‹ Lettres de L. Euler a une princesse d'AllemagneChapitre 33 sur 130 · IO · texte numérisé non relu

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chaîne A, quand on veut, dont l’autre bout traîne sur le plancher.

Maintenant, avant fait mouvoir la machine pendant quelque temps pour que la barre devienne suffisamment électrique, V. A. sait que si quelqu’un présentait son doigt au bout de la barre en a, il en ressentirait le coup ordinaire de l’électricité par l’étincelle qui en sort. Mais si ce même homme mettait en même temps l’autre main dans l’eau du bassin en A, ou qu’il touchât seulement de son corps la chaîne plongée dans cette eau , il ressentirait un coup incomparablement plus rude, qui lui causerait des secousses par tout le corps.

On peut même faire sentir ces mêmes secousses à plusieurs personnes à la fois : ces personnes n’ont qu’à se donner les mains, ovi il suffit même qu’elles se touchent par leurs habits ; alors la première personne met sa main dans l’eau du bassin, ou touche seulement la chaîne dont un bout y est plongé : ensuite , dès que la dernière personne présente le doigt à la barre, on en voit sortir une étincelle beaucoup plus forte qu’à l’ordinaire, et toutes les personnes sont frappées au même instant de coups très-rudes par tout leur corps.

Voilà la fameuse expérience de Leyde, qui est d’autant plus surprenante , qu’il est difficile de voir de quelle manière le matras et l’eau du bassin contribuent à renforcer si terriblement l’effet de l’électricité. Pour surmonter cette difficulté, j’aurai l’honneur de faire là-dessus les réflexions suivantes.

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