‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 59 sur 103 · I.ETTUES l>L .ILA.N Hi;i;nl L l-'J · texte numérisé non relu

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JJioii aviiiil sa noniiiialion, j'avais souvent parle de lui à des musiciens et je ii en ai Iruuvi' aucun (|ui u(! le tînt en très-haute eslinie.

LLITIIII-, I.XXV

.Niiiies, 17 iIcLciiibie 1853.

;Mon cher anii.

Eu nie parlant du conilit oriental, je vois que, comme toujours, vous avez quchiue tendresse pour la Russie. Vous avez cela de commun avec de Maistre. Mais je m'apenjois, en lisant cet écrivain, cpie, souvent, la i-econnaissance l'empèclie de tout dire. Je comprends dans cette affaire tout leinharras des diplomates, etjenesuis j)oint l>rêt, coimiie tant d'autres à leur jeter la pierre; la question est si coinpli(piée ! Croyez-vous (juil serait bon pour le catholicisme d'avoir à Constantinople un (îésar pontife? D'un autre côté une guerre générale ne sei ait-elle pas lavorablc à la révolution (pii ne dort (jin' d'un n-il? Le tort t^e la Russie (et c'est le sentiment [tublic), c'est d'avoir

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spéculé sur los eniban;is de 1 Euiujje. Lu beau colé de sa vicluue sur les révolutionnaires en est diableineut .inioiudri. Au reste, uiuii cher ami, je ne prétends pas trancher de l'oracle : il faudrait connaître tous les mystères des chancelleries pour porter un jugement quelconque, et encore on risquerait de se tromper.

Nos temps, comme les drames qu'ils [)roduisent, se moquent des règles d'Aristole, je veux dire de la logique, et leur mauvaise conception les oblige à des changements de décoration (jui déconcertent l'esprit des spectateurs. ■

Avez-vouslu le discours de Dupin? Combien l'épée dans cette occasion a été au-dessus du bonnet carré? (les d(;;x hommes (je comprends le général) me font l'aire une foule de rétlexions que je n'ai pas le temps de vous relater ici : mais suppléez- y, et songez que c'est un parlement janséniste qui a perdu la monarchie. Nos pères avaient grandement raison de mettre l'épée au-dessus de la robe : cela s'appelait un préjugé. Aujourd'hui le dogme est éclairci; mais nous avons payé chèrement les chandelles, et peut-être même en pure perte ; car il y a encore bien des personnes, qui pour ne pas voir, ferment volontairement les yeux.

LETTRES DE .IKA.N KKIiOlJI. 181

LirniiL I.NXVI

Nîmes, 1.") juin lëo'.

Mon clicr ami,

Je 1)0 puis, vous le savez;, faite de longues lellics ', mais que Dieu transmelto dans voire cœur ce qui se passe dans le mien. Je vais mieux, et si ce mieux continue, je viendrai, selmi voire pieuse invitation et au temps indiqué, retremper ma saiilé dans votre noble et sainte amitié : c'est pour un pareil sentiment ({ue Dieu lit son [)lus grand miracle et que Lazare \i( le jour une seconde l'ois.

LETir.E I.XXVll

Nimcs, 28 tcplcmbrc 1854.

En attendant que je puisse écrire notre voyage, je le rumine. Je l'opasse dans ma mémoire Ions ses acci-

I A colle ciiof|uc, M. lîoboiil soulfiMil ilôjù tiii iii;il ([ui liiiii par ciiiiJOilcr.

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deiils; cel;i iiio sert au besoin de dislractiuii quuml je ne puis l'aire mieux. Je soii^e surlout à vos nombreuses connaissances rencontrées sur la roule : à M.M. de lluinbolt, Mitcherlitz, Raucli, et même au roi de Prusse qui vous a répomlu par une lettre charmante et que vous devez garder comme une relique. Quant à Froshdorf, vous me permettrez de vous dire que j'y étais aussi bien connu que vous : ce n'est point la vanité du poêle qui parle ici, mais le senliment d'une fidélité égale à la vôtre. ;

LLilliL I.XXVIIl

^lllle^, 1" iiovenibie ISbi-

Mon cher anii,

Je vous écris souleiiicnt pour vous donner de mes nouvelles. Je vais mieux, mais, comme je vous l'ai déjà dit, je ne puis encore nroccuper de travaux inleliccluels. Mes journées, sauf quelques moments, sont assez bien remplies, cl les distractions ne me font pas défaut. .

DinuMiclic j)yssé nous avons eu ici i\ INinies liuis [toiites j)rovengaux avec lesquels Canonge * m'a l'ait déjeuner chez Durand -. Après le déjeuner ils nous ont fait des lectures charmantes et qui m'ont plus intéressé que tout l'art factice de la capitale. Le soir nous avons été aux Arènes voir la course des taureaux où Basilio et sa troupe ont fait des merveilles d'adresse et d'audace.

Adieu, mon cher ami, je vous quitte pour aller au Mazet " ; le temps est superbe et je veux en profiter.

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