JEAN HOS A UN PBETRE QU'IL AVERTIT DE SES DEVOIRS
Mon très-cher frère ^ sois zélé dans la prédication de là parole, fais TofQce d'un bon prédicateur de l'Évangile, souviens-toi de ta vocation, travaille comme un heureux soldat de Christ. Yls d'abord pieusement et saintement; enseigne ensuite fidèlement et sincèrement ; sois aux autres un exemple pour toutes les bonnes œuvres; ne laisse rien à reprendre dans tes discours, corrige les vices, recommande les vertus, ramène ceux qui vivent dans le mal au souvenir des peineséternelles,montre les joies célestes à ceux qui vivent dans la foi et dans la piété, prêche assidûment, mais brièvement, explique enfin les saintes Ecritures prudemment et avec fruit. Garde-toi d'affirmer aucune chose incertaine et douteuse, de crainte d'être repris par des adversaires qui se réjouissent de trouver leur prochain en faute et d'appeler le mépris sur les ministres de Dieu ; exhorte à la confession et à la communion du corps et du sang de Jésus-Christ , sous l'une et l'autre espèce, afin que ceux qui au-
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ront UD repentir sincère de leurs péchés puissent communier souvent.
Je t'exhorte, cher frère, à ne point fréquenter les hôtelleries ou des étrangers, afin de ne point vivre comme le commun des hommes; car, plus le prêtre ^e tient éloigné des lieux publics et de dissipation , plua il est agréable à Dieu. Cependant ne refuse point ton assistance aux autres selon tes forces. Prêche de tout ton pouvoir contre la volupté i c'est une bête féroce qui dévore les hommes pour qui l'humanité de Christ a souffert : c'est pourquoi, très-cher ami, je te conjure d'éviter l'impureté ; car, là même où tu t'efforceras le plus d'être utile , la tentation se cachera pour te surprendre. Evite absolument la compagnie deis jeunes femmes et ne te fie pas à leur dévotion. Saint Augustin a dit : a Quo i^ligiosior^ eo ad lûxuiiam procUvior^ et sub prçeiexiis religionis latet dolus aut venenumjfbrnicatioms.n Sache, très-cher ami ^ que leur fréquentation en a séduit beaucoup que la vie du siècle n'avait point perdus. N'introduis pour aucun motif des femmes dans ta demeure, et n'aie point avec elles des entretiens trop fréquents; enfin y quoi que tu fasses, crains Dieu et garde ses préceptes; tu seras ainsi toujours dans la voie
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droite ) tu ne périras pas, tu irépriioeras ta chair, m dompteras le monde , tu vaincras le démon, tu revêtiras un esprit divin ^ tu trouveras la vie, tu affermiras les autres et tu te couronneras d'une couronne de glpire qui te sera donnée par Téqnitable et souverain dispensateur de toute justice.
LEnRE X (1).
A PIERRB HALDOmBWITZ.
Jean Hus écrivit les lettres suiyantes dans la prison où il fut détenu d*abord chez les Frères Mineurs, dans le lac de Constance, hors des murs de la yiile.
Je n'ai encore rien écrit de ma captivité, hormis la lettre , si toutefois tu Tas envoyée , dans laquelle je suppliais qu'on priât pour moi. Tu entends sans doute qu'il s'agit de cette lettre que j'ai adressée à maître Jacobel et dans laquelle j'ai écrit : a Mes ennemis ont dit qu'on ne me donnera point audience, à moins que je ne paie d'abord
(1) Cette lettre est la quarante- troisième dans le recueil des œuvres de Jean Hus.
lOi DECXIÈMK SÉRIE.
2000 ducats aux ministres de rAntechrist pour leurs dépenses (I). Michel (2) a acheté une copie de cette lettre et la réponse de maître Jacobel, qui estj'ai lieu delecroire, dure pourmoi. Il est venu avec le patriarche, avec des scribes et des témoins, parmi lesquels était maître Nicolas ; Stoggis était debout en face. L'un des commissaires, me donnant à parcourir ma copie, me demanda sous serment si c'était la mienne. Je répondis qu'oui , et je ne crois pas, depuis les salutations cruelles de maître Paletz, que rien m^ait troublé plus que ces lettres. Je gémis de la méchanceté de Michel et de ses corn*plices. Quant à maître Jacobel, qui prêche qu'il faut se garder des hypocrites , il est trompé par eux plus que personne, et il se livre à eux. Je n'ai pas lu sa lettre, mais je la crois dure. Il y avait deux copies dans la même lettre , et je pensai d'abord que ce n'était point une réponse à la mienne, mais la copie d'une lettre du curé de Janovitz.
(1) La leltre dont il est ici question ne nous a point été' conservée.
(2) Michel Cousis.
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LETTRE XI [h),