ATTRACTIONS ET RÉPULSIONS ÉLECTRIQUES
grand diamètre du tuyau, soit à cause de la nature même du verre.
Les expériences nous laissent conclure que par ce moyen le tuyau de verre devient surchargé d’éther, pendant que la cire d’Espagne en est dépouillée : cependant les phénomènes en sont à peu près les mêmes.
D’abord il faut observer que le tuyau de verre conserve son électricité tant qu’il n’est entouré que de l’air, à cause que les pores tant du verre que de l’air sont trop fermés pour donner à l’éther une communication assez libre, et dépouiller le verre de son éther superflu, qui en augmente l’élasticité. Mais pour cet effet il faut que l’air soit bien sec, puisque ce n’est que dans cet état que ses pores sont bien fermés; dès que l’air est humide ou chargé de vapeurs, les expériences ne réussissent pas, quelque peine qu’on se donne à frotter le verre. La cause en est très-évidente : car, puisque l’eau, qui rend l’air humide, a ses pores très-ouverts, ils reçoivent à chaque instant ce qu’il y a de trop d’éther dans le verre; de sorte que le verre reste dans son état naturel. Ce n’est donc que dans un air bien sec que ces expériences réussissent : voyons maintenant quels phénomènes doit alors produire un tel tuyau de verre, après avoir été frotté.
D’abord il est clair qu’en lui présentant un petit corps léger C à pores ouverts (Jig- 3), comme des feuilles d’or, l’éther trop élastique du tuyau aux endroits les plus proches DE ne fera pas des efforts inutiles pour se décharger et passer dans les pores
du corps C. 11 se frayera un chemin au travers de l’air, pourvu que la distance ne soit pas trop grande; et dans l’obscurité on verra même une lumière entre le tuyau et le corps, dont la cause est l’agitation excitée dans l'éther, qui passe avec peine du tuyau dans le corps. Quand au lieu du corps C on y tient le doigt, on y sent même une piqûre que cause l’entrée rapide de l’étlier; et quand on y tient le visage à quelque distance, on sent une certaine agitation dans l’air qui est causée par le passage de l’éther. Quelquefois on entend aussi un craquement léger, qui est sans doute causé par une agitation de l’air que l’étlier traverse si rapidement.
V. A. n’a qu’à se souvenir qu’une agitation dans l’air cause toujours un son, et un semblable mouvement dans l’éther une lumière : et la raison de ces phénomènes deviendra assez claire.
Mais remettons le petit corps léger C dans le voisinage de notre tuyau électrique; et tant que l’éther s’échappe du tuyau pour entrer dans les pores du corps C, l’air en sera chassé en partie, et ne pressera pas, par conséquent, de ce côté aussi fort sur le corps que tout autour: de là arrivera, comme dans le cas précédent , que le corps C sera poussé vers le tuyau; et puisqu’il est léger, il s’en approchera en effet. D’où l’on voit que cette attraction apparente a également lieu, soit que l’éther du tuyau soit trop élastique ou trop peu; ou bien, soit que l’électricité du tuyau soit positive ou négative. Dans l’un et dans l’autre cas, le passage de l’éther arrête l’air, et i’empéche d’agir par sa pression.