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salons, par des artistes éminents, exalter la simplicitf"' antique! Cela m'allait ; la pente était douce. Soit instinct, soit paresse d'esprit, soit impuissance, ces péripéties violentes, inattendues, qui, pour être forcées et même invraisemblables, n'en font pas moins aujourd'hui la fortune des œuvres dramatiques ; tout cela n'entrait nullement dans ma prévoyance , par la raison que l'idée de misé eu scène n'y était pas davantage.
Tant bien que mal, l'ouvrage fui achevé; vous daignâtes en faire quelques lectures dans vos soirées. Dans ces sortes de réunion, l'admiration presque obligée fait partie de la politesse. Pour connaître leurs véritables opinions il faudrait entendre ce que les invités se disent à l'oreille ou en bas de l'escalier; mais nous n'avions pour nous instruire que les paroles dites à la lueur des bougies et pendant la distribution des sorbets. Elles étaient favorables el nous y crûmes, vous comme ami, et moi comme auteur.
Je ne sais quel mauvais génie vous souffla l'idée de la représentation, mais le sentiment de la pénurie des situations de Vivia se réveilla tout à coup dans mon esprit; je vous en fis part ; mais, malheureux.
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VOUS tirâtes de ce défaut uiênie uii argument en faveur de voire projet, « Qui sait, me disiez-vous, si la simplicité ne sera pas une nouveauté qu'on recevra aujourd'hui sans trop de défaveur. » Je n'ose ici rapporter ce que vos amis et vous, vous pensiez du style et du sentiment, qui, à vos yeux, rachetaient tout.
Le poëte n'est que trop facile à convaincre, quand on combat chez lui ses scrupules sur l'excellence de ses productions. Je cédai à votre conseil, préparé à toute éventualité. Comptant peu sur le succès, la chute ne pouvait avoir pour moi une grande amertume; il y avait d'ailleurs deux choses qui me resteraient : la satisfaction d'avoir émis des idées qui me sont chères, et puis les délices de la création, qui ont distrait mon esprit pour quelques moments des brutales inepties de la politique; je ne tomberai pas de bien haut, et quand mon nom serait pris au sérieux dans le monde littéraire, je me consolerais par l'éclipse de tant d'autres soleils. Il suffit d'avoir vécu pendant quelques jours pour savoir ce que, dans sa course rapide, le temps emporte de renommées brillantes. Peu de gloires ont la puissance de se renouveler d'elles-mêmes. Quand l'homme n'est plus là pour les alimenter, les lueurs qui le mettent en évi-
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ilciicc partagent bientôt, hélas I avec lui les ténèbres du tombeau.
Toute cette belle philosophie est pour, vous dire que, quoi ([u'il arrive, vous ne devez pas être effrayé du conseil que vous m'avez- donné ; je ne suis plus à l'âge où, comme tant d'autres, je me promettais l'immorlalité. Je vous dégage d'avance de toute responsabilité; votre amitié n'aura pas trop à souffrir des déceptions d'un homme déjà résigné aux limbes de l'oubli, où. Dieu merci, il ne sera pas seul ; car il conqite bien y trouver un jour cette foule de révélateurs barbus et de Jéhovah mal peignés qui portent des mondes dans leurs têtes, et qui tiennent les humains suspendus au bruit sonore et creux de leur
1. Quoique ri/'/« ail eu peu de succès à la ipj)iéseulation, l'ouvrage n'eu renrerine pas moins de jiraudes beautés. ISous pourrions invoquer à cet é^ard un témoin d'ordinaire fort suspect, l'auleiir lui-même. Appelé de ISînies à Paris pour assistera sa pièce, il l'écoutait absorbé dans une attention qui lui laisait oublier sans doute de qui était l'ouvrage. Son émotion arriva au point qu'à uu moment il se retourna vers M. di' Kresne , seul avec lui d.nis la loge, et .s'écria : Oli! mou ami, je n'aurais jomiii.'i cru que cela fût si beau ! Des larmes étaient dans ses yeux.
\iuia a eu dix-lmit re[)résentalions
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