‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 62 sur 103 · LETTRE I.XXXIV · texte numérisé non relu

LETTRE I.XXXIV

Nîmes, 25 juin 1855.

f' Mon cher ami,

Vous me parlez de la rédaction de notre voyage en Allemagne. Je voudrais satisfaire votre désir, mais je ne prends le travail que comme remède, et je vais là où je trouve l'attrait. La rime, comme une vieille servante qui me sert bien ou mal, a du moins le mérite de l'habitude et je cède comme un vieux garçon. J'espère qu'un jour la prose prendra le dessus, et nous verrons d'habiller nos notes avec le costume convenable.

J'ai été ces jours derniers à Uzès. J'ai visité le pavillon habité jadis par Racine ; l'arbre sous lequel il composa les Frères ennemis, existe encore; il est certainement bien contemporain de l'illustre poète Le pavillon en question se trouve dans le parc de

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l'ancien Évêclié, et son balcon ilonne sur la vallée d'Eure, dont les eaux, recueillies dans l'aqueduc du pont du Gard, venaient autrefois à Nîmes. C'est un paysage délicieux, entremêlé de moulins noyés dans des touffes d'arbre d'un vert qui n'avait pas encore été foncé par le soleil ni blancbi par la poussière.

Adieu, mon cber ami, je termine cette lettre au souffle d'un mistral atroce qui enlève les tentes des boutiques, fait crier les girouettes et me force à fermer les volets sous peine de voir ces lignes qui vous sont destinées suivre une tout autre route que celle de la poste.

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