‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 65 sur 103 · I.KTTRi: I.WX Vil · texte numérisé non relu

I.KTTRi: I.WX Vil

Nîmos, \" clpoenil)!-!^ IS^r».

Mon cher ami,

Voilà l)ien longtemps que vous n'avez en tle mes nouvelles, et je me décide aujourd'hui à vous en donner.

Que vous dirai-jc? Que je fais des vers'.' Ce ne sera pas quelque chose de bien nouveau, je ne sais quel démon a condanmé ma vie à celte fatalité. Mais enfin, puisque rinfinnilé est incurahle et malgré tous vos coups de balai, voici quelques nouvelles toiles que l'araignée vient de filer. Deux épîlres: l'une adressée à un de mes amis, Alphonse Hoyer, sur le Droit, et

'200 LETTI'.RS f) F- JF.AN REROUI,

l'iiiitre (le riudéjieiidance du Sacerdoce en temps de révolution, adressée à M. l'ablié de Ciibriùres '. Mes amis, Gazai, oiilre autres, m'ont dit que je n'ai jamais écrit rien de meilleur. Je vous les envoie, ne Int-ce que pour rabattre un peu de la satisfaction que ces éloges m'ont procurée.

Votre exposition csl terminée et j'en rends grâce à Dieu. Vos journaux étaient devenus nauséabonds, avec leurs comptes rendus de machines , pompes, clyso-pompes, etc. : tout ce qui a excité ici l'enthousiasme des bourgeois enrichis et des avoués en vacances, car tout cela s'était enwagonné pour la capitale nouvellement maçonnée.

Nous avons installé avant-hier monseigneur Plantier, notre nouvel évêqtie. Je l'ai vu ; c'est un homme charmant, lettré, un orateur d'un très-grand mérite. J'espère que l'avenir nous montrera en lui les vertus épiscopales dont nous avons besoin de nos jours, bien plus que de belles paroles, surtout dans les pays mixtes. Dieu, en nous enlevant le samt pasteur que nous avons perdu, a dû pourvoir à tout et nous appliquera le bénéfice de ses souffrances et de ses labeurs dans l'exercice du saint Ministère. C'est ce que mon-

1. Nous donridn? ces deux pièces ;"i la snilo de celte leUrc.

LETTP.ES DE JEA.N HEDOUl. •10\

seigneur IMautier a dit lui-niéine avec une liuuiililéet une convenance parfaites dans les premières paroles qu'il a adi'essces à ses ouailles, et pour ma part je crois que monseigneur (iarl sera reujplacé, niaigré le vide immense ({u'il semble avoir laissé.

DU SACERDOCE EN TEMPS DE REVOLUTION A JIONSIEUU LAKBÉ DE CABRIÈllES

Dilal sorvatu lide^ '.

(Hier abbé, lu l'as dit, yuidé par ton bon sens ; L'autel souffre toujours des piètres courtisans. Kieu ne Siiurait gagner à cette servi tuile. Le loniple soupçonné se cbange en solitude : César nièine, César n'est jamais bien servi, S'il lait un instrument de la main de Lévi. Il est, quoique placés sur différentes cimes, Entre les deux pouvoirs des ra[)|)orts léiiilime^. Je ne veux point, prêchant de laruucbes vertus, Faire des saints parvis la maison de Brutus.

Page 1