‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 8 sur 103 · LETTRE V · texte numérisé non relu

LETTRE V

Nîmes, 11 juillet 1836.

Monsieur,

Je vous remercie des éloges et surtout des critiques que vous voulez bien accorder à mon faible volume, mais ce qui m'a transporté, c'est le don de votre amitié; elle s'est égarée, pardonnez-moi de vous le dire, quand vous me comparez à tant d'illustrations dont je suis si loin. Aussi, comme poète, j'accepte votre première lettre et comme ami la seconde.

Vous me demandez ce que je pense de M. Berryer. C'est l'honime le plus vrai de l'époquo par les sentiments et par la manière de les exprimer ; je ne con-

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nais pas un plus magnifique éloge. La vérité étant ce qu'il y a de plus rare par le temps qui court, si vous avez occasion de lui parler, et je pense que vous lui offrirez vous-même le volume, dites-lui, si mes éloges peuvent être de quelque poids, que l'admiration a souvent fait tomber les journaux de mes mains; il est de notre pays par l'intelligence, sa parole est un glaive qui a tout le mordant méridional et toute la limpidité romane; quand elle se fait entendre à la Chambre, c'est un rayon de soleil qui traverse une cave.

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