‹ Lettres de L. Euler a une princesse d'AllemagneChapitre 84 sur 130 · DU CHAMP APPARENT · texte numérisé non relu

DU CHAMP APPARENT

en sorte que plus l’ouverture de la pupille est grande ou petite, plus aussi le champ apparent sera grand ou petit. Dans ce cas, le point e sera donc encore visible à l’œil , si le petit intervalle B m n’excède point la demi-largeur de la pupille, ou bien son demi-diamètre , afin que le rayon mn y puisse entrer; mais aussi dans ce cas il faut approcher l’œil du verre oculaire autant qu’on le peut; car, puisque le rayon mn s’éloigne de l’axe FB, il échapperait à la pnpille dans un plus grand éloignement.

Maintenant il est aisé de déterminer le champ apparent que ces lunettes nous découvrent sur le verre oculaire : on n’a qu’à prendre l’intervalle B/n égal à la demi-largeur de la pupille, et tirer par ce point m, et le milieu du verre objectif A, la ligne droite m\e; alors cette ligne marquera sur l’objet l’extrémité e qui sera encore visible par la lunette, et l’angle EAe donnera le demi-diamètre du champ apparent. Par là V. A. jugera aisément que, dès que la distance des verres AB surpasse de quelques pouces, l’angle BA m doit devenir très-petit, puisque la ligne ou distance B m n’est qu’environ la vingtième partie d’un pouce. Or, si l’on voulait grossir beaucoup, il faudrait que la distance des verres devienne très-considérable, et de là résulterait que le champ apparent, deviendrait infiniment petit. C’est donc la nature des yeux qui met des bornes à cette espèce de lunettes, et qui nous oblige de recourir à d’autres espèces, fiés qu’on souhaite des effets considérables.

lll' PARTIE. LETTRE LXXV1.

(S0 f étrier I76Î.)

Sur les lunettes astronomiques, et de leurs grossissements.

En passant à la seconde espèce de lunettes, qui sont ce qu’on appelle lunettes astronomiques, quelquefois tubes, je remarque que ces instruments ne sont composés que de deux verres, comme ceux de la première espèce; mais ici, au lieu de l’oculaire concave, on se sert d’un convexe. Je commencerai donc à donner à V. A. une idée de la construction de ces lunettes astronomiques.

L’objectif PA P (fi". 91) est, comme dans les autres, un verre convexe dont le foyer étant en F, on fixe sur le même axe un plus petit verre convexe QQ, de sorte que son foyer tombe dans le même point F. Alors tenant l’œil en O, de sorte que la distance BO soit «à peu près égale à la distance de foyer de l’oculaire QQ, 011 verra les objets distinctement, et grossis autant de fois que la distance de foyer de l’objectif AF surpassera celle de l’oculaire BF : mais ce qu'il y a à remarquer, c’est que tous les objets paraissent dans une situation renversée, de sorte que si l’on dirige ces tubes vers des maisons, on voit les toits en bas , et le pavé en haut. Comme cette circonstance n’est point agréable pour les objets terrestres, que nous ne saurions pas voir renversés,

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