‹ Lettres de L. Euler a une princesse d'AllemagneChapitre 30 sur 130 · PRODUCTIOS DES DEUX ÉLECTRICITÉS · texte numérisé non relu

PRODUCTIOS DES DEUX ÉLECTRICITÉS

Si la barre AB (Jîg. 8) a une électricité positive et qu’on lui présente le doigt C , la lumière qui sort de la barre paraît sous la forme d’une aigrette mu, et auprès du doigt on voit en p un point lumineux.

Mais si la barre AB ( fig . 9) a une électricité négative , et qu’on lui présente le doigt C , c’est du doigt que sort l’aigrette lumineuse mn, et on voit le point lumineux p auprès de la barre.

Voilà le principal caractère par lequel on distingue l’électricité positive de la négative. Toujours où l’éther s’échappe, l’étincelle a la figure d’une aigrette; mais où l'éther entre dans un corps, l’étincelle est un point lumineux.

(35 juillet 1761.)

Comment te même globe de verre peut fournir l’une et l'autre espèce d’électricité à la fois.

V. A. comprendra mieux la différence entre l’électricité positive et négative, quand j’aurai l’honneur de lui expliquer comment on peut produire par un seul globe de verre l’une et l’autre espèce d’électricité , ce qui servira en même temps à mieux éclaircir ces admirables phénomènes de la nature.

Soit AB ( fig . 10) le globe de verre tourné autour de son axe C et frotté par le coussin D, vi«ivis duquel le globe est touché par des franges de

métal F , attachées à la barre de fer FG , suspendue par des cordes de soie H et I, afin que la barre ne touche nulle part à des corps à pores ouverts.

Cela posé, V. A. sait que, par le frottement contre le coussin D , l’éther passe du coussin dans le verre, où il devient plus comprimé et par conséquent plus élastique ; de là il passera donc par les franges F dans la barre de fer FG ; car quoique les pores du verre soient assez fermés , puisque l’éther s’accumule dans le globe de plus en plus par le frottement, il devient bientôt si surchargé, qu’il en échappe par les franges de métal pour se décharger dans la barre, d’où celle-ci devient également électrique.

De là V. A. voit que tout ce superflu d'éther est fourni par le coussin, qui en serait bientôt dépouillé s’il n’avait point une libre communication avec l’échafaudage qui soutient la machine, et par là avec la terre tout entière , d’où le coussin est à chaque instant de nouveau rempli d’éther; de sorte que tant que le frottement dure, il en a copieusement pour comprimer davantage celui qui se trouve dans le globe et la barre. Mais si toute la machine repose sur des piliers de verre comme M et N, ou qu’elle soit suspendue par des cordes de soie , de sorte que le coussin n’ait aucune communication avec des corps à pores ouverts, d’où le défaut d’éther y puisse çtre suppléé, le coussin sera bientôt dépouillé de son éther, et l’électricité dans le globe et la barre ne saurait être portée au delà d’un certain degré, qui sera à peine sensible, à moins que

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