DU TRAVAIL DES OBJECTIFS SIMPLES
la pratique, ce dont je ne m’étais jamais mêlé, il est bien juste que je leur abandonne la gloire de la découverte; ce n’est que la partie tbéorétique qui m’appartient, et qui m’a coûté des recherches bien profondes et des calculs des plus pénibles, dont V. A. serait effrayée à la seule vue : ainsi je me garderai bien de l’entretenir sur cette matière épineuse.
(10 ra»n 1702.)
De la formation des objectifs simples.
Pour donner cependant à V. A. quelque idée des recherches qui m’ont conduit à la construction des objectifs composés, je dois commencer par la formation des verres simples. Je remarque que les deux faces d’un verre peuvent être formées d’une infinité de manières différentes, en prenant les cercles dont les faces sont des parties, ou égaux ou inégaux entre eux, de sorte pourtant que la distance de foyer demeure toujours la même.
Ordinairement on donne aux deux faces d’un verre la même figure, ou bien, comme on représente les faces des verres par des arcs de cercles , on fait les deux faces des rayons égaux entre eux. La commodité dans l’exécution a sans doute recommandé cette figure, puisqu’on peut se servir du même bassin pour y former l’une et l’autre lace, et
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la plupart des ouvriers n’est pourvue que d’un petit nombre de bassins.
Supposons donc un verre convexe, dont les deux faces soient travaillées sur un même bassin de a t\ pouces de rayon , de sorte que chaque face soit un arc d’un cercle dont le rayon soit de a4 pouces, un tel verre est nommé également convexe des deux côtés, et il aura son foyer à la distance de a4 pouces, comme on l’estime communément : mais comme le foyer dépend de la réfraction , et que la réfraction n’est absolument pas la même dans toutes les espèces de verres où se trouve une diversité assez considérable selon que le verre est plus ou moins blanc et dur, cette estime du foyer n’est pas juste à la rigueur, et ordinairement la distance de foyer du verre est un peu moindre que le rayon de ces deux faces , tantôt de la dixième partie, tantôt de la douzième: ainsi le verre que je viens de supposer, et dont les rayons de chaque face sont de 24 pouces , aura son foyer à une distance de 22 pouces environ, s’il est travaillé de la même sorte de verre dont on fait communément les miroirs, quoiqu’on rencontre aussi dans cette espèce de verres une petite diversité par rapport à la réfraction.
Maintenant, je remarque qu’en faisant les deux faces du verre inégales, on peut former une infinité d’autres verres qui ont tous la même distance de foyer; car en prenant le rayon d’une face plus petit que de 24 pouces, on prendra le rayon de l’autre face d’autant plus grand, selon une certaine proportion ; et toujours on peut prendre le rayon