , vous eussiez fait un effort , et que vous- les eussiez effectuées, vous eussiez obtenu ce que vous demandez, vous auriez eu des députés à l'assemblée nationale ; car comme vous le verrez , le rapport du comité étoit pour nous en donner deux, et assurément, vous n'eus-

i y) J?. vous f adresse. Cet homme est M. Mahon , qui vous remettra mes dépêches et mes imprimés que je vous ai annoncés, i°. Ce Monsieur a une pacotille dont il faut que vous lui aidiez à se défaire , en achetant de lui tout ce qu'il vous faudra. Assurément si vous vous entendez tous , vous pourrez la prendre entre vous tous. Vous lui dè-vtz à plus d'un titre la préférence, ainsi que l'hospitalité , de manière qu'il ne fasse point de dépense dans le pays , en lui fournissant tout ce qui lui sera nécessaire , afin qu'il ait son bénéficie clair sur sa pacotille, et ensuite une commission, sur les sommes que vous ferez; passer ici, i°. M Pour subvenir aux frais dim-

mes de couleur à celle des colons blancs ; les premiers veulent faire des sacrifices énormes, pour se procurer les moyens d'offrir à la nation une somme considérable , et se donnent les pins grands toufmens pour y réussir 5 les colons blancs , au contraire , se remuent de toutes les façons pour arracher à la nation des sommes immenses. Si en se rappelle qu'au coiïir.icncaîient de la révolution , en octobre 17S9 , les hommes de couleur paraissant la première fois à l'assemblée nationale pour réclamer leurs droits , rirent alors au nom de leurs frères , l'offre patriotique de ces six millions 5 que les colons blancs , au contraire, loin de venir au secours de ]a nation pendant leur plus grande opulence , ne eessoien't de réclamer des secours de la France , alors qu'ils 11'avoient encore rien souffert : ou pourra juger de leur patriotisme.

(«) MM. Page et Brulley ont supprimé ces quatre mots : pour votre dozi patriotique. Pour pouvoirme calomnier , ensuite, en diaantplus bas : que j'ai fait sur les mulâtres une spéculation mercantille*

siez pas éprouvé tout ce que vous avez pressions et récompenser les écrivains qui

éprouvé de pertes et de désagréments, et se sont montrés pour notre cause les plus

ce n'eût pas été trop payer la sûreté de zélés défenseurs.

vos vies et de vos biens , ainsi que de vo- M. Mahon aura de moi des instructions

tre liberté, en faisant- un aussi léger sîicrï- particulières-, (a) sur la marche qu'il aura à

fiée -, que celui que je vous propose. Que tenir, tant pour l'objet de sa pacotille, que

cela vous serve donc d'exemple. pour nos affaires ; je vais seulement tra-

La dernière lettre de M. Brissdt à M. cer le plan de contribution à établir en-

Barnave ,. a valu le dernier décret de l'As- tre toute la classe des hommes de couleur

semblée Nationale ; qu'il sera envoyé des dans laquelle je comprends, comme il est

commissaires dans les colonies, avec 6,000 juste, les nègres libres, hommes de troupes et des vaisseaux; les La classe des citoyens de couleur , s'é-

pr ern.it: rs pour prendre connoissance de lève à trente mille individus. Je n'en sup-

10 ut et en faire leur rapport à l'Assemblée pose que la moitié en état de fournir à {bj

Nationale, et les autres pour maintenir une contribution quelconque, et je fais

Tordre et la paix. L'Assemblée Nationale ainsi la distribution..

a décrété en outre que les colonies n'é- Trois mille personnes, à i5ool. 4,500,000..

tant pas assez, éclairées pour faire ( comme Trois mille personnes à 600 L 1,800,000.

elles- l'avoient prétendu) leur constitue Trois mille personnes à 200 6-00,000..

lion et leurs loix intérieures , FÂssemMêé T rois m Jle personnes à 100 3oo,ooo.

nationale alioit, pour les aider, décréter des Trois mille personnes à 66 • 190,000.

instructions , qu'elles suivroient, et qu-après l'Assemblée Nationale décideroit en dernier ressent.. Voilà donc votre sort en bonnes mains , puisqu'il est entre celles de l'Assemblée Nationale, ce n'est

DONC OU'JCI,. QpE VOUS POUVEZ OBTENIR JUSTICE , ET ON EST DISPOSÉ A VOUS LA

ïiendRE ; mais mes chers compatriotes, ne vous endormez plus sur mes avis , eroyez-moi , je suis sur les lieux et vois ce qu'il y ai faire , et si vous ne vous en rnp-

Total 7,898,000.

(a) MM. Page et Brulley ont cherché à donner des soupçons sur ces instructions particulières : eli bien ! elles ont été trouvées , ces instructions , par des blancs , exécuteurs testamentaires de Mahon mort aux Cayes du fonds. Elles portoient la manière et le prix qu'il de voit Tendre ses marchant dises et la manière de faire les recouvre-

mens des sommes qu'elles auraient produites.

portez pas à moi qui soutiens tout aujourd'hui, n étok bien nam/el dfi donaei. £es instruc„

envoyez-moi quelques, collègues [adjoints , et Us tions à eeiuic[Ui n>avoit jamais été dans les

agiront avec moi. colonies , il est également naturel que j'aye

Depuis le décret du 8 mars , et les ins- donné dans ces instructions particulières .-

éructions du 28 du même mois , M. de ]e nom des personnes de couleur à qui il

joly a abandonné notre cause et n'a plus devoit s'adresser dans la- partie du Sud , où

rien fait pour elle (6). .M M. Brissor, l'abbé ilallok, pour y faire faire la souscription, etc.

Grégoire^, Pétion de. Villeneuve ,.è-t Gla* (£) Aestiàdetropaiii'eiit pas dans l'original.

1 4 JtL-^^ ■' -WKÊÊÊÊÊ

vière sont les seuls, comme vous le verrez par les imprimés que je vous envoie», qui. ont continué à défendre notre cause avec un zèle incompréhensible ; ma ioiblc plume n'est occupée qu'à leur fournir desnotes et des idées , et vous le verrez par la citation du digne Labadie. Vous devez regarder ces hommes rares en vertus et en talens ( car rhn n'est plus fort de choses , que les lettres de M. Brissot et l'abbé Grégoire ) comme vos plus chauds défenseurs, et à ce titre vous sentirez ce que vous leur devez. Ce n'est assurément pas l'intérêt qui les guide , car ils ne m'ont jamais rien fait pressentira ce sujet, m?.\& vous devez sentir ce qu'ils méritent. Les quatre ouvrages qui ont le plus fait d'effet à notre cause , sont la leiire de M. Brissot, celle de l'abbé Grégoire aux philantropesT le discours de M. Petion , et les dernières réflexions de M. Brissot sur le décret du 12 octobre dernier. Voyez de quelle force sont ces écrits , et vous verrez quels défenseurs vous avez.

Ici je dois vous répéter ce que Joutes mes lettres contenaient. Toujours la tranquillité,' point d'insurrections , votre cause est trop bonne pour la soutenir par des voies de fait , qui ne. font qu'aigrir les partis. Disputez de vertus avec les blancs : surpassez-les en patrietisme et clans Us vertus morales. Persuadezvous qu'il n'y a aujourcï'uui de distinctions que celles de l'homme vertueux et de l'homme vicié ; écrivez donc à tous nos chers frère? de continuer à lien se comporter et pratiquer toutes les vertus , ne cessez de leur écrire et multipliez vos lettres à tous -, exhoitez-vous les uns et les autres , et faites en un met quêtes commissaires qui vont aller dans 'es colonies T trouvent notre çlassx malheureuse ièl'le

rïsmmm*

que je l'ai peinte. Imaginez f effet que fera leur rapport à ï 'assemblée nationale , lorsqu'ils, lui apprendront qu'ils vous ont trouvés accables de vexations , d'humiliations , et toujours bons citoyens , aimant votre pairie et prati^ quant les vertus. Ah ! mes chers compatriotes , que ne puis-je f ail e passer dans vos âmes les délices que goûte déjà la mienne d'avance , du compte que les commissaires rendront de notre classe? Faites que je ne sois pas trompé dans mon attente (a). Vous êtes noircis ici par les blancs , qui disent que vos mœurs et vos lumières n'offrent rien c$égal à l'univers conuu , et que vos moindres vices , c'est d'être nés du concubinage le plus dissolu. Cette affreuse diatribe se trouve dans un écrit des membres de l'assemblée de Saint- Marc , [b) ouvrage qu'elle a donné il y a deux jours.

J'y airépondu ; et mon ouvrage. va s'imprimer à 3ooo exemplaires , si je puis trouver de l'argent pour le faire imprimer.

Je reponds, que pour vOs lumières , si en général elles ne sont pas plus étendues, c'est aux blancs à qui il en faut faire le

(ffl)'Telle est la morale que j'ai constamment prèchée dans toutes mes lettres , et cependant , MM. Page et Brulley m'accusent d'avoir porté les hommes de couleur à la révolte , de leur avoir fourni des armes , en un mot , d'être l'instigateur de tous les troubles de cette colonie. Si les colons blancs eussent fait- seulement là millième partie de ce que j'ai fait et écrit pour maintenir la paix dans les colonies , jamais elle n'y eût été troublée , et nous ne gémirions pas aujourd'hui de ses désastres.

(b) C'est l'archevêque Thibaut.

(ï ï) Dans l'état actuel des choses , êteîvous assurés de vos biens ? (12) (</). Je n'ai pas besoin d'animer votre zèle, -[h) je le connois assez pour espérer que la demande (c) que je fais ne sera pas infructueuse , en vous procurant des moyens de ramasser des fonds pour faire face ici [d). (i3) Les colons blancs n'ont cessé de vous présenter ici cœmme des êtres avilis et sans possecsioas , tonjeurs prêts à vous soule-

(a) Ils ont supprimé ici la suite.

(£) Ils ont supprimé le mot patriotisme qui suit le mot zèle.

(ç) Il y a démarche , au lieu de demande j ce qui change torit.

(d) Il y a dans l'original , pour faire face à tout ici , ce qui comprend le don patriotique et autres dépenses mentionnées dans ma lettre.

reproche, puisqu'ils vous ont été tous ver contr'eux avec les esclaves (14). Mars, moyens tic vsus instruire, en faisant dé- nies chers compatriotes, vous vous riéfenfense d'envoyer en "France vos enfans {ri) : driez (rt)"bien mieux par vos actions , que pour le vice de la naissance qu'ils nous par ma (bible plume.

reprochent: je disque c'est encore à^eux Au reste ( écrivpit-il aux mulâtres de à en subir la peiae , s'il devoityen avoir; Saint-Domingue le 4 mars 1791, enhur decar , dis -je , quel est le plus coupable, mandant «ne contribution de 7,3g8.oool. ou de celui qui vit en concubinage, ou et le paiement de 25, 000 liv.de lettres de de l'innocent à qui il donne la vie ? Quant change qu'il avoit tirées sur cinq d'entr'eux aux mœurs , dis-je, nous naissons sans pour frais d'impressions,) si j'étois assez vices; et p: nous en :vons, ce ne peut malheureux pour n'avoir pas voue conçue que des blancs de qui nous les te- fiance dans l'emploi de ces fonds, je vous Bons (14); MAIS, MES chers compa- supplie de vouloir m 'adjoindre quelqu'un. triotes , vous vous défendrez bien H est nécessaire que pour" un'e affaire sussi mieux par vos actions, QUE par MA majeure, il y ait ici plusieurs des noires , FOIBLE plume. Nous ne sommes pas personnes de couleur de confiance. Mais maîtres de notre naissance , donc on ne je vous préviens qu'il sera onne peut pas petat nous la reprocher ; et l'esprit plus nécessaire qu'ils paraissent ici d'une philosophique qui règne en France ne certaine manière, qu'ils aient au moinsune fait plus de crime à celui qui n'est pas voiture. 11 faut qu'ils puissent,sans afficher né de telle manière. Nos lumières, hélas! Je luxe de la table , donner à dîner à bien elles ne dépendent que de l'éducation des personnes , soit de celles qui. pourqu'on donne aux individus ; ainsi cela est ront écrire , soit à celles dont l'opinion encore hors de notre pouvoir , jusqu'à un peut influer sur le général. Je ne saurais certain point. Mais nos mœurs, nos vertus tr0p vous ie répéter. Tout cela est nêcesdépendent de nous: on peut et on doit sairs , et je vous avoue que sans toutes ces être honnête homme, bon père , bon ami , choses de ma part, js n'aurais, pas trouvé bon frère , bon patriote , humain ; enfin , des soutiens et des appuis à notre cause, réunir touteslcs vertus. Toutesccs qualités Fjn de £om £ç ^^ dU de ^lettre ,

.vous pouvez vous les donner, mes chers ,,,v, D " „ ,,

' AiM. ra^e et oruncy.

compatriotes; ctj'espère que, puisque c'est

là le seul côté par lequel on peut vous at- (fl) n y a ^ -g p0,ighmi défendrez au Iieu taquer, vous vous rendrez invulnérables de d(sfeJldriez ? Ce qui présente un sens difTé-

(a) Telles étaient les loix dures qui ré- (h) Ce paragraphe est ce qu'il y a de plus

gissoient les hommes d3 couleur, et les atroce; remarquez avec qu^e perfidie , avec

Colons blancs veulent faire croire que ce quels soins, quelles pein^MM. Page et

sont ces mêmes hommes de couleur qui ne Brulley ont été prendre dans di'fférens en-

veulentpas de la révolution. A qui pourront- droits pour composer cette diatribe. ils le persuader ? (c) il y a pour faire toutes les courses.

ft

e ce côté , kl hors de tout reproche.

Dans une de mes précédentes , tvès-détaillée , je vous faisois observer qu'il y avoit toute apparence que la présente législature de France ne jugerait pas notre affaire, mais que la prochaine lé ferait. J'en suis plus que convaincu, d'après le dernier décret qui envoyé des commissaires dans, les Colonies. Vous jugerez , qu'avant leur mission remplie et leur retour, il s'écoulera près de huit mois. 11 faut donc à cette époque que nous soyons prêts ici ; et vous n'avez pas de tems à perdre pour les députés que vous aurez ,« envoyer , ou à nommer légalement ; pour faire passer des fonds , pour suivre avec plus de fruit que nous n'avons jamais fait, notre affaire; pour pouvoir faire faire beaucoup d'ouvrages , et les faire distribuer avec profusion. Ce n'est que par ce moyen que l'on parvient à éclairer les esprits et former l'opinion publique, si essentielle à fixer pour notre cause que nos ennemis ont confondue avec celle des esclaves, j'ai tiré sur plasieurs de vous pour une somme de vingt-cinq mille li vres tournois pour tous les frais seulement qui ont été faits jusqu'à ce jour , et pour lesquels je me suis rendu caution. J'espère que vous ne serez pas assez injusi-es pour nie faire supporter ces frais, et les ajouter encore à tous ceux que j'ai été obligé de faire en mon particulier depuis sept ans , tant pour mes voyages, changemens de domicile , ventes de meubles, rachat d'autres et tout ce qui s1 ensuit. J'ai doac tiré, pour être .réparti dans toute la Colonie , 5ooo hv. tournois sur Louis Boisrond, autant sur •Labadie., autant sur Bourri aux Cayes ,

Pour répondre à toutes les calomnies, de MM. Page et Brtiliey1", je fais imprimer toute ma cor; -spondance avec les réponses de mes c.mimettans et les pièces qu'ils m'ont -envoyées. Avant tout, je demanderai à ces messieurs, qu'ils disent quelle mission ils ont eue de l'assemblée coloniale , et qu'ils mettent comme moi toute leur correspondance au grand jour. - -

Pour moi, j'offre de prouver par celte même correspondance, i°. que dans tous mes écrits , privés et publ.es , loin d'avoir . provoqué les citoyens de couleur à pren-. dre les armes contre les colons blancs , comme m'en ont accusé les citoyens Page. et Brulley ; je n'ai cessé au contraire de les exhorter à la paix,, à la patience et à l'obéissance aux décrets nationaux. Qu'en effet, les hommes de couleur ont toutsouf- "fert, et ont teujours su contenir leurressentiment, pour ne pas entraîner la Colonie à sa perte. ,

2°. Que les premiers germes des troubles de Saint-Domingue y oat été portés* par une lettre des coions députés à l'assemblée constituante; lettre écrite de Versailles en août 1789; que les premiers troubles n'ont commencé que par les différends qui se sont élevés entre les blancs eux-mêmes, et par k'ur peu de politique et de précautions à l'égard de leurs esclaves ; qu'à cette époque , les citoyens de couleur demandoient avec soumission aux différentes assemblées des paroisses ds participer à la régénération des Français ; qu'ils furent indignement traités pour y avoir prétendu.

3°. Que les colons blancs, et les dif-

&ur

'éagmfouÏMiiÈtmM *

sur Benoit midi aux Cayes de Jacmcl , autant enfin sur les fières Lativoire à Baynet. J'espère que vous vous arrangerez de manière à ce que ces lettres de change soient acquittées; car si elles ne l'étoicnt pas , Je vous t'avoue avec regret , ce serait perpétuer l'idée que les blancs ont voulu donner ici de notre classe ; et vous Be trouveriez plus ni défenseurs , ni solliciteurs. Je me suis appuyé pour tirer ces traites ,.de votre dernière , qui me dit que vous allez vous assembler pour me faire l'envoi d'une somme pour suivre notre affaire. Au reste . si j'étois assez malheureux pour n'avoir pas votre confiance dans l'emploi de ces fonds , je vous supplie de nouveau de voulsir m'adjoindre quelqu'un ; je vous le demande même en grâce ; et vous ne pouvez vous en dispenser, (a) Il est nécessaire que pour une affaire aussi majeure il J ait ici plusieurs des nôtres, personnes de confiance. Ainsi , ne négligez pas cet avis ; mais je vous préviens qu'il sera on ne peut pas plus nécessaire qu'ils paroissent ici d'une certaine manière ; et qu'ils ayent au moins une- voiture ; car à toutes les courses qu'on a à faire , en ne sauroit y tenir. Indépendamment de cela, il faut qu'ils puissent, sans afficher le luxe de la table,, pouvoir donner à dîner à bien des personnes, soit de celles qui pourront écrire , soit à celles, dont l'opinion peut influer sur le général. Je ne saurais trop

(a) Est-ce là le langage d'un homme qui eonnoit le prix de l'or , et qui- veut fane sa bourse , ainsi que le -veulent faire entendre MM. Page et Brulley ?.

férthtes assemblées coloniales, depuis 1» révolution , n'®nt cessé de vexer et tyranniser les citoyens de couleur ; que ces mêmes assemblées coloniales se sont toujours opposéîs,par les moyens les plus violens , à l'exécution des décrets nationaux qui accordoientaux citoyens de couleur la joujssance des droits que la nature d'accord avec les loix, leur donaoit ; que les députations des parties du nord et de l'ouest à l'assemblée coloniale, veuloierat lui faire prendre ur. arrêté pour faire égorger tous les citoyens de couleur ; que cette motion violemment appuyée par ces deux députations , n'a été adoucie que par les craintes qu'a fait naître la députation du sud; de pousser ces hommes à bout, étant en bien plus grand nombrs dans cette partie , que les blancs.

4°. Que les premiers assassinats commis à Saint-Domingue , l'ont été par les blancs sur leurs semblables , et ensuite sur les hommes de couleur; que le général Blanchelande , d'accord avec l'assemblée coloniale du Cap , faisoit sans cesse les proclamations les plus incendiaires et les plus virulentes contre les citoyens de couleur ; que. Blanchelande et cette même assemblée coloniale se sont opposés à la loi du i5 mai; qu'ils ont osé faire des menaces de sacrifier, la colonie plutôt que de s'y soumettre.

5°. Que ce n'est que la mauvaise foi , l'orgueil et les vues criminelles d'indépendance des Golons blancs , endettés , ruinés et contre-révolutionnaires ; leur refus d'obéir aux décrets nationaux , en méconnaissant l'autorité nationale exprimée par l'organe des représentai du peuple ; en se permettant enfin de vouloir inter- G

sy (

vous le répéter: tout cela est nécessaire, prêter leurs décrets du 54 mars 1790; 'J'ai remis à l'un des commissaires pour qu'ils ont conduit la colonie à l'état malles colonies , des notes qui serviront à heureux où elle se trouve. notre cause , pour laquelle il est favora- 6°. Que rassemblée coloniale du Cap , blement prévenu; car, comme moi, en a appelé les Anglois dans la Colonie; 1785 et 17S6 il adressoit des mémoires à qu'elle s'est parée des couleurs de cette M. le Maréchal de Castries en faveur des nation , et ce à l'époque du refus qu'elle gens de couleur de Cayenne , où il. étoit faisoit d'obéir à ia loi du i5 mai. alors au conseil. Vous voyez que je ne Que les hommes de couleur au connéglige rien pour notre cause commune, traire , n'ont cessé de manifester leur vœu et que je saisis toutes les occasions pour pour rester inviolablement attachés àïa la servir. C'est à M. Brissot à qui je dois France , de se soumettre avec résignation la connoissanes du commissaire appelé à tous les décrets nationaux; denerecon- M. Lescalier , le plus parfait honnête noître d'autre autorité' que celle de lashomme que je eonnoisse. A ma première semblée nationale, et de se dévouer en entrevue je lui donnai les raisons les plus entier au salut de la patrie qui les régéfortes pour prouver le droit des gens de néroit ; qu'ils ont donné plusieurs fois couleur au rang de citoyen actif. Il m'in- des preuves de ce dévouement, notarnterrompit, en me disant que je prêchais ment après la journée du 23 décembre un converti , et qu'il l'étoit , depuis qu'il I7§2 , après avoir été attaqués et fusillés connoissoit les colonies. au Cap , à l'improvistc par les blancs ;

Je reviens , pour une dernière fois , au le lendemain ils ont volé pour combattre don patriotique et au MOYEN de l'ef- les révoltés qui marchoient sur le Cap ; FECTUEti. M.Mahon , ojji passe A Saint- et que les blancs ont refusé d'y marcher. Domïngue exprès, et qui, comme je Finalement, de faire observer que les vous l'ai dit, laisse sa famille et aban- citoyens de couleur, toujours de bonne donne sa mais©n de commerce pour ce fsi , se sent empressés plusieurs fois; de projet, doit être dédommagé [a) ample- venir jurer aux représentans du peuple ment de tous les sacrifices qu'd fait , et qu'ils oublioient toute haine et tout resqui sont beaucoup plus censidérables que sentiment contre les colons blanct , pour vous ne pensez. D'après cela, j'ai donc ne s'occuper que du salut de la chose pensé que vous ne pouviez vous dispenser publique; que tous mes écrits ne leur

prêchoient que cette morale ; que les

.,__ .... hommes de couleur dans les colonies ont

(o) Après une déclaration aussi formelle Ï>X1S » d'eux-mêmes, une infinité d'arrêtés

et aussi souvent répétée dans cette lettre sur tous tendant à prouver leurs intentions

le don patriotique , comment MM. Page et à ce sujet, ce que les colons blancs n'ont

Brulley ont-ils pu chercher à persuader que jamais fait.

l«s sommes demandées étoient pour une autre Que les citoyens de couleur, quoique aestmation ? moins riches que les colons blancs , ou-

»". ci

de lui donner une commission sur la totalité de la ^contribution dans la proportion suivante : dix pour cent sur les deux premiers millions; cinq pour cent sur les deux seconds , et deux et demi pour cent sur les deux derniers.

(7) Par mon dernier plan, je vous propose de diviser la contribution en trois parties : un tiers comptant ; sur ce premier tiers , vous payerez la commission de dix pour cent comptant à M. Mahon, le second tiers de la contribution payable six mois après le premier : et à cette époque , la commission de cinq pour cent sera payée à M. Mahon. Le troisième tiers payable un an après le premier; et à cette époque , sera payée la commission de deux et demi pour cent à M.

Mahon. Observez que cette commission sera prélevée sur la totalité de la contribution.

Le seul moyen d'exécuter cette contribution, c'est de faire, dans chaque quartier, une liste de ceux qui doivent payer i5oo livres , leur demander deux obligations de pareilles sommes ; et quand Vous aurez les obligations de chacun, un d'entre vous se chargera de les déposer entre les mains du général , en lui écrivant une lettre dans laquelle vous le prierez défaire connaître officiellement à rassemblée nationale votre acte de patriotisme , qui , sûrement sera accueilli , comme il le mérite. Quant au tiers comptant, vous pouvez ou l'envoyer , ou le remettre au général ; c'est comme vont t'aviserez ; mais je veus observe que sur cette totalité vous devez trouver la commission de M. Mahon , dequoi ensuite témoigner votre reconnoissance à vos défenseurs , ainsi que les frais de vos frères»

bliant leurs" pertes et leurs malheurs , ont offert à la nation un don patriotique , qui se fût effectué depuis long - tems , sans toutes les entraves qu'y ont apportées les blancs , en empêchant toute espèce de communication entre les citoyens de couleur.

Que les hommes de couleur, enfin, ont formé entr'eux en France , un corps de troepes pour voler au secours de nos frontières dans un moment pressé; que ceux que leur âge empêchaient de suivre un si beau mouvement , ont contribué par des dons patriotiques à la formatioa de ce cerps qui sert , avec distinctiem , dans ce moment dans la Vendée ; que les colons blancs au csntraire n'ont cherché, sous différents prétextes, qu'à tirer dès sommes immenses de la nation; sans jamais venir à s©n secours , ni en hommes , ni en argent; ils ont même refusé de faire le sacrifice de leur orgueil , qui eût sauvé les colonies.

WÊÊ

vmm

( 2° ) Vosi savez ce que je vous ai dit dans toutes aies lettres.

Cette lettre sera vraisemblablement précédée par une autre de moi que Messieurs les commissaires nommés pour aller rétablir Tordre dans les colonies , m'ont demandé de vous écrire ,'âvec promesse de vous la faire remettre par la voie du général. Ce sera une circulaire tendante à vous engager de continuer de vous montrer , ce que vous avez toujours été , amis de f ordre ,de la tranquillité et bons patriotes* Je vous embrasse , etc.

P. 5. Un nouveau libelle des colons blancs vient de m'être remis , il est signé ,, l'archevêque Thibaut. Ce second libelle a été fabriqué et calqué sur celui de MM. Page et Brulley. En prouvant , comme je viens de le faire , la mauvaise foi et la perfidie de ces deux derniers , c'est prouver également celle du dernier.

On vient de voir quels moyens ces MM. avoient employés pour m'inculper; EN ALTÉRANT, tronquant , transposant méchamment , des passages d'une de mes lettres ; en ajoutant même plusieurs mots , quand ils en ont eu besoin pour leur perfide dessein. Telle a toujours été la mauvaise foi des colons blancs , mes adversaires , dans tout ce qui concerne les colonies. J'observe que dans le» deux volumineux libelles de ces colons blancs, ils n'ont nullement répondu à tous les faits consignés dans tout ce que j'ai écrit sur l'origine des troubles de iaint-Domingue. La raison est simple , c'est que tout ce que j'ai avancé est prouvé pat des pièces, originales déposées au comité de marine.

Voyez mon dernier mémoire sur lès causes des troubles de Saint-Domingue adressés à ce comité dans les premiers jours du mois de juin dernier , et que les colons y répondent cathégoriquement , ainsi qu'à tous les faits consignes dans tout ce que j?al écrit.

rlwrtiiii*! inmiir iti

G O R RESPO ND ANC E

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