‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 63 sur 103 · LETTRE L.XXXV · texte numérisé non relu

LETTRE L.XXXV

Nîmes, 30 août 1855.

Mon cher ami, Je suis charmé que quelques lignes jetées sans prétention sur la mort de notre saint évêque ne vous aient pas déplu; elles ont été ici favorablement accueillies. J'avais cherché à être simple comme le héros que j'avais à célébrer, et je vois que je nai pas trop mal réussi.

lîtt LETTRES DE JEAN REBOUL

En écrivant cello lettre, votre invitation à partir m'arrivo; mais, tout hien réfléchi, je vois que pour cette fois je ne dois pas accepter. Je no vous en ^^arde pas moins une profonde reconnaissance. Quoique les journées me soient longues, cependant j'ai ici de quoi me distraire, surlout si je consacre le coût du chemin de fer en petits voyages aux environs, car la voiture me soulage beaucoup ; je dois vous dire aussi que celle malheureuse affection n'a pas tout à l'ail disparu et je craindrais d'être maussade. Le voyage de l'an passé m'enseigne la discrétion ; il y a du mieux, sans doute, puisque je travaille, mais ces chaleurs accablantes du mois d'août m'ont fatigué : j'espère que le premier orage y mettra lin. En un mot, cher et généreux ami, rien ne m'engage à profiter de vos offres pour cette fois.

Vous avez sans doute appris par les journaux la mort du pauvre Astouin'. Je reçois une lettre touchante de son père qui m'annonce le coup affreux qui l'a frappé ; il est mort en chrétien, tout Marseille l'a pleuré.

1. M. Astouin est un jeune portefaix de Marseille, qui fut élu représentant en 1848, et dont nous avons parlé page 84). Sa jeunesse, sa piété filiale, sn foi vive, son goût pour la poésie, justifient bien les regrets de sa ville natale et ceux de sa famille.

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