II. IO
Voilà donc deux hommes l’un et l’autre électriques, mais d’une nature tout à fait contraire, quoiqu’ils aient été rendus électriques par la même machine. *L’un et l’autre sera entouré d’une atmosphère électrique, qui dans l’obscurité paraîtra sous la forme d’une lueur à peu près comme les peintres représentent les saints : la raison en est, que de l’un l’éther superflu échappe insensiblement dans l’air environnant, et qu’à l’égard de l’autre, l’éther contenu dans l’air s’insinue insensiblement dans son corps. Ce passage , quoique insensible , sera accompagné d’une agitation d’éther, d’où résulte la lumière.
Il est clair que ces deux électricités sont directement opposées; mais pour s’en convaincre, ces deux hommes n’ont qu’à se donner les mains ou se toucher seulement, et on verra sortir d’eux des étincelles très-fortes, et eux-mêmes ressentiront des douleurs très- vives.
Si ces deux hommes étaient électrisés de la même espèce, ce qui arriverait si tous les deux touchaient ou la barre ou la masse métallique, ils pourraient se toucher impunément, sans la moindre marque d’étincelle et de douleur, puisque l’éther contenu dans tous les deux se trouverait dans le même état, tandis que dans l’autre cas leur état est tout à fait contraire.
ue l’expérience de leydk.
(38 juillet 1781.)
Sur l’expérience de Leyde.
Je vais entretenir maintenant V. A. sur un phénomène tout à fait singulier de l’électricité, qui a fait bien du bruit, et qui est connu sous le nom de la fameuse expérience de Leyde , puisque M. Muschenbroeck, professeur à Leyde, en est l’inventeur. Le singulier de cette expérience cousiste dans la force terrible qui en résulte, et dont plusieurs personnes à la fois peuvent sentir les coups les plus rudes.
La fig. il mettra V. A. en état de comprendre la nature de cette expérience curieuse. C est le globe de verre tourné par le moyen de la manivelle E, et frotté par le coussin DD pressé contre le globe par le ressort O. En Q sont les franges métalliques qui transmettent l’électricité dans la barre de fer FG par la chaîne métallique P.
Jusqu’ici rien ne diffère de la manœuvre que j’ai déjà quelquefois eu l’honneur de décrire à V. A. Mais pour exécuter l’expérience dont il s’agit ici, on attache à la barre encore une autre chaîne de métal H, dont on fait entrer l’autre bout I dans un madras de verre KL, rempli d’eau, et le matras même est posé dans un bassin LL également rempli d’eau. On enfonce dans l’eau du bassin encore une autre