‹ Lettres de jeunesseChapitre 14 sur 60 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

temps de leur écrire. Eugène Manuel, écrivant à ses parents, ne craint pas de se raconter à loisir et copieusement. Il sait que pas un mot ne sera perdu, et que ses lecteurs, outre le plaisir de revivre sa vie, auront celui de goûter sa grâce et son esprit. Cela est un peu suranné et très touchant.

Je n'ai pas à déflorer ces lettres en les analysant : on les lira, et nul doute qu'on n'en goûte le charme. On l'y trouvera d'abord lui-même, avec ses rares qualités intellectuelles et morales, et l'on aura plaisir à lier connaissance avec cette âme si attachante. On y trouvera aussi, à chaque instant, la nature, cette nature française qu'il aimait tant, dans la variété de ses aspects, et qu'il se complaisait à décrire; puis les hommes et les choses, et les événements d'une période fertile en péripéties. A Dijon, après un amusant récit de voyage qui nous reporte à l'âge lointain des diligences, c'est surtout la société qui attire ses regards : il y a là l'histoire d'un bal de bienfaisance qui est bien joliment contée. A Grenoble, nous sommes en pleine révolution de Février : l'histoire des émotions, des incertitudes, des agitations qui se succèdent dans une ville de province, loin du théâtre des événements, est retracée d'une plume aussi habile que minutieusement exacte; de même la silhouette de quelques-uns des acteurs. A Tours, c'est encore la société surtout qui est mise sous nos yeux» puis

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