‹ Lettres de Jean Hus écrites durant son exil et dans sa prison avec uneChapitre 42 sur 46 · ANALYSE · texte numérisé non relu

ANALYSE

loi de Jésus-Christ; 2^' Tobéissance séculière , qui est celle que Ton doit aux lois civiles , en admettant qu'elles soient conformes à ht loi de Dieu ; 3"* Tobéissance ecclésiastique, qui est celle que Ton rend aux prescriptions inventées par les prêtres de TEglise sans autorité expresse de l'Ecriture. Celle-ci, dit-il, n'est obligatoire qu'autant que les choses prescrites ou défendues sont conformes à ce qu'ordonne ou défend la parole de Dieu : et il tire cette conclusion que quiconque connaît açec certitude que les commandements du pape sont contraires à ce que conseille et ordonne Jésus^Chist^ ou tendent à la ruine de t Église^ doit j résister hardiment , de crainte de ptuiiciper au crime par son consentement.

Il invoque à l'appui de cette opinion l'autorité du droit canon et des Pères, dont il cite beaucoup de passages formels extraits surtout de Nicolas Lyra et de saint Augustin (I).

Dans les derniers chapitres , Bus s'élève avec force contre l'abus des excommunications^ des suspensions et des interdits.

On ne saurait être excommunié, dit-il, que pour

(1) Voyrz à ce sujet et rapprochez de ce passage la lettre V de la première série, p. 28-33.

DU TRAITÉ DB l'ÉGLISB. 3 H

un péché mortet, qui sépare de- la grâce de Dîeu. lu excommunication majeure se prononce contre un pécheur public, et c*est celle-là qui a ét^ prononcée contre moi; mais Dieu soit béni qui n'a pas donne à cette excommunication la force d*ôter la justice et la vertu à un homme juste et de le rendre pécheur... Je crains davantage la plus grande de toutes les excommunications, qui est celle où le souverain pontife de TEglise, en présence des anges et des hommes, excommuniera éternellement les méchants de toute participation à la béatitude éternelle... C'est à celle-là que celui qui juge doit penser, dans la crainte d'excommunier injustement : car quiconque excommuniera vn homme par intérêt temporel, par orgueil, pour se venger de quelque injure et contre sa conscience, s'excommunie lui-même (1). »

Quant à la suspension, c'est Dieu qui la prononce contre tout mauvais prêtre qui vit dans le scandale et dans le crime : il s'ensuit qu'il y a peu de prédicateurs que Dieu ne suspende à présent du ministère de sa parole^ parce qu'il y en a peu qui ne rejettent la science de TEcriture et qui ne démentent par leur vie les devoirs qu'ils enseignent

(1) Df Eccle$., cap. xxn*

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aux autres. Husen conclut qu'il a étéoblig^^^le prêcher contre les vices du clergé. « Ifalheur à moi, dit^il, si j'avais gardé le silence, car, selon le droit canon ( 1 ) , on approuve Terreur à laquelle on ne résiste pas, et négliger de dénoncer les pervers lorsqu'on le peut, cest se montrer leur complice (2)« »

Passant ensuite à Tinterdit, châtiment par lequel les supérieurs ecclésiastiques frappent un pays ou une ville pour la faute d'un seul homme ^ interdisent dans ce lieu TofUce divin, Tadministrâtion des sacrements et la sépulture, sans distinguer les innocents des coupables, Jean Hus ajoute: c Une des marques évidentes que ces censures, qu'ils 9kppél\enifulminaUons^ procèdent derAntechrist, c'est qu'elles sont lancées contre ceux qui prêchent l'Evangile et qui découvrent la corruption du clergé. Les interdits ont commencé après mille ans, et avec le déchaînement de Satan, lorsque le clergé a été engraissé des malheurs du monde, et a grandi dans la volupté, dans l'orgueil, dans rimpatience de tout frein, »

llus rappelle les causes mondaines pour lesquel*

(1) Distinct. 83.

(^) Erroi" cui non rcsistltiir npprobaUir,

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