‹ Lettres de Jules de GoncourtChapitre 44 sur 67 · A FEYDEAU · texte numérisé non relu

A FEYDEAU

(24 avril 1863).

Mon cher ami,

Je crois bien que nous y serons et avec quatre bons battoirs ^

Personne ne vous souhaite bonne chance, — av.-^c plus d'intérêt que nous.

A vous,

Jules de Goxcourt.

1. Représentation de 3Ioxsieir de Saint-Bertrand, au Vaudeville.

A PAUL DE SALXT-VICTOR

(Avril lS6o.)

Vous seriez très aimaJile de nous rendre le petit service, d'annoncer dans votre feuilleton. s"il est possible, la présentation au Vaudeville de notre pièce en trois actes, intitulée Henriette, pièce familière de cœur et de passion, si j"ose m'exprimer ainsi. Je crois que cela ne ferait pas mal auprès de Beaufort. Je vous demande deux lignes seulement.

Bien à vous et encore merci d'avance,

J. DE GONCOURT

A SAINTE-BEUVE

(Mai 1863.)

Nous VOUS félicitons bien cordialement — et nous îelicitons aussi le Sénat d'avoir été élevé à la dignité — de vous avoir.

A mercredi soir et bien à vous jusque-là.

E. ET J. DE GONCOURT

(Août I860).

Les mauvais relais qu'il y a dans la vie, mon cher ami ! Vous me semblez être à une de ces vilaines postes : espérons, comme dit BjTon, que vos destins vont changer de chevaux. J'ai reçu la lettre de faire part de la mort de votre neveu, mais je n'ai appris que ces jours-ci les détails de cette triste fin. Et puis la maladie de votre mère, vos inquiétudes, c'est trop. Vous me dites qu'elle va mieux. Nous serons bien heureux d'en recevoir ces jours-ci de bonnes et rassurantes nouvelles... Je vous écris, non pour vous dire la part que nous prenons à toutes vos tristesses, mais pour vous distraire et vous désennu3-er un peu. Passons donc aux nouvelles. >'ous revenons de chez la princesse, où nous avons passé ces quatre derniers jours... Nous n'avons parlé croix qu'une fois, et naturellement pour un ami que vous connaissez. La princesse nous a fait avec le plus sincère étonnement : (• Comment, Flaubert n'est pas décoré? Mais je n'en savais rien. Nous nous le demandions l'autre jour avec Charlotte. Ah ! si j'avais su, je l'aurais demandé directement. » Sur ce, nous nous sommes permis sur vous des paroles d'éreintement comme les suivantes :

« que ce serait un honneur pour le g-ouvernement de vous décorer ». Enfin nous avons lâché ce que nous pensons. Et voilà.

Merci pour Henriette. Elle ne va pas mal et quelque chose lui fait en ce moment de belles chances pour un bon hiver. Ponsard ne peut plus caresser la muse et finir sa pièce de M"^^ Tallten. On dit même qu'il se meurt. Nous ne lui en demandions pas tant. Et tout nous fait croire que nous passerons à sa place, c'està-dire vers la fin d'octobre. Les répétitions ne commenceront, je pense, que vers le milieu de septembre.

Et puis la grande histoire du jour, l'affaire Girardin K Je n'ai jamais vu de four pareil à la première. La pièce s'est mise à tomber à la seconde scène, pas même dans les sifflets, mais dans l'ennui, dans le mépris du demi-rire. Et le bonhomme Girardin était là planté, piété dans la loge de la princesse, avec la tête d'un bonhomme en cire qui se verrait fondre. Les huées, le tumulte furieux et colère ont empêché d'entendre son nom, jeté au public par Félix avec un mauvais goût de blague. Une telle chute dans des risées, vous n'imaginez pas, c'était si affreux, que nous avons eu serré, toute la nuit, notre estomac de futurs auteurs. Après cela c'était bien mérité. Payezvous la pièce aussitôt parue. C'est l'insolence du rien. On peut mesurer, là, la petitesse de tête du la Palisse du paradoxe.. Et l'écriture, je vous la recommande.

Vos bien amis, Jules de Goncourt.

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