III* PARTIE. LETTRE XLIV
L'arrangement que nous observons dans la limaille de fer ne nous laisse pas douter que ce ne soit une matière subtile et invisible qui enfile les parcelles de la limaille , et les dispose dans la direction que nous voyons. Outre cela, il est également clair que cette matière subtile traverse l'aimant même, en y entrant par l'un de ses pôles, et sortant par l'autre; de soiiç qu'elle forme, par son mouvement continuel autour de l'aimant, un tourbillon qui reconduit la matière subtile d'un pôle à Tautre; et il n'y a aucun doute que ce mouvement ne soit extrêmement rapide.
C'est donc dans un tourbillon continuel que consiste la nature des aimants, ce qui les distingue de tous les autres corps ; et la terre elle-même, en qualité d'aimant , sera entourée d'un tel tourbillon qui agit partout sur les aiguilles aimantées, et fait des efforts pour les disposer suivant sa propre direction, qui est la même que j*ai nommée auparavant là diisection magnétique. Cette matière subtile sort donc continuellement par l'un des pôles magnétiques de la terre, et, après en avoir fait le tour jusqu'à l'autre pôle, elle y rentre et la traverse dans
beau titre de gloire de ce savant célèbre ) satisfait assez bien à tous les phénomènes observés jusqu'ici, pour qu'elle puisse être acceptée provisoirement. Mais comme il n'est nullement question dans les lettres d'Euler de V électrodynamique, qui est une branche toute nouvelle de la physique , et des plus étendues, nous nous abstiendrons d'entrer à ce sujet dans des explicatioos qui dépasseraient de beaucoup le cadre d'une note.