‹ Lettres de Jean CalvinChapitre 20 sur 44 · A UN NOUVEAU CONVERTI · texte numérisé non relu

A UN NOUVEAU CONVERTI

Minute originale. BIU. de Génère. Vol. 107 •.

La dilection de Dieu nostre Père et la grâce de nostre Seigneur Jésus-Christ soit et demeure tousjours sur tous par la communication de son Esprit.

Très cher frère , je loue nostre Seigneur de ce qu'il vous a réduyt a la pure et simple cognoissance de sa vérité , vous délivrant des erreurs où il permet les siens mesmes tomber quelquefois, afin de les humilier. Maintenant advisez de cheminer en ceste simplicité de la Foy, affin que Dieu vous y conforme de plus en plus, et qa^estant uni en ce monde avec nostre chef Jésus-Christ , et estant membre de son corps, comme il a pris nostre chair,

* Lettre sans indication de personne et d'année.

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affîn d'avoyr plaine TraterDité aTec nous , et vivant en Tobéissance de son Evangile qui nous enseigne de chercher en luy tout nostre salut, vous parveniez à la vie qui est promise aux fidelles, en attendant qu'il nous resuscite tous ensemble à sa gloire : comme il nous fault avoir espérance que cependant que nos corps dorment en terre, que nos âmes vivent avec luy.

Au reste quant à la question que vous me demandez, assavoir s'il n'est point licite à ung homme chrestien de communiquer à la Gène de Jésus-Christ qui se faict au lieu où vous estes, la responce seroit facile que ouy, moyennant qu'il y eust Gène de Jésus-Ghrist. Mais quant vous aurez bien tout regardé , il n'y a nulle conformité ny similitude entre la Gène et la messe papalle, non plus qu'entre le feu et l'eau. Il est vray que les ordonnances de Dieu ne peuvent estre empirées par la malice ny ignorance des hommes. Mais je vous nye que Jésus-Ghrist ait institué la messe, mais plustôt comme en dépit de luy elle a esté forgée de Sathan, affin de destruirela saincte Gène, car c'est une chose toute contraire, d'aultant qu'ils en font un sacrifice , attribuant à un acte follement inventé la vertu de la mort et passion de Jésus-Ghrist. Il yad'avantaige des ydolatries manifestes, non-seulement en ce que le pain y est adoré , mais qu'on y prie pour lestrespassés, qu'on a son refuge au mérite et intercession des saincts , qu'on y faict beaucoup de choses semblables , que Dieu repousse. Parquoy il n'est non plus permis aux fidelles de communiquer à une telle superstition, qu'il estoit anciennement de sacrifier en Béthel. Gar cela contredit plainement à la confession de foy que Dieu demande de nous. Mais pour ce que cest

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argument est desduit plus au long , aux livres qm en sont expressément escrit , je tous prie de les lire diligemmenty tous recommandant à Dieu, à ce qu'il luy plaise TOUS montrer sa Yollonté, et tous ouTrir les yeux pour bien discerner le blanc d'aTec le noir , et allors je croy ^ue TOUS auret de quoy contenter vostre esprit, ne tous donnant plus licence de faire semblant en façon que ce soyt d'approuTer Timpiété des meschans. Sur quoy je prieray nostre bon Dieu qu*il tous augmente de plus en plus sa grftce, et après qu'il tous aura déclaré ce qui est bon, qu'il tous donne Tcrtu et constance de le suyrre et y adhérer. De GenesTe, ce i3 jour de Juing (1548?)

Vostre bon frère,

Jéhàn GAiTm.

A MONSIEUR DE FAUIS *

Origluto. Slgoitaro avlograplie. Bibi. de OenèfiB. Toi. 194.

Monseigneur, je croy qu'il Tauldra mieulx que aînsy soit. S'il eust esté possible de parler ensemble pour le

* M. de Palais était sur le point de quitter Bâle poar aller se fixer â Genève. Il arriva sans doute dans cette ville à la fin de Jufllet 4548. On lit dans nne lettre de Calvin à Viret dti 20 août 4518 : « IMyminus Faluim^ uxùt et st^ror tQ$ soiuUuU,.. « Yol; 406 de la Bibl. de Genève. La correspondance de Calvin avec ce seigneur, dès lors interrompue, ne fut reprise qu'accidentellement, et cessa tout à fait en 4552.

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coatract^ je Peussebien désiré. Mais je nesçay, s41 Tods Tiendra à poioct de Tenir ceste semaine. Tant y a que rbomme offre, en cas quMl laissas! sa femme Tenfve sans enfanSy qu'elle ait mille escoz* En cas qti'il luy laissasi des enfans, qu'elle en eust la moictié , à telle condition que si elle se marioit après, et eust aussi edfans du second mariage, qu'elle ne les peust adTancer non plus les premiers. L'asjignation présente se fera sur l'instrument de Paris, aTec promesse quand il aura retiré son argent, et costé. Il m'est adTis que son offre est assez libérale. Car il est mesmes bon que le mary retienne quelque bride en sa main«

Des nopces j'espère que nous en ferons bien. Ufauldra qu'il y ayt quelque compagnie, mais non pas multitude. Et encores ce ne sera poinct pour tous presser y car il fauldra assigner les logis. Je pense que dix personnes en feront la raison , entre lesquels je me compte. Pour ce que mon frère n'est pas icy, je ne sçay si on pourra faire tenir lettres à Dôle et Basle. Je croy bien que ouy, quand elles seroienticy pour tout le jour de demain.

J'aToye oublié du Toiageur de France*. C'est de tous dire que je ne le trouTe point hastif; et encore ce n'est poinct pour ce qu'il a de liquide , mais pour soliciter quelque adTantaige par-dessus. Je désire bien qu'il plaise à Dieu de tous amener pour boire du TÎn sur le lieu, et bien tost. Si le porteur fust party plus matin , tous en eussiez eu un flascon. S'il y aToit un tnoyen de tous en

^ Le contrat de mariage de Mademoiselle deWilergy. * M. de Montmor. Voir la note, p. 224.

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départir la moitié, il ne seroit poinct épargné, mais quant j'en ay prins conseil, j'ay IrouTé que non.

Sur ce. Monsieur , après tous aToir iaict mes recommandations à Tostre bonne grâce, et de MadamoiseUe et de toute la maison , je prieray à nostre Seigneur tous avoir en sa garde. De Geneste, ce 17 de juillet. (1548).

Vostre humble frère et serriteur,

itBAH Calyui, couché.

M. de Ballesan m'avoit requis par lettres, de regarder s'il pourroit estre secouru par tous. Luy faisant des excuses plus que à deroy pour tous , j'aTois toutesfois esté contrainct de luy promettre tous en escrire. Ce que j'a- Tois délibéré de faire hier par Monsieur de Parey. Mais il oublia de Tenir , tant il estoit hasté de faire la journée.

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