‹ Lettres de L. Euler a une princesse d'AllemagneChapitre 68 sur 130 · DE LA LANTERNE MAGIQUE · texte numérisé non relu

DE LA LANTERNE MAGIQUE

aura de lumière et deviendra plus obscure; au lieu que si l’on fait l’image petite, elle devient plus lumineuse et plus brillante. I*a raison en est évidente, toute la clarté provient de l'illumination de l’objet; donc, plus elle est répandue dans un grand espace, plus elle doit être affaiblie; mais étant réduite dans un moindre espace , elle sera plus vive et plus brillante.

V. Donc, plus on veut grossir la représentation, plus on doit renforcer l’illumination de l’objet, en allumant plus de lampes dans les ailes de la machine, ou en rendant leur flamme plus forte : or, pour de petites représentations, une illumination médiocre est suflisante.

Cette machine, dont je viens de donner la description, est nommée une lanterne magique, pour la distinguer d’une chambre obscure ordinaire dont on se sert pour représenter les objets fort éloignés : la figure a sans doute occasionné le nom de lanterne, surtout puisqu'on y enferme des lumières; mais l’épithète de magique vient de ce que les premiers possesseurs ont voulu persuader au peuple qu’il s’y mêlait quelque magie ou sortilège. Cependant, les lanternes magiques ordinaires ne sont point construites de cette façon , et on ne représente par elles d’autres objets que des figures peintes sur du verre; au lieu que cette machine, dont j’ai imaginé la cons-> truction, peut être appliquée à toutes sortes d’objets.

On peut même s’en servir pour représenter les plus petits objets et les grossir prodigieusement, de sorte que la plus petite mouche paraîtra aussi,

grande qu’un éléphant; niais alors la clarté produite par des lampes ne suffît pas, il faut disposer la machine en sorte que les objets puissent être éclairés par les rayons du soleil , renforcés par un verre ardent : alors la machine change encore de nom, et est appelée un microscope solaire, dont j’aurai occasion de parler plus amplement dans la suite.

(12 janvier 1762.)

Sur l'usage et l'effet d’un verre convexe simple , lorsqu'on regarde immédiatement à travers.

On se sert aussi de verres convexes pour regarder immédiatement à travers ; mais, pour en expliquer les différents usages, il faut pousser plus loin nos recherches sur leur nature.

Ayant observé la distance du foyer d’un tel verre, j’ai déjà remarqué que lorsque l’objet en est fort éloigné , son image est représentée dans le foyer même; mais si l’on approche l’objet du verre , l’image s’en éloigne de plus en plus; de sorte que si la distance de l’objet est égale à la distance du foyer du verre, l’image s’en éloigne à l’infini, et devient par conséquent infiniment grande.

La raison en est que les rayons OM, OM {fig. 70), qui tombent du point O sur le verre, sont rompus par le verre, en sorte qu’ils deviennent parallèles

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