‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 42 sur 103 · I.ETriiES DE JEAN l'.EFUIlI · texte numérisé non relu

I.ETriiES DE JEAN l'.EFUIlI

LETiliK Ll V

A MADAME MAHIE EAUKEiNT*.

y ^imcs, juillet 18ôU.

Éloigné de la capitale, je ne puis que par ces mois vous témoigner ma reconnaissance d'avoir bien voulu accepter un rôle dans ma pièce. Le théâtre est un peu païen et semble peu fait à la donnée de mon sujet ; mais l'àme des grands artistes n'ignore de rien, et est accessible à tous les sentiments. Je ne me dissimule pas la faiblesse de mon œuvre, je compte sur l'intelligence des acteurs pour suppléer à l'insuffisance du poète. Puisse le sacrifice de Vivia, traduit par vous,

' Madame Marie Laurent a joué le rôle de Vivia avec un rare talent et avec l'âme d'une véritable tragédienne. Ses triomphes d'aujourd'hui, dans les ténèbres du mélodrame, l'ont le deuil de tous les hommes de goût et de tous les amis du théâtre de Corneille et de Racine; c'('^t là, c'est sur ce théâtre, après la mort prématurée de l'incomparable Rachel, que sa place était mari|uée. Elle seule pourrait (Micore difincment roprésenicr Alhiilie, Cléopâtre, Clyteninestre, Agiippiue, et faire connaître à la gcnéiuliou actuelle ces grandes et terribles figures.

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nvoir le mérite de me raclieler de ces sifllels du parterre qui commencent, dès ce monde, Tenfcr pour les artistes non prédestinés. Ce ne serait pas le premier miracle que la magie de votre talent aurait opéré.

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