La Comtesse de Cualis. Lévv
A FLAUBERT
13 janvier 1868.
Mon vieux,
D'abord on vous la souhaite — et bon travail.
Ce que nous devenons? Mais toujours la même chose, rien! Nous avons été passer le mois de décembre, tout entier, dans noire famille et dans des campagnes de neige à espérer des sangliers. Deux purs abrutis, quoi ! La princesse est toujours toute noire distraction. Nous avons dîné une fois chez la Païva. Il n'y avait de feu ni dans les cheminées, ni dans la conversation. ïaine y a débuté et lui a raconté la vie de Newton. Sainte-Beuve a été alTreusement souffrant. Nous l'avons vu, un jour, dans un état désespéré et désespérant, et puis trois jours après, nous avons trouvé, de cette main d'agonie, une lettre au Figaro, pour féliciter Feydeau des personnages de sa pièce 1 A quoi se fier?
Pour Manette^ dont vous voulez bien vous occuper, — ça été un succès, à notre grand étonnement, mêlé naturellement de quelques injures. M nous a
Manette Salomox. Lacroix. Verboeckoven et C°, 1867, 2 vol.
appelé : Japonais! et le Corsaire : « Les grands pontifes de lïnutilité. » La nouvelle, nouvelle sur nous, c'est que nous avons cinq terribles actes de Révolution ^ aux Français, que nous devons lire un de ces jours. Et puis ma foi, c'est tout. Le Magny auquel nous avons manqué ces temps-ci, est tout détraqué. Yeuillot a tiré sur notre dédicace : A la table de Magny, et a flétri ce repas d'Épicure. On parle de le reconstituer à un jour par mois.
Revenez-nous vite. La rue Saint-Georges a bien besoin du boulevard du Temple. Et on s'embrassera de bon cœur en se revoyant.
A vous des quatre mains.
Jules de Goxcourt.
in-18. — Sur ce livre, Victor Hugo, curieux de notre dualité, et qui nous fut toujours très sympathique, nous adressait cette lettre :