‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 40 sur 103 · I.F.TTI'.E I · texte numérisé non relu

I.F.TTI'.E I

Nîmps, r> mai'!= UTiO.

. / Mon cher am

Que fait donc l'Odéon? Rien de plus menteur que ses bulletins. Depuis six mois et plus, vos lettres m'annoncent et démentent alternativement la représentation de Vivia; le dernier bulletin l'annonce pour le 20 mars. Voudrait-on étouffer la pièce dans une semaine de préoccupation politique? Vous me dites de m'attendre à tout, j'y suis préparé et j'en ni besoin; car il v aurait de quoi les envoyer tous paître. Avez-vous eu quelque nouveau renseignement après le dernier bulletin? Vous me dites dans votre lettre qu'il ne faut plus compter maintenant que pour la fin d'octobre, si j'ai bien lu. Excusez, mon eber ami, toute celte mauvaise bumeur, qui, certes, est loin de s'adresser à vous. J'admire d'ici votre ténacité, et je m'en veux de vous donner tant de peines. II faul que vous ayez un amour bien vif pour

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cette pauvre V'ivia, pour vous faire ainsi, de i^ailé de cœur, compagnon de son martyre.

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Ninics, 2J mais 1850.

Mon clier ami,

Les exercices du carême sont ici suivis avec empressement par la population ; toutes nos églises sont pleines : hommes, femmes, tout y assiste. Notre paroisse Saint-Paul, toute vaste qu'elle est, est toujours comble. Les dimanches, nos boulevards, pendant les oflices, sont déserts. Puissent ces signes être d'un bon augure ! Puisse Celui qui tient en Ses mains les destinées des empires sauver une société chez laquelle on rencontre encore un pareil zèle pour son culte ! Nous ne trouverons le salut que de ce côté-là. 11 n'y a (|u'un lieu aujourd'hui où le pauvre et le riche |)euvent se rencontrer sans haine, et ce lieu, c'est l'église. Parmi tant de sujets de tristesse, il est doux de reposer ses yeux sur un rayon d'espérance.

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Adieu ; j'ai voulu vous faire part de ces choses, parce que je sais qu'elles vous seront agréables, et que vous y trouverez une de ces satisfactions qui, après avoir ému l'àme, la laissent toujours plus limpide. Nos jours nous en offrent si peu de cette sorte, que je remercie Dieu de nie les avoir accordées.

LETTl'.E LU A MADEMOISELLE RACHEL.

Mademoiselle,

Je ne sais si le souvenir d'un poëte obscur vous est resté : quoiqu'il en soit, il vient, au nom de ses compatriotes, les habitants de la vieille Nemausus, vous prier de venir leur rendre une visite. Quand des villes qui vous sont pour ainsi dire étrangères ont eu cette faveur, fille de Rome, vous ne la refuserez pas à une cité avec laquelle vous avez une commune origine. Nous avons ici des monuments bâtis par vos ancêtres, et dont la voix parle hautement des gran-

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deurs antiques, moins linut cependant que la vôtre, ô Camille! Nous espérons que vous ne prendrez pas vos imprécations nu pied de la lettre. Vous n'avez pas ici d'Horace à craindre, et les derniers Romains qui nonl pas encore rendu te dernier soupir ne vous appellent ici que pour vous entendre et vous applaudir.

LLTrTIlî LU

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