LETTRE LXII
(2 janvier 1769.)
Sur les chambres obscures.
kprès avoir présenté à V. A. les vœux ardents d je fais au renouvellement de cette année pour cx)nservation, je continue le fil de mon discours. 3n fait encore usage des verres convexes dans chambres obscures, où, par le moyen d'un tel Te, tous les objets de dehors sont représentés is la chambre sur une surface blanche, avec leurs ileurs naturelles; de manière que toute la con- 5 y est représentée dans une plus grande perfecn que ne le pourrait faire un peintre. Aussi les Dires se servent-ils de ce moyen pour dessiner ic exactitude les paysages et autres objets qu'on I dans l'éloignement. C'est sur ces chambres icures que je me propose d'entretenir V. A. }ette figure EFGH (^g. 66, p/. m) représente la ipe d'une chambre obscure, bien fermée de touparts, à l'exception d'un trou rond MN fait dans -volet, où l'on fixe un verre convexe d'un foyer , que l'image des objets de dehors , comme par mple de l'arbre OP, tombe exactement sur la raille opposée KG en op. On se sert aussi d'une le blanche et mobile, qu'on met dans le lieu images représentées.
Ze n'est donc qu'à travers de ce Irou M^, où est
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placé le verre, que les rayons de lumière peuvent ^tntrer dans la chambre, sans lequel il y régnerait une obscurité parfaite.
Considérons maintenant le point P de quelque objet, la tige, par exemple, de notre arbre OP. Ses rayons PM, PA, PN tomberont donc sur le verre MN et en seront réfractés ; en sorte qu'ils se réunissent de nouveau au point p sur la muraille, ou sur une table blanche mise expressément dans cet endroit'. Ce point p ne recevra par conséquent d'autres rayons que ceux qui viennent du point P; de même, tout autre point de la table ne recevra que les rayons qui sont partis du point de l'objet qui y répond; et réciproquement à chaque point de l'objet du dehors répondra un point sur la table qui en reçoit uniquement les rayons. Si l'on ôtait le verre du trou MN, la table serait tout autrement éclairée, puisque alors chaque point de l'objet répandrait ses rayons par toute la table; de sorte que chaque point de la table serait éclairé à la fois par tous les objets du dehors, au lieu qu'actuellement il n'est éclairé que par un seul point de l'objet dont il reçoit les rayons : d'où V. A. comprendra aisément que l'effet en doit être tout à fait différent, que û les rayons entraient amplement par le trou MN dans la chambre.
Voyons de plus près en quoi consiste cette différence, et supposons d'abord que le point P de l'objet soit vert : le point p de la table ne recevra donc que ces rayons verts de l'objet P, et qui en se réunissant feroni une certaine impression qu'il s'agira
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Laminer ici. Pour cet effet V. A. voudra bien se ouvenir des propositions suivantes, que j'ai eu inneur de lui expliquer autrefois :
. Les diverses couleurs diffèrent entre elles de Giéme manière que les différents tons de la mule : chaque couleur est produite par un certain libre déterminé de vibrations qui, dans un temps iné, sont excitées dans l'éther* Ainsi la couleur te de notre point P est appropriée à un certain abre de vibrations; et elle ne serait plus verte, si vibrations étaient plus ou moins rapides. Quoique s ne connaissions pas le nombre de vibrations qui duisent telle ou telle couleur , il nous sera tou- "8 permis de supposer ici que la couleur verte ;e I !i ooo vibrations par seconde; et ce que nous ^ns de ce nombre de i a ooo s'entendra aussi aiient du nombre véritable, quel qu'il soit (i). . Cela posé, le point p sur la table blanche sera ipé par un mouvement de vibration, dont 1 2 000 bèvent dans une seconde. Or, j'ai remarqué que Minicules d'une surface blanche sont toutes de ire à recevoir toutes sortes d'ébranlements plus moins rapides; au lieu que les particules d'une ace colorée ne sont propres qu'à recevoir ce ne d^é de rapidité qui convient à leur couleur. ic, puisque notre table est blanche, le point/; y . excité à un mouvement de vibration convenaà la couleur verte , ou bien il sera agité 1 a 000 par seconde.
) Koyrz la noie sur la lettre III, p. 87.
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3. Ensuite, tant que le point /;, ou la particule de la surface blanche qui se trouve en p est agitée d'un semblable mouvement , elle communiquera le même mouvement aux particules de Téther qui l'environnent; et ce mouvement, se répandant en tout sens, engendrera des rayons de la même nature, c'est-à-dire des rayons verts; de même que, dans les sons, le seul bruit d'un certain ton C, par exemple, ébranle une corde tendue au même ton, et lui fait rendre du son , sans qu'elle soit touchée.
4. Le point p de la table blanche produira donc des rayons verts, de même que s'il était teint de cette couleur; et ce que j'ai fait voir ici du point p aura pareillement lieu pour tous les autres points de la table éclairée, qui tous produiront des rayons, et chacun de la même couleur qu'est celle de l'objet dont il représente l'image. Chaque point de la table deviendra donc visible sous une certaine couleur, de la même manière que s'il en était actuellement teint.
5. On apercevra donc sur la table toutes les couleurs des objets de dehors, dont les rayons entreront dans la chambre par le verre : chaque point en particulier pai^aitra de la même couleur dont est l'objet qui lui répond, et ainsi on verra sur la table un amas de plusieurs couleurs , disposées dans le même ordre qu'on les voit sur les objets mêmes, c'est-à-dire une peinture, ou plutôt un parfait tableau qui représente au naturel tous les objets qui se trouvent hors de la chambre obscure devant le verre MN.