Suzanne Las;ier
Si vous dîniez avec la rue Saint-Georges.
Si le soir vous alliez présenter vos hommages, rue de Courcelles, et donner votre photographie au guerrier Bougenel ^
Est-ce que ce serait bête tout ça, hein?
A vous, bien à vous et tout à vous.
Jules de G.
Réponse S. V. P.
1. Le général de Bougenel, chevalier d'honneur de la princesse Mathilde.
A PAUL DE SAL\T-VICT01l
:8 août 1863 .
Mûii cher ami.
Si nous ne vous avons pas écrit, ce n'est pas oubli, c'est que nous avons longtemps hésité à vous faire venir dans une auberge de village, dans de vrais chambres de paysans, dans des lits à puces, dans une saUe à manger blanchie à la chaux ^ enfin dans tout ce qu'il y a de plus couleur locale en fait de campagne. Je reçois votre lettre : ma foi, tant pis ! cela me décide, vous en goûterez.
Yoici Tordre et la marche :
Vous prenez au chemin de fer de Lyon, lign? du Bourbonnais, un billet pour la station de Bourron.
4. Nous faision? après des folies de bibelots, une de ces retraites à nous habituelles, dans une auberge de peintres, où l'on vivait à 3 francs par jour. Saint Victor, au fond, beaucoup moins délicat que nous, mais cent fois plus exigeant d'une apparence chic dans l'extériorité des choses, fut terrifié de la rusticité de l'existence. Je me rappelle entre autres choses son effarement en une promenade, qu'il voulut faire dans la forêt en voiture, — il était très mauvais marcheur— promenade qui se fit, sur des chaises, dans une charrette prêtée par le beau-père de notre aubergiste, qui était marchand de cochons : Ja charrette ou il chargeait les porcs qu'il achetait dans les environs.
BouiTon est à vingt minutes de Grez. Les heures de départ de Paris sont : 8 heures du matin, arrivée à Bourron, 10 heures 27 minutes.
Je crois que voilà comme nous arrangerons vos et nos quatre jours. Deux jours ici à voir les ruines (nous avons une ruine), la rivière, etc., et le côté de la forêt avoisinant la Mare-aux-Fées, la Gorge-aux- Loups, etc.
Mercredi nous irions à Fontainebleau et louerions une voiture pour l'autre côté de la forêt, Barbison, le Bas-Bréau, etc.
Et jeudi, nous verrions le château, qui est très curieux, et que je reverrai bien volontiers avec vous. A ce propos, demandez à Claudin d'envoyer à votre nom, au chef de gare de Fontainebleau, une permission du Ministère pour voir les chinoiseries de l'Impératrice, la salle de spectacle, enfin ce qu'on ne voit pas.
Nous sommes heureux de vous attendre. Embrassez Claire, dimanche, pour nous. Nos meilleurs souvenirs à Lia.
A vous et à lundi, 10 heures et demie, j'espère,
Jules de G.
P. S. Je viens de m'enquérir du barbier. Il y en a positivement un. Mais vu létat sauvage du pays, je me figure qu'il doit raser, en vous mettant un œuf dur dans la bouche. Il y a aussi de la matelote. Ceci est le trait du Parthe .
Un mot tout de suite à la poste.
A PAUL DE SAI^T-VICTOR
Cabourg, samedi (29 août 1863).
Mon cher ami,
Xe venez pas à nous. Nous revenons à vous. Décidément le ronron « du grand chat vert » est monotone, et un rhume à deux, nous prive de nous baigner, et puis c'est ici, une Sainte-Périne de vaudevilUstes.
Donc nous serons lundi au dîner de Magny, et le soir, à la petite fête de famille de la rue de Longchamp ^
Nous vous serrons de tout cœur la main jusque-là.
Jules de G.
r. Chez Théophile Gautier.
A GAVA RM
A'endrecli (septembre 1863).
Mon cher Gavarni,
Nous avons été si pris, si pris, tous ces temps-ci, que nous n'avons pu aller à Auteuil. Est-ce qu'on ne vous verra pas demain chez Magny? Un petit effort, s'il vous plaît !
(Confidentiel). Et on dit que nous allons avoir, un de ces jours, un Gavarni par Sainte-Beuve. Mais chut f C'est nous qui devons donner les renseignements, — nous en donnerons de propres !
Rappelez-vous le beau mot : h Puisque je suis leur chef, il faut bien que je les suive ! Et puisque la société (Magny) est la société Gavarni, paraissez-y. »
Et comment que vont ces bronches? Après ça. c'est si rare une santé qui ne bronche pas!
« A demain.
Pour le président de la société, le vice-président,
LiTTREBOIT.
A MICIIELET
7 octobre 63.
Monsieur.
Nous voulions vous remercier de vive voix, et bien vivement; de llionneur inattendu et inespéré, que vous nous avez fait, en nous citant d'une si flatteuse façon, dans la préface de votre Régence ^
1. Le grand écrivain disait dans cette préface : « D'éminents écrivains, savants, ingénieux, je pense à MM. de Goncourt, ont souvent rapproché le temps de la Régence de ceux de Louis XVI... »
Michelet voulait bien aussi, plusieurs fois, nous complimenter sur nos études d'art. Voici une lettre nous remerciant de l'envoi du Chardin :
4 juillet G4.
Je suis, je vous assure, étonné, ravi, à quel point vous possédez les nuances 1 et les nuances de goût, et celles de l'expression, une langue qui atteint (chose prodigieuse que je n'aurais pas crue) le détail des arts du dessin, jusqu'ici véritablement si peu accessibles au style.
Je vous serre la main affectueusement,
J. Michelet.
J'imprime, et je suis au fond d'une chose disproportionnée, hélas 1 à toute force humaine, que j'ai osée, que je poursuis. — Vous savez bien, j'en suis sur, ce que c'est que l'acharnement... J'emporte le monstre à Dîeppe pour décidément l'étrangler.
Nul éloge ne pouvait tomber de plus haut sur nous, et nous vous prions de croire à une gratitude, dont nous irons vous porter l'expression à votre retour de la campagne
Nous sommes jusque-là, monsieur, vos très reconnaissants.
Ed. et J. de Goncourt.
A GAyARM
(Janvier 1861-.) P'pa Gavarni,
Pour vos étrennes :
Il s'agit d'une pompe qu'une portière veut vendre. — « Une pompe comme ça. monsieur, ça se monte et se démonte à vis... comme le trou du cul à Pilate. »
Une autre légende : — « ... des femmes l... des femmes qui ne volent pas plein leur cul d'eau chaude! »
Et quand dînerons-nous, que je vous la souhaite bonne, et heureuse, et lithographique?
LiTTREBOIT,