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Mon oluT ami,
J'ai diverses clioses à vous apprendre depuis votre dernière lettre. D'abord , le docteur Godefroy m'a demandé de la paît de la nièce de Woodswoïtli, poète anglais, créateur de l'école de la Quille (je ne serai jamais son disciple), un autographe (pje je kii ai envoyé ; puis M. le comte de Montalembert est passé à Nîmes, allant à Sorrèze voir son ami le P. Lacordaire que l'on dit bien malade. Ouoiquc n'ayant que quelques heures à passer à Nimes, l'illustre écrivain est venu me voir ; nous avons déjeuné ensemble chez l'abbé Lacroix, directeur de la Revue catholique^ rien que nous trois. Le comte a été des plus aimables. Sa conversation a été pleine de verve et le déjeuner très-animé. Avant de nous quitter au chemin de fer, il m'a fait promettre de motirc en vers le chant polonais qui est dans sa dernière publication : VneNa-
tioii en deuil. Le surlendemain la chose était -l'aile. Vous sentez qu'un travail de professeur était audessus de ma patience. Le mot à mol m'aurait glacé. J'ai mieux aimé prendre l'œuvre par le grand côté. J'ai lu, et j'ai écrit sous l'empire de mes sensations ; vous trouverez ci-joint une copie, ou plutôt le brouillon de cette imitation. Je sais que ces choses vous font plaisir. L'envoi est pour vous seul. Comme je n'ai pas encore de réponse de M. de Montalemberl, la publication serait une inconvenance. La lettre d'envoi au comte porte : Vous en disposerez comme vous l'entendrez. Je veux donc que la publicité parte de lui, si toutefois l'œuvre en est digne. C'est un acte de complaisance comme je l'ai dit plus haut, ou plutôt de reconnaissance.
J'ai rei;u plusieurs journaux rapportant la tête de saint Jean- Baptiste avec quelques lignes bienveillantes, variantes des paroles tombées de la plume de M. Laurentie à qui je vous prie de renouveler l'expression de ma gratitude.