Secondes Méditations, XVI, la Branche d'Amandier
mesure peuvent s'entremêler, et c'est ce qu'on appelle une strophe. Écoute deux strophes de Lamartine.
Insensé le mortel qui pense!
Toute pensée est une erreur.
Vivez et mourez en silence, Car la parole est au Seigneur.
Il sait pourquoi flottent les mondes; Il sait pourquoi coulent les ondes, Pourquoi les Cieux pendent sur nous; Pourquoi le jour brille et s'efface.
Pourquoi l'homme soupire et passe :
Et vous, mortels, que savez-vous?
Ainsi qu'on choisit une rose Dans les guirlandes de Sarons, Choisissez une vierge éclose Parmi les lis de vos vallons; Enivrez-vous de son haleine, Écartez ses tresses d'ébène.
Goûtez les fruits de sa beauté; Vivez, aimez, c'est la sagesse!
Hors le plaisir et la tendresse, Tout est mensonge et vanité *.
Entends-tu l'harmonie, née du retour des rimes, de l'égalité des syllabes, du nombre symétrique des vers? Et dans la strophe suivante, dans la pièce de vers sur Napoléon, comme l'harmonie est admirable !
Il est là!.. Sous trois pas un enfant le mesure! Son ombre ne rend pas même un léger murmure: Le pied d'un ennemi foule en paix son cercueil. Sur ce front foudroyant le moucheron bourdonne, Et son ombre n"entend que le bruit monotone D'une vague contre un écueil-!
Note cette strophe en prose :
« Il est là I un enfant le mesure sous trois pas! son