DE L’ÉLECTRICITÉ
de l’air sec, l’humidité étant d’une nature toute différente, comme je le remarquerai bientôt.
Ensuite, dans cette même classe des corps à pores fermés, il faut ranger le verre, la poix, les corps résineux, la cire d’Espagne, le soufre, et en particulier la soie. Toutes ces matières ont leurs pores si bouchés, que l’éther ne saurait y entrer ni en sortir que fort difficilement.
L’autre classe principale des corps dont les pores sont ouverts contient premièrement l’eau, et les autres liqueurs dont la nature est tout à fait contraire à celle de l’air; ce qui est la raison pour laquelle l’air, lorsqu’il devient humide, change tout à fait de nature à l’éan^lde l’électricité, puisqu’alors l’éther peut y entrer et en sortir presque sans aucune difficulté. A cette même classe des corps à pores ouverts il faut rapporter tous les métaux et les corps des animaux. +
Pour les autres corps, comme le bois, plusieurs pierres et terres, ils tiennent une nature moyenne entre les deux espèces principales que je viens de rapporter; et le passage de l’éther, tant pour y entrer que pour en sortir, est plus ou moins facile, selon la propre nature de chaque espèce.
Après ces éclaircissements sur la diverse nature des corps à l’égard de l’éther qui y est engagé, V. A. verra avec liiij^Jr la satisfaction comment tous les pHfcomènes de l’électricité, qu’on regarde comme des prodiges, en découlent très-naturellement.
Tout dépend de l’état de l’éther répandu ou dis-
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perse dans les pores de tous les corps, en tant qu'il n’a pas partout le même degré d’élasticité, ou qu’il est plus ou moins comprimé en quelques corps qu’en d’autres; car alors l’étlier, n’étant pas en équilibre , fera des efforts pour s’y remettre. Des endroits où il est comprimé, il tâchera de se dégager autant que l’ouverture des pores le permet, pour se répandre et entrer dans les pores où la compression est moindre; et cela durera jusqu’à ce qu’il soit remis partout au même degré de compression et d’élasticité, pour y demeurer en équilibre.
Ici je remarque d’abord que lorsque l’éther passe d’un corps où il était comprimé, dans un autre où la compression était moindre, il rencontrera dans l’air, entre les deux corps, de grauds obstacles, à cause des pores de l’air, presque tout à fait fermés. Cependant il percera par l’air, comme par une matière liquide et très-déliée, pourvu que sa force ne soit pas trop petite, ou l’intervalle entre les corps trop grand. Or. ce passage de l’éther étant fort gêné et presque empêché par les pores de l’air, il lui arrivera la même chose qu’à l’air, lorsqu’on le force de passer bien vite par de petits trous : on entend alors un sifflement, qui est une marque que l’air y est mis dans un mouvement d’agitation qui cause ce son.
Il est donc très-naturel que l’éther, lorsqu’il est forcé de pénétrer à travers les pores de l’air, y doit aussi recevoir une espèce d’agitation. Or, V. A. se souviendra que comme une agitation dans l’air produit un son, ainsi une semblable agitation dans