DES PROCÉDÉS D'AIMANTATION
magnétique passera aisément de l’une dans l’autre; on y pourrait encore mettre un petit morceau de fer doux P, pour mieux entretenir ce courant; et — fde cette manière on aimantera très-promptement autant de doubles barres qu’on voudra.
(I** décembre 1761.)
Comment on communique à des barres d'acier une force magnétique très-grande, par le moyen d’autres barres qui n’en ont qu’une très-faible.
Quoique cette manière d’aimanter à double touche soit fort préférable à la précédente, on ne saurait cependant porter la force magnétique au delà d’un certain degré. Soit qu’on se serve d’un aimant naturel ou de deux barres magnétiques pour frotter d’autres barres , celles-ci n’acquerront jamais tant de force que celles-là; l’effet ne saurait jamais être plus grand que la cause.
Si les barres dont on frotte ont peu de force, les autres qui en sont frottées en auront encore moins; la raison en est évidente : car comme des barres destituées de toute force magnétique n’en sauraient produire en d’autres, une petite force magnétique n’est pas capable d’en produire une plus grande, au moins par la méthode que je viens de décrire.
Mais on ne doit pas prendre à la l igueur cette
règle , comme s’il était absolument impossible de produire une plus grande force magnétique à l’aide d’une plus petite. J’aurai l’honneur d’expliquer à V. A. une méthode par laquelle on est en état d augmenter la force magnétique presque aussi loin qu’on voudra, et cela en commençant par la plus petite. C’est une découverte de ces derniers temps, qui mérite d’autant plus d’attention, qu’elle nous éclaircit incomparablement mieux sur la nature du magnétisme.
Supposons donc qu’on n’ait d abord quun tiesfaible aimant, ou bien, au défaut d’un aimant naturel, des barres de fer rendues tant soit peu magnétiques par le seul tourbillon de la terre, comme j’ai eu l’honneur de l’exposer à V. A. dans mes lettres précédentes. Alors, qu’on se procure huit barres d’acier qui ne soient que fort petites et non trempées, pour recevoir plus aisément la petite force magnétique que le faible aimant, ou les barres mentionnées, que je suppose tant soit peu magnétiques, sont capables de leur communiquer en frottant chaque paire ou couple de la manière que j’ai exposée précédemment. Ayant maintenant quatre paires de barres tant soit peu magnétiques, qu’on en prenne deux paires, et qu’on les joigne ensemble.
Des deux barres, en les réunissant ensemble par les pôles du même nom, on n’en fait quune seule d’une épaisseur double, et alors on forme le compas des deux barres doublées AC et BD (Jig. 45), qui se touchent en haut CD, où, pour mieux entre-