DE I.’ ABERRATION DE SPHÉRICITÉ
entre eux, tout comme ils l’étaient avant que de passer par le verre convexe.
II. Dans ce cas donc, le verre concave détruit l’effet du verre convexe, et il en est de même que si les rayons continuaient leur route naturelle sans avoir éprouvé aucune réfraction : car le verre concave ayant son foyer au même point F, rétablit dans le parallélisme les rayons qui voudraient concourir au point F.
III. Si la distance de foyer du verre concave était plus petite que celle du verre convexe, il produirait un plus grand effet , et rendrait les rayons divergents comme dans la fig. 101 ; les rayons incidents parallèles LM , EA , LM , en passant par les deux verres , prennent les routes NO, BF, NO, qui sont divergentes entre elles. Ces deux verres ensemble produisent donc le même effet qu’un certain verre concave simple, qui imprimerait aux rayons incidents parallèles la même divergence. Donc, deux tels verres joints ensemble, dont le concave a une plus petite distance de foyer que le convexe, sont équivalents à un seul verre concave.
IV. Mais si le verre concave QQ {fig. 10a) a une plus grande distance de foyer que le verre convexe PP, il n’est pas même suffisant de rendre parallèles entre eux les rayons que le seul verre convexe voudrait réunir dans son foyer F : ces rayons demeureront donc convergents, mais leur convergence sera diminuée par le verre concave, en sorte qu’au lieu de se réunir en F, les rayons se réuniront dans un point O plus éloigné.
434 Ilf PARTIE. — LETTRE LXXXII.
V. Ces deux verres joints ensemble produiront donc le même elTet qu’un seul verre convexe simple qui aurait son foyer en O, puisqu’un tel verre réunirait les rayons parallèles LM, E\, LM, également dans le même point : d’où il est clair qu’il est possible de combiner d’une infinité de manières deux verres, l’un convexe et l’autre concave, de sorte que leur combinaison soit équivalente à un verre convexe donné.
VI. Un tel verre objectif double pourra donc être employé dans les lunettes, au lieu d’un simple auquel il est équivalent , et l’effet par rapport au grossissement sera tout à fait le même. Or, l’espace de diffusion sera tout à fait différent, et il peut arriver qu’il soit ou plus grand ou plus petit que celui d’un objectif simple; et, dans ce dernier cas, l’objectif double sera bien préférable au simple.
VIL Mais il y a plus : on a trouvé qu’il est possible de faire de tels arrangements de deux verres , où l’espace de diffusion est tout à fait réduit à rien , ce qui est sans doute le cas le plus avantageux pour la perfection des lunettes. Le calcul nous découvre ces arrangements , mais les artistes ne sont pas encore assez habiles pour les exécuter.