‹ Lettres de jeunesseChapitre 23 sur 60 · Chateaubriand, Génie du Christianisme, i" partie, ch. xi · texte numérisé non relu

Chateaubriand, Génie du Christianisme, i" partie, ch. xi

Aussi l'homme d'abord y court avidement; Mais lui-même il en est l'âme et le fondement. Lorsqu'un pécheur, ému d'une humble repentance, Par les degrés prescrits court à la pénitence, S'il n'y peut parvenir, Dieu sait les supposer. Le seul amour manquant ne peut pas s'excuser. C'est par lui que dans nous la grâce fructifie. Etc., etc.

Cela continue ainsi, aussi froidement, aussi prosaïquement, pendant plusieurs pages.

Voici un passage d'un sermon de Bossuet ' : « Ouvrez les yeux, ô Mortels! Contemplez le ciel et la terre 1 et la sage économie de cet univers ! Est-il rien de mieux entendu que cet édifice? Est-il rien de mieux pourvu que cette famille? Est-il rien de mieux gouverné que cet empire? Ce grand Dieu qui a construit le monde, et qui n'a rien fait qui ne soit très bon, a fait néanmoins des créatures meilleures les unes que les autres! Il a fait les corps célestes qui sont immortels! il a fait les terrestres qui sont périssables! Il a fait des animaux qui sont admirables par leur grandeur! Il a fait les insectes et les oiseaux qui paraissent méprisables par leur petitesse ! Il a fait ces grands arbres des forêts qui subsistent des siècles entiers. Il a fait les fleurs des champs qui passent du matin au soir! Depuis les plus grandes choses, jusqu'aux plus petites, sa providence se répand partout! Il nourrit les petits oiseaux qui l'invoquent dès le matin par la mélodie de leur chant. Et ces fleurs dont la beauté est sitôt flétrie, il les pare si superbement, durant ce petit moment de leur vie, que Salomon, dans toute sa gloire, n'a parmi ses trésors rien de comparable à cet ornement ! »

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