PUBLIÉES PAR LUI EN L'ANNÉE
AtVH 1>ll HBHDmit PLUS VRtJDBNTS «T t>*t1IBTHITnill , PAU LB8 lUOBMRim TTRÀNf^IQUBS DU CONCILE DE CONSTANCE , TOUS LES THÉOLOGIENS QUI, A l'avenir, seraient APPELES A SIEGER DANS tîN CONCILE DE l'BGLISB EOMAINB,
Si quelqu'un lit ces lettres ou les entend lire, si en môme temps il possède une intelligence saine^ et s'il a égard, devant Dieu, à sa propre conscience, je ne doute point qu'il n'avoue hautement que Jean Hus fut doué des dons précieux et excellents de TEsprit-Saint. Voyez^ en effet, comme il s'est attaché à la doctrine du Christ dans ses écrits et dans ses paroles, avec quel courage il a com«
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battu contre les douleurs de la mort, avec quelle pntiehce et quelle humilité il a tout souffert, avec quelle grandeur d*âme enfin il a affronté une mort cruelle pour la défense de la vérité ; et il a fait toutes ces choses seul, dans l'imposante assemblée des hommes les plus éminents et les plus puissants, semblable à tin agneau au milieu des loups et des lions. Si un tel homme doit être regardé comme hérétique, nul sous le soleil ne pourra aisément être tenu pour vrai chrétien. Â quels fruits donc reconnaitrons-nous la vérité, si celle-ci ne se voit pas dans les fruits que Jean Hus a produits et dont il était orné ?
Le plus grand crime de Jean Hus est d'avoir déclaré qu'un pape impie n'était pas la tête de l'E^ glise universelle : il a bien reconnu en lui le chef d^une église particulière , mais non de toute l'Eglise : de même qu'un ministre de la Parole dont la vie est criminelle est toujours ministre selon l'apparence extérieure, mais n'est point pour cela membre des saints daiis son église : Jean Hus a nié semblablement qu'un pontife impie et scélérat fût un bon pontife^ quoiqu'il fût assis sur le trône de l'Eglise : c'est comme si nous disions que Judas^ traître et voleur, n'était point un bon-
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néte homme, quoiqu'il eût été appelé aux fonctions de l'apostolat. On voulait donc contraindre Jeaa Hus à avouer qu'un pape criminel doit être tenu pour-saint, qu'il est infaillible, que ses paroles et ses actes sont également saints, et doivent être re^ çus et respectés comme autant d'articles de foi. Tous ces hommes si sages du concile de Constance eussent prêté une oreille favorable à de semblables discours, eux qui en détrônant trois pontifes coupables n'ont reconnu à personne le droit de les condamner au feu ! Mais lorsque Jean Hus a dit les mêmen choses, ils l'ont traîné au supplice ! ! !
La porte a été ouverte (encore une fois) (I) à de semblables événements par les indulgences que le pontife romain a répandues à profusion dans le monde entier, et par le jubilé qu'il a institué à Rome pour construire la basilique de Saint-Pierre; car le pape, parmi ses autres inventions, a dit et confirmé par ses bulles que les âmes de ceux qui^ après avoir entrepris le pèlerinage à Rome, mourraient en chemin, prendraient aussitôt leur vol vers le ciel, ordonnant assez péremptoirement aux anges^ en sa qualité de Dieu terrestre et de vicaire
(1) Nous ajoutons ces trois mots omis par Luther , et nécessaires pour que sa pensée soit comprise.