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AVERTISSEMENT
M. B. Hameau, aujourd'hui membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et Directeur de l'Imprimerie nationale, annonçait, clans la séance du •> mars t 8 5 1 du Comité des monuments écrits de l'histoire de France1, i|iit' le Ministère de l'instruction publique avait résolu de publier une seconde série de Mélanges*, et que, parmi les pièces dont se composerait le premier volume du nouveau recueil, figureraient en assez grand nombre des lettres inédites de Balzac à Chapelain. Chargé par une trop bienveillante décision de préparer l'édition depuis si longtemps promise, je n'ai rien négligé pour remplir de mon mieux une tache <iui présentait certaines difficultés.
La moins grave assurément n'était pas l'imperfection de l'unique manuscrit que l'on possède des cent soixante et dix lettres3 adressées par Balzac, depuis le
1 Rapport fait au nom de la commission des Mélanges historiques, alors composée de MM. Hauréau et Ravenel, dans le Bulletin du Comité, t. III, i85a, p. 106-109.
2 La première série des Mélanges historiques ou Documents historiques extraits de la Bibliothèque royale, des archives et des bibliothèques des départements , forme quatre volumes, publiés, avec le concours de divers érudits, par M. Champollion-Figeac. i84ii848.
' M. Hauréau (Bulletin, p. 106) croyait <[iie ces lettres étaient au nombre de cent quatre-vingts environ. L'auteur anonyme de I article consacré à Balzac dans le tome IV de la Nouvelle Biographie générale (1 855 ) en compte deux cents à peu près. Cet article renferme bien d'autres erreurs. On y
lit, par exemple, que Balzac est né en i5gi, alors que M. Eusèbe Castaigne, bibliothécaire de la ville d'Angoulême . a prouvé d'une manière incontestable , dès i846, que le grand épistolier de France fut baptisé le 1" juin 1697, et qu'il naquit, par conséquent , dans les derniers jours du mois de mai de cette année (Becherches sur la maison où naquit Jean-Louis Guez de Balzac, sur la date de sa naissance, sur celle de sa mort, etc.). On y lit encore que Balzac mourut à Paris, le 18 février 1 654 (colonne 3a4), le 18 février i655 (colonne 326), alors que M. Castaigne a non moins certainement établi que son illustre concitoyen rendit le dernier soupir à Angoulême le 8 février i656. Les petites découvertes de M. Castaigne ont été mises à profit par
h AVERTISSEMENT.
3i août i6/i3 jusqu'au 3 décembre 16/17, a ce'm 1u' ^ toujours 'e meilleur de ses amis, à celui dont il parlait ainsi déjà, le 20 décembre 1 63 j 1 : «Ceux «qui ne le voyent que par le dehors le prennent pour un homme fort poli, et -qui a de très belles et de très agréables qualitez; mais moy, à qui il a des- « couvert ce qu'il n'estalie pas à tout le monde, je sçay qu'il est capable de « très grandes choses. . . J'adjousteray, sur le subjet de sa probité, que je vous -- ay parlé d'un ancien Romain, et que je ne voy point d'exemple de vertu «dans la première décade de Tite-Live qui soit trop hault et trop difficile pour
- luy 2 » Ce manuscrit, conservé à la Bibliothèque nationale sous le numéro
12,770 du Fonds français (autrefois n° 3,736 du Supplément français), hsI un volume in-quarto, non entièrement paginé, formé de copies d'une époque indéterminée, mais déjà ancienne, qui proviennent d'une main des plu^ maladroites. Parfois les fautes de lecture y sont tellement choquantes, que l'on serait tenté d'attribuer à un laquais cette transcription inintelligente, grossière, de la pure et délicate prose de Balzac3. Si, pour plusieurs de ces faut"'., les rectifications étaient indiquées par le simple bon sens, plusieurs autres fautes n'ont pu être corrigées qu'à la suite d'un patient et minutieux rapprochement entre les cent soixante et dix lettres inédites d'une part, et, d'autre part, les huit cent vingt lettres qui remplissent le premier volume des Œuvres complètes*, et les lettres assez rares çà et là publiées depuis l'année 1 665 5.
M. Paulin Paris dans son édition des Historiettes de Tallemanl des Réaux (t. IV. p. 88. 1 855) , par M. Gh. L. Livet dans son édition de {Histoire de l'Académie française de Pellisson et d'Olivet (t. Il, p. 63, 63, 1 858) , par M. Sainte-Beuve (Port-Royal, 3* édit. Append. t. II. p. 5ai, 1867), etc.
1 Lettre au poëte François de Mainard (p. 339 du tome I des Œuvres complètes, in-folio 1 665 , Paris, chez Thomas Jolly).
3 Dans une foule d'autres lettres, Balzac rend hommage aux vertus de Chapelain . et Boileau a eu raison de dire :
Balzac en fait lVIoge en cenl endroits divers.
3 M. Hauréau a e'té bien indulgent quand il s'est contenté de dire (Bulletin.
p. 106) que le copiste était «-assez malha- "bile. 1
1 Les vingt-sept livres contiennent, en réalité, huit cent trente-deux lettres; mais on a mêlé à celles de Balzac une lettre du cardinal de Richelieu (p. 1), une lettre du maréchal de Sehomberg (p. 101), une lettre du comte de Servient (p. 1016). une lettre du ministre protestant Drelincourt ( p. 102a), une lettre de M. de Laggcr, secrétaire des commandements de la reine de Suède (p. ioa3), etc. Je ne mentionne pas une lettre de l'archevêque Pierre de Marca . qui a été rejetée à la fin du volume (p. io58).
5 Trois ont paru dans la Continuation des Mémoires de littérature et d'histoire de M. de
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Grâce à celte précaution) j'ai fini par retrouver dans les imprimes presqui ions les mots corrompus de la copie, et je croîs avoir réussi à reconstituer, à peu près partout, un texte irréprochable,
I ne autre difficulté, c'était celle de l'explication <!<• quelques passages qui, s plus de deux cents mis de distance, sont |>l<'ins pour nous d'obscurité. Tantôt un nom propre est sous-entendu, tantôt une épigramme est à demi voilée. Que de fois, dans les phrases du correspondant <!<• Chapelain, se gtissenl de fines allusions qui semblent d'abord devoir dérouter à jamais notre curiosité! J'ai essayé de deviner toutes les énigmes des lettres que l'on va lire, nie faisant, en quelque sorte, à forée de persévérantes lectures, le contemporain de Balzac, et, si je ne me Halte pas d'avoir suffisamment éclairci tous les mystérieux passages d'une correspondance qui touche à tant de sujets, j'espère, du moins, m'étre le plus souvent rapproché de la vérité.
II était moins malaisé d'indiquer l'origine des nombreuses citations latines dont Balzac aimait à émailler les lettres que, presque toutes les semaines, pendant une grande partie de sa vie, depuis l'année 1 6 3 i ', reçut de lui un humaniste aussi distingué que Chapelain. Du reste, je me plais à le recon- Sitlt'iigrc, par Desmolets et Goujel (t. \. piers de Courait, et redonnée, en 1 86 1
p. 439-438). J'ignorais celte circonstance quand je publiai ces trois lettres, avec neuf au lies également conservées au département des manuscrits de la Bibliothèque de la rue de Richelieu (Actes de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bardeaux, 3e série, 1862, p. 4gi-5o6). Depuis la publication de ces Douze lettres de Jean- Louis Guez de Balzac, tirées des collections Baluze (vol. 208) et Dupuy (vol. 8o3), j'en ai retrouvé (Fonds français, vol. 6,644 ) deux autres, originales, adressées au cardinal de La Vallette , et elles ont paru dans le Bulletin du Bouquiniste du 1 5 mars 1867. ^ne lettre de Balzac à Du Moulin (avec la date du 20 septembre 1647) a élé donnée, en i858, par M. Amédée Roux, aux pages 56 à 61 de son opuscule intitulé : Lettres du comte d'Avaux à Voiture, stiuies de pièces inédites, extraites des pa-
(avec la date du 3o septembre 1637. qui est la bonne), par M. Charles Read, d'après l'original conservé aux Archives de l'Etat à la Haye, à la page 355 du Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français. Enfin, M. Jal (au mot Académie française de son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, 1867) a reproduit une lettre de Balzac à Courait, du 3 novembre i653, trouvée dans les minutes d'un notaire de Paris. Notons que, dans \<recueil de 1 665 (p. p,84) , on voit une autre lettre à Conrart, écrite le même jour, cl qu'il est très-probable qu'une des deux est mal datée.
1 La première des lettres de Balzac à Chapelain, dans l'édition de i665, aurait été écrite, si la dale est exactement indiquée , ce qui n'est pas sûr, le 1 0 septembre 1 6 3 1 (p. aai). Une autre lettre, imprimée
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naître, dans cette recherche de la paternité des vers cités par Balzac, comme pour les corrections et les éclaircissements, j'ai mis à profit les notes d'un érudit justement loué de tous, M. J. Ravenel, qui avait commencé, il y a plus de vingt ans, à préparer la présente édition1.
Les nouvelles lettres de Balzac offrent, ce me semble, un vif intérêt. Avec beaucoup de détails autobiographiques, on y trouvera de curieux renseignements sur une foule d'écrivains français ou étrangers de la première moitié du xvnc siècle. Balzac y juge avec autorité non-seulement les poètes et prosateurs ses contemporains, mais aussi parfois les poètes et prosateurs du siècle précédent, et sa renommée d'excellent critique gagnera quelque chose à la publication de ces lettres, écrites dans la maturité de sa vie et de son talent. A de si précieux chapitres d'histoire littéraire s'ajoutent, pour l'histoire politique, des informations qui ne sont point à dédaigner, el qui, tantôt légères, anecdotiques, tantôt plus sérieuses, plus importantes, complètent les unes et les autres, d'une heureuse façon, les mémoires relatifs soit au règne de Louis XIII, soit aux premières années de celui de Louis XIV, et surtout les piquants récils de Talleniant des Beaux.
plusieurs pages avant celle-là (p. 168), serait du îS novembre i63q. Une troisième ( p. 35G) appartiendrait au 1 a juillet i633. Plusieurs autres (p. 468-458) seraient des anne'es 1 6 3 a , 1 633 , i636. Les six livres (Mil à WII1) compris entre les pages 719 et 867 renferment cent quatre-vingtsept lettres à Chapelain (on voit qu'il y en a environ deux cents dans le volume) qui vont du 1" juin i636 (et non 1626, ce qui est une faute d'impression) au 28 décembre iG4i. 11 nous manque toutes les lettres de 1662 et des liuil premiers mois de i643, ainsi que toutes les lettres écrites depuis la lin de 1G/17 jusqu'au commencement de iG5'j. Rappelons que les cent quatre-vingt-sept lettres des livres MU.
XVI'.I, etc , avaient été publiées à part, en 1 656 , sous le titre de Lettres familières à M. Chapelain (Paris. Aug. Courbé, in-8")
et réimprimées à Leyde (Elzevier, i65g, in-12), à Amsterdam (Elzevier, 1661.
in-12).
1 .Nul plus que moi ne regrette que M. lînvenel n'ait pas achevé ce qu'il avait si bien commencé. J'ai regardé comme un devoir de marcher le plus possible sur les traces d'un tel devancier. Deux habiles critiques, M. Léonce Couture, rédacteur en chef de la Revue de Gascogne, et M. Gustave Servois, mon commissaire, ont beaucou p contribué , par leurs indications comme par leurs conseils, à rendre mon travail moins imparfait. Que ces obligeants amis reçoivent ici mes meilleurs remercimenls . ainsi que toutes les personnes qui ont daigné, sur quelques points spéciaux, m'honora de leurs bienveillantes observations , et notamment MM. Barthélémy Saint-Hilaire, Paulin Paris, Adolphe Régnier!
AVERTISSKMRVr.
Au Miiiiiiici de la première page du manuacril de la Bibliothèque nationale. nu hi ce titre, qui n'esl pu de la main «lu copiste : Lettres de oàkuu à Chape hua , lu pluspart non imprimée». L'abbé d'Olivel (page i i 'I du tome I el page 69 du tome II de l'édition de 1868) rapporte trou courts fragments de trois de ces lettres, sans dire s'il a eu en main les originaux ou simplement la copie qui seule parait exister aujourd'hui. Quelques autres fragments, non moine courts, ont été publies à la tin d'un recueil de pièces formé parle I*. Queanel | Trè» humble remontrance à messire Humberi de Precipiano, archevêque de Matines 160,5), et, de nouveau, à la page 6(io du tome XXVIII de la collection des Œuvres complètes de messire Antoine Amauld (édition de Lausanne, 1 77» 178.'!. eu 48 tomes in-i°). Une lettre écrite en latin, et non datée, a paru. tans le post-scriptum, dans le tome II du recueil de 1 6G5 l. Il n'a été publié, à ma connaissance, aucune autre des lettres ici réunies-.
On n'attend pas de moi que, dans ces quelques mots d'avertissement, j'in siste ni sur le caractère ni sur le génie de Balzac, si bien connus d'ailleurs après tant de travaux dont l'homme et l'écrivain ont été l'objet3. Je me contenterai de constater que sa correspondance inédite doit, soit au point de vue moral, soit au point de vue littéraire, le faire apprécier plus favorablement que l'ensemble de ses lettres imprimées. Balzac, dans cette correspondance de quatre ans et trois mois, se montre constamment ami dévoué, et l'on prend
1 Cette lettre, que j'ai cru devoir repro- côté de leurs appréciations, presque toutes Juire, porte te numéro ihh. J'ai eu soin assez étendues, il faut signaler les éloges de ne pas la compter au nombre des cent donnés à Balzac , en passant , par deux soixante et dix lettres inédites annoncées à la juges d'un goût exquis, M. Joseph Joubert première page de cet Avertissement. et M. J. J. Ampère, et les rapprocher des
2 Non-seulement ces lettres sont inédites, jugements du cardinal de Richelieu, de Matdo moins considérées in extenso, mais en- herbe, de Descartes, de Sarazin, de Mécore il est permis de dire qu'elles n'ont été nage, de Costar, de Bossuel, de Boitéau. consultées de presque aucun de ceux qui de Perrault, de Bouhours, de La Bruyère. ont eu à s'occuper du xvir* siècle, et qu'elles de Bayle, de Joly, de Daguesseau , de Volent même échappé à deux des plus zélés et taire, de Marmontel, de Palissol. de Coupé, des plus illustres chercheurs de ce temps- de La Harpe, etc. Enfin, je renverrai à ci, M. Sainte-Beuve et M. Paulin Paris. l'ample et judicieuse préface publiée par
1 II me suffira de rappeler les noms de l'abbé Jacques Cassagne en tête de l'édition
\IM. Malitourne, Moreau , Bazin, Désiré de 1 665, et à l'estimable notice de l'abbé
Nisard, Geruzez, Demogeot , Jacquinet , Go- d'Olivet dans Y Histoire de l'Académie fran-
defrny. surtout celui de M. Sainte-Beuve. A çaise.
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une meilleure idée de son cœur en voyant de quelle tendresse sincère, profonde, ce cœur était rempli pour celui qui. du reste, le chérit et le conseilla toujours comme un frère '.
Si certains reproches que l'on a cru pouvoir adresser à l'insensibilité de Balzac paraissent, à la lecture de ses affectueuses lettres à Chapelain, fort exagérés, les personnes qui ont regretté de ne pas trouver, en général, dans sa correspondance, plus de simplicité, plus d'abandon, seront agréablement surprises d'avoir affaire ici à un homme s'exprimant la plupart du temps sans pompe et sans apprêt, et (pour employer une expression bien inattendue à propos de lui) tout naturellement. Sans doute Balzac n'a pas renoncé au plaisir d'aiguiser une pointe et de faire miroiter une métaphore. On n'abjure pas entièrement, après des années d'idolâtrie, le culte des faux dieux! Mais, s'il commet encore quelques-uns de ces brillants péchés (splendida peccata) d'après lesquels on l'a parfois trop sévèrement jugé, l'excès n'y est plus. L'écrivain a cessé de courir après les périodes sonores, après les images à effet. (l'est un prodigue devenu presque économe. En un mot, si ses anciennes lettres, principalement celles qui furent écrites dans l'épanouissement de la jeunesse, ont à peu près toutes le ton emphatique, oratoire, ses nouvelles lettres, au contraire, rappellent le plus souvent le ton libre, dégagé, d'une cordiale et spirituelle causerie.
Puissent tous les lecteurs me donner raison! Puissent-ils tous considérer comme s une bonne fortune littéraire," selon la parole de M. Hauréau2, la
1 Balzac el Chapelain étaient presque du 2 Bulletin du Comité historique, p. 106. même âge, ce dernier étant ne' le U dé- — M. Hauréau ajoutait, un peu plus loin cembre 1590. Il semblerait, à lire les lettres (p. 107) : fUn instant nous avions espéré de Balzac, que son ami. au lieu d'être son n qu'il nous serait possible de joindre aux aine de dix-huit mois, l'était de plusieurs rrlettres de Balzac les réponses de Chapeannées. On peut consulter, sur Chapelain, crlain. Un volumineux recueil de la corres- Tallemant des Beaux, Ménage, Baillet. rpondance de ce dernier avait été mis à Huel. Pellisson et d'Olivet, Titon du Tillet. n notre disposition; malheureusement ce Goujet, M. Guizot (Corneille et son temps). «■ recueil est incomplet de deux tomes, de M. Saint-Marc Girardin (Reçue des Deux irceux-là précisément qui se rapportent aux Mondes du i5 septembre i838), M. Livet «années i6i3-i6&7. Quelques lettres de (Précieux et Précieuses), M. J. Duchesne <r Balzac , dans lesquelles il répond aux sages (Histoire des poèmes épiques français du ■ et aux nobles conseils de Chapelain, nous rr/i' siècle, thèse pour le doctorat es lettres «font regarder comme une chose très-représentée à la Faculté de Paris. 1870). etc. crgrettable la perte des volumes qui n'ont
Wl.liTISSKUKM
publics li le ces pages! Alors même qu'elles ne nous sidéraient |>as à mieui
connaître beaucoup de personnages marquants <lu i?rt siècle , elles mériteraient encore d'attirer Inattention <\<-s esprits cultivés, car celui qui les ret gardera l'immortelle gloire d'avoir été un des créateurs de la prose Française.
«pu nous fitre fournis. Nous n'aurions | >;<>if parlé de nos regrets, b'ï! était certain orne
fi-es volumes lussent anéantis. En les si;;na- "lant aux recherches des correspondants "du Comité, on parviendra peut-être à les » retrouver : nous le désirons vivement.» Je répète ici , sans trop d'espoir , l'appel
adressé par M. Hanréau ;i tous les ■unis de la vieille littérature, et, ijue l'on parvienne
ou non à compléter le recueil <pii des libérales mains de M. Sainte-Beuve, a passé dans la Bibliothèque nationale, j'exprime le vœu qu'une édition en soil bientôt donnée.
LETTUKS
DE
Du 3i aoust i643.
Monsieur, Le courrier arrive à Paris le samedy : mais le bon Rocolet1, qui attend tousjours mes lettres, et ne les envoyé jamais quérir, ne les reçoit2 quelquesfois que le dimanche bien tard. Il se picque donc de gloire en ce qu'il faict, et me3 veut ayder à faire un beau livre. Je le croy sur vostre parolle, Monsieur, et que luy et son neveu
' Pierre Rocolet , charge" de la publication des Œuvres diverses du sieur de Balzac qui parurent en 1 644 (in-4°), était, depuis 1 (i 1 8 , « imprimeur et libraire ordiirnaire de la maison de ville au Palais.» Il est question de lui dans le premier volume des OEuvres complètes de Balzac (vingtième lettre du livre XXI, datée du 10 juin 1660, p. 8a5). Il avait déjà publié, en i636, le second recueil épistolaire de Balzac sous ce titre : Lettres de M. de Balzac, seconde partie (a vol. in-8°), et, en cette même année, le Discours sur une tragédie (de Daniel Heinsius) intitulée : Herodes infanticide (i vol.
in-8"). P. Rocolet a été l'éditeur de quelques ouvrages des académiciens Silhon, Cureau de La Chambre, etc., de la traduction de Y Imitation par Corneille (1659), etc. Il mourut le 19 janvier 1662. Voir sur lui une petite notice à la page 228 de l'Histoire de l'imprimerie et de la librairie, par Jean de La Caille (1689, in-6°). La Fontaine l'a mentionné dans son épître à Fouquet sur l'entrée solennelle de la reine à Paris (26 août 1661).
* Le copiste a écrit : recet.
3 Le copiste , sans redouter le contresens, a mis : ne.
iront du pair avec les Estiennes1, sinon2 par leur doctrine, quœ nulla est, au moins par leurs soings et par leur déférence à vos advis, qui sont excellens en toutes choses.
Je vous envoyé les Épigramrnes retouchées, et en Testât où il fault qu'elles demeurent, puisqu'elles sont plus historiques de cette dernière façon et sentent hien davantage l'antiquité, principalement Y Ara3, dont la fin me plaist plus que tout le reste.
Je pensois escrire aujourd'huy à Mr de4 Bonair 5, mais je suis si mal depuis quelques heures, qu'à peine puis-je rachever ce billet et vous dire que je n'ay rien à ajouster à une de mes précédentes despesches.
CCst. Monsieur, vostre très humble et très passionné serviteur.